Terra 23 janvier 2019 à 10h00 | Par Chantal Pape

L'accès au foncier, priorité n°1 de la Confédération paysanne

Avant trois réunions en exploitation, les 21 et 23 janvier, la Confédération paysanne a organisé une journée d'échange vendredi dernier, dans le cadre des élections à la chambre d'agriculture. L'occasion de mettre en avant l'accès au foncier, l'une des principales priorités de la liste.

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Le 18 janvier dernier, la Confédération paysanne a organisé une journée d'échanges pour présenter son programme aux élections à la chambre d'agriculture.
Le 18 janvier dernier, la Confédération paysanne a organisé une journée d'échanges pour présenter son programme aux élections à la chambre d'agriculture. - © Chantal Pape

"Sans possibilité d'acquérir du foncier, impossible pour un jeune de s'installer". Pour la campagne des élections à la chambre d'agriculture, la Confédération paysanne a fait le choix de placer l'accès au foncier en tête de ses priorités. Un accès compliqué pour les jeunes qui veulent aujourd'hui entrer dans le métier, notamment quand ils ne sont pas issus du milieu agricole. "L'installation ne figure plus qu'au 4e rang des priorités du SDREA, le schéma directeur régional des exploitations agricoles". Mais aussi pour les petites fermes qui cherchent à pérenniser leur activité.

Installer ou agrandir

"Ca fait 4 ans que je recherche du foncier pour m'agrandir". Installé il y a quelques années sur les terres de son beau-père, à Saint Eloy, Philippe Le Gall est aujourd'hui à la tête d'une pépinière, qui emploie 4 personnes. "Jusque-là, je produisais du buis. Mais une maladie, la pyrale du buis, m'oblige à me diversifier". Il songe alors au sapin de Noël mais ses 18 ha de SAU ne suffisent plus. Il cherche en vain des terres. "Ici, entre pommes de terre et échalotes, la pression sur le foncier est très forte" Jusqu'à ce qu'une cessation d'activité, à quelques kilomètres de chez lui, ne lui redonne espoir. Mais les 76 ha de SAU sont, dans un premier temps, répartis entre trois exploitations dépassant les 100 ha, avant qu'un courrier à la Safer ne lui permette de se voir octroyer 3 ha.

Trouver du sens

"Trois départs pour une installation... on ne peut plus continuer comme ça". Porte-parole départemental de la Confédération paysanne, Vincent Pennober alerte sur l'agrandissement de la taille des exploitations. "Bientôt, il n'y aura plus aucun jeune pour reprendre certaines fermes". "C'est aussi un enjeu national, renchérit Nicolas Girod, Nous sommes à la croisée des chemins ! Il faut donner une nouvelle orientation à l'agriculture française". Et le secrétaire général national de la Confédération paysanne, en charge de l'élevage, de dénoncer une situation actuelle peu satisfaisante, "avec des gens pas rémunérés, qui ne trouvent plus de sens à ce qu'ils font et qui n'arrivent pas à transmettre". La solution ? "Promouvoir l'emploi et la dynamique territoriale, en conservant des paysans nombreux, grâce à une loi foncière ambitieuse, qui remette l'installation en avant".

"Quand on démembre une exploitation pour conforter ses voisines, il faudrait pouvoir prélever quelques hectares, rajoute Vincent Pennober. Ils serviraient à créer une réserve foncière qui permettrait d'installer des jeunes. Il y en a tant qui ont des projets à forte valeur ajoutée, ne nécessitant que quelques hectares".

"Dans les années à venir, près d'un paysan sur deux va partir en retraite dans le Finistère, rappelle Benoît Collorec, tête de liste Confédération paysanne. C'est aujourd'hui qu'il faut décider de changer de politique".

 

Une journée d'échanges

 

Le 18 janvier dernier, la Confédération paysanne avait invité agriculteurs, élus et toutes les personnes intéressées par le sujet à une journée d'échange. Après un zoom sur le foncier à la pépinière de Saint Eloy, le syndicat s'est rendu au tribunal de grande instance de Quimper. Il y a déposé le rapport d'expertise sur les soupçons d'évasion fiscale de Lactalis et demandé où en était la plainte déposée il y a un an contre les laiteries du département, privées comme coopératives, pour "extorsion de fonds". En fin d'après-midi, une visite au magasin de producteurs de Goasven, à Logonna Daoulas a mis l'accent sur l'impact de l'emploi paysan sur le dynamisme et l'attractivité des territoires ruraux, avant une présentation de la liste et de son programme, en soirée, à Hanvec.

 

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