Terra 02 septembre 2014 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Irlande 4, Chez John Murphy, le million à 2 UTH

A deux, John Murphy et son salarié traient 170 vaches dans une salle de traite de 14 places, toute simple près de Cobh, dans le Comté de Cork. Ils ne chôment pas se concentrant sur l'élevage dans cette exploitation de 100 ha qui produit un million de litres de lait payé en 2014, 390 euros des 1000 l. Là comme ailleurs, la gestion de l'herbe y est millimétrique, herbomètre oblige.

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une salle de traite de 14 postes en simple équipement pour produire un million de litres de lait sur cette exploitation
une salle de traite de 14 postes en simple équipement pour produire un million de litres de lait sur cette exploitation - © C.L.C

 

 

A Cobh, la mer n'est pas loin sur cette côte est de l'Irlande qui charrie son lot de pluie fine et régulière."Jamais froid, jamais chaud", un de ces temps "gras" que l'herbe affectionne pour croître.Ce qu'elle fait 10,5 mois dans les paddocks que John Murphy a distillé sur les 100 ha de son exploitation, (dont 60 ha loués). 81 ha sont consacrés à cette manne herbeuse, 15 au maïs qui offre un rendement de 11t de ms/ha. L'herbe est la clé de voûte du système Irlandais avec des pâtures qui reçoivent 30 unités d'azote en 6 passages entre avril et Août (prix de l'engrais minéral de 270 euros/T). Le chargement est de 2,5 vaches à l'hectare. La mise à l'herbe, dès mi février, se fait en douceur, avec une complémentation de 1kg de concentré par vache, puis sans complémentation en pleine pousse de l'herbe. John évalue le concentré distribué par vache entre 600 kg à une tonne (au prix 260 euros/T). L'herbomètre accompagne chaque entrée et sortie de paddock d'une surface de 1,75 ha, que le troupeau quitte au bout de 24 h avec un retour tous les 21 à 23 jours.

 

 

 

 

"Jamais froid, jamais chaud", un de ces temps "gras" que l'herbe affectionne pour croître.
"Jamais froid, jamais chaud", un de ces temps "gras" que l'herbe affectionne pour croître. - © C.L.C

Un homme pressé

John Murphy produit un volume de un million de litres de lait qu'il livre à sa laiterie coopérative Dairy Gold (part sociale de 4,5 euros/l). Ce lait est transformé en beurre, caséine ou fromage. Pour l'aider, un salarié, "qu'il ne paye pas assez cher", reconnaît l'homme, pressé. L'équipement ? Une salle de traite "simple équipement à 14 postes". Il délègue l'ensemble des travaux des champs à un entrepreneur pour se concentrer à l'élevage, cœur de son métier. L'horloge de l'exploitation est calée sur celle de la pousse de l'herbe avec laquelle ses 170 vaches (et la suite) produisent entre 6 500 et 7 000 litres chacune. Avec l'entrée en bâtiment, les bêtes sont taries durant un mois, entre fin décembre et février. Toutes les IA sont réalisées par ses soins avec des doses irlandaises. Les primipares vèlent à 24 mois et John élève toutes les petites femelles, se séparant des veaux mâles. Il renouvelle chaque année 25 % du troupeau avec ses génisses assurant ainsi un longévité de 4 lactations par VL. La vente de vaches en lait est de 1 200 euros la bête.

 

Claire Le Clève et le groupe prospective

L'Irlande, la verte erin, et son trèfle
L'Irlande, la verte erin, et son trèfle - © C.L.C

Marie Odile Goudy, "l'herbe, c'est du top de top"

 

"Ce qui m'a frappé, c'est qu'un homme seul, avec un salarié, puisse produire 1 million de litres de lait. Il se disait débordé, on le comprend facilement. Il avait un engagement professionnel dans une association de fermiers Irlandais qu'il délaissait, faute de temps. La traite, c'est deux heures trente le matin et deux heures le soir. Il a reconnu que vu le travail de son salarié, "il ne le payait pas assez cher". Ce papa de trois filles nous a expliqué que si l'une d'elle reprenait l'exploitation, cela ne lui posait pas de problème mais qu'en général, il n'y avait pas de souci, il y a assez de monde pour reprendre les terres, malgré leur prix (entre 20 000 et 30 000 euros/ha). Il gagne très bien sa vie avec un coût alimentaire de 15 centimes d'euros, son lait lui est payé 39 centimes. Nous, en avril, nous étions à 335 euros des 1000 l. Leur richesse c'est l'herbe, ils ont un suivi très rigoureux. C'est du top de top, c'est une vraie culture, très poussée avec 6 à 8 passages d'engrais. Pour moi, ce sont des ingénieurs du lait, très formés avec un passage obligé par la Nouvelle Zélande, ils se comparent, il y a une vraie compétition entre ces deux pays", estime Marie Odile Goudy qui productrice de lait à Ruffiac sur 34 ha et 360 000 litres de lait conclue, "chez nous, on est en gaspillage d'herbe, avec l'humidité, la mauvaise portance pour nos gabarits de vaches, ce n'est pas valorisé comme cela pourrait l'être et puis il faut assurer les stocks, le maïs est pratique pour cela".

Pour sa part, Patricia Perret, productrice de lait à Ploerdut a apprécié cet esprit "d'éleveur" des producteurs de lait irlandais, "c'est quelque chose qui peut être transposable chez nous d'autant plus que s'ouvre la possibilité de produire un peu plus de lait, autant optimiser le coût alimentaire".

 

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