Terra 06 juillet 2017 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Jeunes pousses en bio, en prendre de la graine

Avec 15 rencontres depuis ce début de printemps, c’est avec un point sur les jeunes pousses en bio que le GAB a clôturé, à Caden, son cycle de rendez-vous techniques. Une ferme maraîchère à la gamme restreinte de légumes et en filière longue, exemple rare dans le paysage légumier de la bio.

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Valérie et Jean-François Boulo ont opté pour le maraîchage cultivant principalement de jeunes pousses de salade avec un salarié
Valérie et Jean-François Boulo ont opté pour le maraîchage cultivant principalement de jeunes pousses de salade avec un salarié - © Claire Le Clève

 

"En ferme maraîchère, nous sommes beaucoup sur une grande diversité de légumes, une trentaine, proposés en circuit-court", relève Pascal Le Normand, administrateur du GAB 56, en décrivant l’orientation de production de 85 % des producteurs bretons. Consommation grandissante oblige, la demande en filière longue grossit. "Nous étions à la peine sur la structuration de cette filière, c’est en train de se mettre en place", poursuit-il. Depuis 20 ans, Valérie et Jean-François Boulo sur 16 ha de SAU y consacrent leurs productions. De quoi donner quelques idées, notamment en jeunes pousses de salades, "c’est un micro marché mais il y a de la place", conforte le maraîcher de Caden, situant l’enjeu sur ce créneau : "nous avons été les premiers à démarrer en bio en France. Nous ne sommes que deux producteurs à produire pour les centrales d’achat du réseau Biocoop. Toute la récolte est vendue avant d’être cueillie", résume ce pionnier du genre.

10 ans d’avance

Huit ans près s’être installé en production porcine sur 16 ha, en plein air, puis en bâtiment, Jean-François Boulo cède en 2007 l’atelier porc pour se consacrer aux cultures maraîchères en bio. "C’est parti direct sur une production de jeunes pousses, la production était nouvelle, avec un complément en melon et potimarron". Précurseur de cette production, le couple peaufine l’itinéraire technique de leurs jeunes pousses de salades, améliore les engins, bricole, innove, sécurise. Le développement est là, volontairement maîtrisé. "J’aime faire ça. On a choisi de rester avec notre surface et notre effectif de 2,5 ETP", sur un itinéraire "fait de bon sens et de savoir-faire, rien de super technique", se défend le maraîcher, conscient pour autant de l’avance capitalisée, "10 ans". Et de pointer la mécanisation, nécessaire, "entre semoir spécifique, la récolteuse : une machine à lame et la station de lavage à 3 °C (hydrocooling) puis le frigo, c’est un investissement important, cette culture comporte donc une part de risque", ne cache pas Jean-François Boulo.

Cultures semées

Achetant les graines d’une gamme que le couple compose, la culture est conduite par planche de 1,5 m semée par variété (voir encadré) au semoir sur 1,2 m puis récoltée par une machine à lame qui achemine sur tapis les jeunes pousses. Deux récoltes par an sont faites par planches, en plein air sur 2 ha dédiés à l’année à la cette culture, en rotation avec les céréales (voir encadré). Production de jeunes pousses également produites sous serre, pour faire jouer la saisonnalité, en rotation (sur cinq chapelles) avec melon et sorgho (en engrais vert). Et quand l’été, le cycle est bouclé en 3 semaines, il en faut 14 l’hiver pour mener à bien cette production. Le souci majeur ? "L’enherbement à maîtriser, sinon il n’y a pas de récolte". Pour y pallier, le maraîcher opte donc pour le faux semis. "J’arrive à supprimer ainsi 80 % des adventices, le reste est fait à la main". Pour assurer la levée rapide, les planches sont arrosées si nécessaire par un système d’arrosage à enrouleurs à partir d’eau récupérée du lavage des salades (forage) et des toitures de la serre. Récoltée à 6-7 cm, et lavée dans un bain refroidissant, emballée et maintenue au frais, la production est expédiée le jour de la récolte.

"On pourrait avoir 10 fois plus de production, on vendrait tout", car la demande est là, confirme le couple qui conforté dans son choix de vie et de travail maintien aussi le dimensionnement de sa ferme.

Claire Le Clève

 

2 ha de jeunes pousses de salades de laitues, de crucifères, roquette et d’épinard.
2 ha de jeunes pousses de salades de laitues, de crucifères, roquette et d’épinard. - © Claire le Clève

La ferme en chiffres

16 ha de SAU dont 12 implantés en céréales pour l’alimentation humaine (flocons de céréales), pois protéagineux et avoine.

2 ha de jeunes pousses de salades de laitues, de crucifères, roquette et d’épinard.

1,5 de potimarron et 6 000 M2 de serres avec jeunes pousses puis melon en rotation avec du sorgho.

Forage pour la station de lavage. Récolte de eau de lavage et de couverture de l’irrigation.

La production de jeunes pousses constitue à 80 % du chiffre d’affaires réalisé par 30 tonnes vendues annuellement entre 7 et 10 euros du kg.

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