Terra 28 avril 2016 à 08h00 | Par Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère

Jouer collectif doit être notre credo et une réalité palpable !

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © Terra

Le dernier baromètre Ifop-FNSEA révèle que près de 55 % des agriculteurs ressentent une détérioration de leur situation financière. 14 % envisagent de cesser leur activité dans les douze prochains mois. C’est dire ô combien il y a une urgence absolue ! Or l’urgence requiert des décisions et des actions immédiates : il ne s’agit pas d’attendre encore six mois. Certes, nous connaissons une période difficile sur nos exploitations. Pour autant, que ce soit en porc, ou en lait, les opportunités sont là. Xavier Fontanet titre même dans une chronique parue dans Les Échos : "On peut sortir de la crise de l’élevage". Il affirme que "nos agriculteurs peuvent très bien conquérir le monde comme ont su le faire notre cuisine ou l’industrie du luxe !". Les investissements successifs de Synutra à Carhaix sont le signal de l’avenir de la production laitière en Bretagne. En porc, d’après la Rabobank, les importations chinoises pourraient contribuer à rééquilibrer le marché. Notre façade maritime est un atout stratégique pour que notre agriculture et notre agroalimentaire tirent les profits d’une mondialisation croissante. Le port de Brest doit devenir une place portuaire incontournable, au service de l’économie bretonne. Certes, nos filières ont besoin de retrouver de la compétitivité pour ne pas se faire tailler des croupières par nos principaux concurrents. Au-delà de la reconquête indispensable du marché intérieur grâce notamment aux actions "Manger français", faisons preuve d’organisation et de collectif pour aller à l’export ! Ce n’est certainement pas dans son état actuel de désorganisation que la filière porcine bretonne, groupements compris, pourra être à la hauteur des perspectives qui s’offrent à elle. De même, la situation du secteur laitier ne laisse aucune place au doute : c’est en s’organisant que l’on améliorera le fonctionnement de la filière laitière, dans l’intérêt des producteurs adhérant aux OP, et aux coopératives. C’est pourquoi ces dernières ne peuvent davantage rester en marge de l’organisation des producteurs, en ne demandant pas leur agrément en tant qu’OP, et en ne participant pas à l’AOP territoriale. Certes, l’organisation des producteurs n’est pas une solution de court terme pour nos exploitations, mais bien de long terme. Cela n’empêchera pas les crises ; mais une organisation forte de la production peut permettre de les anticiper, et de mieux résister, et surtout de redevenir des vendeurs de notre production, et non plus des livreurs. Dans l’intérêt majeur des producteurs, le collectif doit être notre credo, et une réalité palpable. C’est même stupéfiant que cela ne s’impose pas comme une évidence !

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui