Terra 06 juin 2014 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Jacques Menetrier : "Tournez vous vers la production de lait de chèvre"

Une collecte de lait de chèvre en baisse, un déficit de matière première qui se traduit par une baisse des ventes de fromages en GSM... Eurial a réagit. Remontée du prix du lait de chèvre et 10 ans de visibilité pour les nouveaux installés, c'est le plan mis en place par le groupe coopératif et Coraréna Presqu'île pour fidéliser et recruter de nouveaux éleveurs. Les clignotants sont au vert. Une production qui pourrait intéresser des aviculteurs. Pour les en convaincre, uhne porte ouverte est organisée le 11 juin prochain. Le point avec Jacques Menestrier, responsable amont Eurial

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Jacques Menestrier, responsable amont Eurial
Jacques Menestrier, responsable amont Eurial - © Claire Le Clève

 

 

Terra : Pour quelles raisons organisez vous ces portes ouvertes le 11 juin à Mauron ?

Nous souhaitons faire connaître les possibilités offertes par la filière. Elles sont importantes. Sur les 540 millions de litres de lait de chèvre collectés en France, Eurial en collecte 120 et nous sommes leader avec Soignon, première marque de fromage de chèvre reconnue, la 4 éme tous fromages confondus. Nous avons à Riec sur Belon un atelier sur l'ultra-frais où nous fabriquons du yaourt de chèvre. C'est un marché de niche mais il se développe. Nos volumes commerciaux ont augmenté. Les perspectives sont bonnes. Nous avons beaucoup travaillé sur de nouveaux produits pour élargir la gamme et différencier les segments, depuis l'apéritif jusqu'à la fin de repas. Le contexte est prometteur.

 

Terra : Un contexte prometteur mais une baisse de collecte ?

 

Oui, le lait de chèvre sort de plusieurs années difficiles avec une baisse du prix du lait, une augmentation très forte des charges et des mauvaises conditions de production de fourrage qui ont conduit à une diminution de la production et à l'arrêt de plusieurs exploitations. La baisse des volumes collectés fait que nous sommes en déficit de matière première et cela se répercute sur nos ventes et la consommation de fromage de chèvre en GMS a connu une forte baisse par manque d'offre. Il faut tourner cette page. Nous devons reconstituer notre collecte pour satisfaire le marché. On a réussi l'an dernier a passer des hausses de tarifs à la distribution pour les répercuter à nos producteurs. En 2013, les 1000 litres étaient payés 565,37 euros et tout confondu 640,5. Nous avons mis en place un plan caprin pour donner de la lisibilité et s'inscrire dans la durée avec un prix garanti durant 5 ans, une garantie de volumes au travers de l'engagement de la coopérative durant 10 ans. Ce sont des garanties de livraisons, de débouchés, de valorisation adossées à une groupe coopératif qui a fortement amélioré ses résultats. C'est une chance historique. Et puis il y a l'accompagnement technique de la coopérative. Nous constituons également un cheptel de chevrettes de bonne qualité génétique dans la structure chevrettes de France dans laquelle les éleveurs peuvent puiser. Tout ceci pour sécuriser l'élevage.

 

Terra :Vous recherchez de nouveaux producteurs. Y-a-t-il un profil type ?

 

Cette porte ouverte s'adresse donc aux éleveurs, déjà en lait ou désireux de s'installer dans cette activité. L'exemple de l'EARL Chériaux est intéressant car ces producteurs, auparavant de la dinde repro, produisent maintenant 500 000 litres de lait de chèvre. Les bâtiments dont ils disposaient ont été leur atout car c'est le premier poste d'investissement dans cette production. C'est une reconversion intéressante. Cette PO s'adresse donc à des producteurs ayant un bâtiment existant, car s'il est adaptable, le projet économique est facilité. Nous étudierons toutes les propositions.La passion de l'élevage est nécessaire pour réussir mais elle ne suffit pas. La rigueur est nécessaire dans l'élevage des chevrettes puis des chèvres. Que les éleveurs viennent se rendre compte par eux mêmes.

 

Propos recueillis par Claire Le Clève

 

 

 

Repères

Colarena Presqu'île est membre du groupe coopératif Eurial et collecte 382 millions de litres de lait dans 945 exploitations qui livrent en moyenne 404 000 l. Le lait de chèvre représente 11 millions de litres de collecte sur 549 exploitation en France dont 30 en Morbihan.

Eurial (2400 exploitations sur 11 départements, 1,1 milliard de litre de lait transformé, 900 millions de chiffre d'affaires avec un EBE de 27,5 millions d'euros) s'est rapproché de la branche lait d'Agrial,

 

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