Terra 02 septembre 2014 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Irlande 5, Père, mère, fils, l'exemple familial

Derrière ces murets si typique de l'Irlande, sur les hauteurs de Cork, Tim, Catherine et Colm O'Leary élèvent à grand renfort d'herbe, le troupeau à la base des 450 000 litres de la référence laitière du lieu. Une ferme familiale où l'engagement syndical est important. Engagement que 80 % des agriculteurs irlandais partagent.

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Tom O'Leary qui est très investi dans des engagements extérieurs, dont le syndicalisme, présente son fils Colm.
Tom O'Leary qui est très investi dans des engagements extérieurs, dont le syndicalisme, présente son fils Colm. - © C.L.C

 

 

 

78 h et 101 vaches croisée Jersey-Holstein, "à Cork, l'herbe pousse de février à novembre et nous nous efforçons de faire pâturer nos 183 bêtes aussi longtemps que possible",s'exclame le couple O'Leary, parents de 4 enfants. L'un d'eux Colm, après des études agricoles et un long stage en Nouvelle -Zélande, en septembre 2013, s'est associé à ses parents, très investis dans d'autres activités. Ainsi Catherine est professeure et journaliste. Tim lui, est entré au syndicat et représente les agriculteurs tant au niveau national qu'européen. Une mission pour laquelle il s'implique entant que président adjoint de l'Irish Farmer's Association (IFA). Cette association regroupe 80 % des agriculteurs Irlandais qui très impliqués dans la défense de leur profession. Tous ses engagements occupent Tim 4 jours par semaine. Le reste du temps, il est sur la ferme gérée familialement.

"Nous nous efforçons de faire pâturer nos 183 bêtes aussi longtemps que possible", explique Tom dans un environnement qui s'y prête.
"Nous nous efforçons de faire pâturer nos 183 bêtes aussi longtemps que possible", explique Tom dans un environnement qui s'y prête. - © C.L.C

Un système parfaitement rodé

Sur les 78 ha qui composent leur exploitation, les associés ne sont propriétaires que de 34 ha. Autour de Cork, le prix de celles-ci peut atteindre 40 000 euros pour un niveau moyen de 25 000 euros par ha. Le reste des terres est loué, entre 375 et 600 euros pour les baux les plus récents. "En 2014, les vaches ont commencé à pâturer le1er février et en 2013, nous avons cessé le pâturage le 19 novembre", relate le couple. Petites et légères, les vaches n’abîment pas les paddocks dont la sortie se fait à 4 cm de hauteur d'herbe. Un logiciel informatique leur permet de gérer au mieux des parcelles semées de RGA (60 % diploïdes et 40 % tétraploïdes). L'herbe reçoit 200 kg d'azote pur en 8 passages par an.L'hiver le bétail est à l'étable nourri à base d'ensilage d'herbe et d'aliment (entre 350 et 400 kg de concentré par vache en 2013). "L'herbe est un excellent aliment, très bon marché pour nous. Les bâtiments et les machines requises pour cela sont simples et nous permettent de dégager un bénéfice élevé", précisent-ils. Toutes les vaches vêlent au printemps. Elles sont traites deux fois par jour pour une moyenne de 4500 l/v en 2013. Le lait est ramassé tous les 2 jours par les camions de la Coopérative à laquelle ils adhèrent, la Dairygold Coop. L'an passé, les 1000 litres ont été payés 380 euros, cette année, 390.

 

 

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Claire Le Clève et le groupe prospective

"Le pâturage et l'absence de matériel", voilà ce qui épate encore Bruno Parchemin, éleveur laitier à Gourin.
"Le pâturage et l'absence de matériel", voilà ce qui épate encore Bruno Parchemin, éleveur laitier à Gourin. - © c.l.c

 

Pour Bruno Parchemin  : "Ils sont imbattables sur la gestion de l'herbe"

 

"Le pâturage et l'absence de matériel", voilà ce qui épate encore Bruno Parchemin, éleveur laitier à Gourin. Une zone pourtant bien arrosée qui pourrait laisser espérer une bonne pousse de l'herbe. Pour autant mi-juillet, l'éleveur est démuni. "Je n'ai plus rien. Là bas, ils ont les vaches pour pâturer, petites, croisées avec des chaleurs et des vêlages groupés. J'avais vu la même chose au pays de Galles", commente-il d'un voyage réalisé en 2012. Des systèmes comparables, "s'inspirant des Néo-Zélandais. Tout est délégué à l'ETA. Il n'y a pas d'investissement pour le matériel et celui de la ferme est réduit au minimum. Il n'y a rien dans les cours, ce n'est pas comme chez nous. Pour la salle de traite, c'est ordinaire!". Et question gestion de l'herbe, "ils sont imbattables. Ça me plaît" dit-il même si le système est difficilement reproductible. Pour améliorer le microbisme qui affectait ses petits veaux, l'éleveur s'est inspiré de ce qui a vu dans les pâtures irlandaises. "J'ai mis mes veaux dehors à 15 jours/3semaines. ça marche très bien. Il faut juste que j'adapte un haut-vent pour les protéger de la chaleur". Alors peur de la hausse annoncée de la production laitière Irlandaise  ? "Non, le facteur limitant c'est le prix des terres, trop élevé pour y parvenir".

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