Terra 05 juin 2019 à 08h00 | Par Chantal Pape

L'économie finistérienne se porte bien

Avec une stabilité du nombre d'entreprises et un taux de chômage en repli, l'économie finistérienne tire son épingle du jeu, comme le font aussi agriculture et agro-alimentaire.

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De gauche à droite : Frank Bellion, président de la CCIMBO, la chambre de commerce et d'industrie métropolitaine Bretagne Ouest et président de la Cocef, la conférence des chambres économiques du Finistère, Isabelle Sudre, vice-présidente de la CMA, la chambre des métiers et de l'artisanat, et Jean-Hervé Caugant, président de la chambre d'agriculture.
De gauche à droite : Frank Bellion, président de la CCIMBO, la chambre de commerce et d'industrie métropolitaine Bretagne Ouest et président de la Cocef, la conférence des chambres économiques du Finistère, Isabelle Sudre, vice-présidente de la CMA, la chambre des métiers et de l'artisanat, et Jean-Hervé Caugant, président de la chambre d'agriculture. - © Chantal Pape

Voilà 23 ans déjà que les trois chambres consulaires du Finistère, agriculture, commerce et industrie, métiers et artisanat, ont décidé d'unir leurs compétences et de proposer, une fois par an, une compilation de l'activité économique du département. "Nos secteurs sont liés, indique Jean-Hervé Caugant, le président de la chambre d'agriculture, en citant le prix du porc à titre d'exemple. Il est de 1,45 EUR/kg en France, 1,65 EUR en Allemagne. En deux mois, ce sont 50 millions d'EUR qu'ont perçu en moins les éleveurs finistériens. Autant qu'ils n'investiront pas dans l'amélioration de leurs bâtiments, dans l'artisanat et le commerce local".

Plus de soja, moins de poulet congelé

Premier port breton, avec 2,8 millions de t en 2018, le port de commerce de Brest a vu augmenter les MPA, matières premières agricoles de 12%. "L'importation de graines de soja a progressé de 19%", détaille Laurent Boussard, responsable du pôle études à la CCIMBO, la chambre de commerce et d'industrie métropolitaine de Brest Ouest.

Et si les importations de tourteaux de tournesol diminuent de moitié, celles de tourteaux de colza progressent de 17%". En repli de 4,6%, l'activité conteneur pâtit du recul des exportations de poulet congelé, depuis l'arrêt de Tilly Sabco en 2017 et des difficultés du groupe Doux.

A la recherche de nouvelles saveurs

Si l'agroalimentaire occupe la première place du secteur industriel, les métiers de bouche ont aussi le vent en poupe. "Le Finistère compte plus de 600 entreprises spécialisées dans la fabrication de plats à emporter, dont plus d'un tiers sont ambulants", relate Isabelle Sudre, vice-présidente de la CMA, la chambre des métiers et de l'artisanat. Et aux côtés des pizzas, crêpes et autres burgers on trouve désormais des concepts plus originaux, comme Ornicar, un car-restaurant ambulant qui propose, chaque semaine, un menu qui invite au voyage.

Installés à proximité de zones d'activité ou touristiques, ces food-trucks surfent sur la flexibilité et la mobilité. "Le temps consacré au repas de midi ne cesse de se réduire, et atteint désormais 52 minutes en moyenne". Et l'offre se diversifie, avec des beauty trucks, de la retouche de peinture auto à domicile... "Ces premières expériences sont souvent pour les entrepreneurs un tremplin vers une ouverture d'un commerce fixe".

Le défi de l'installation

"50% des agriculteurs vont partir en retraite dans les 5-8 ans", rappelle Jean-Hervé Caugant. Si le Finistère est le second département français en terme d'installations aidées, avec 130 jeunes par an, elle sont loin de compenser les départs et les exploitations s'agrandissent, recourant de plus en plus souvent à de la main d'oeuvre salariée, difficile à trouver. "A 7,9% au troisième trimestre 2018, le taux de chômage est en repli dans le Finistère, rappelle Laurent Boussard. Et nombre de secteurs peinent à recruter",

En agriculture, la dynamique reste positive. "En lait, la reprise de Synutra par Sodiaal va apporter une bouffée d'oxygène. Les cours du porc sont tirés par la demande à l'export. Et avec la construction d'un abattoir LDC à Châteaulin, la filière volaille investit", indique Jean-Hervé Caugant. Une filière qui joue la carte du grand export, "où le consommateur est prêt à payer plus cher un poulet breton, gage de qualité et de sécurité sanitaire", tout en reconquérant le marché intérieur, "avec plus de découpe, le poulet-frites du dimanche midi étant moins d'actualité".

Parmi les signaux positifs, Jean-Hervé Caugant souligne aussi la démarche des quatre OP bretonnes qui ensemble ont créé le label cultivé sans pesticides pour la production de tomates. "L'agriculture est en cours sde transition vers plus d'agroécologie et moins de pesticides". Une agriculture qui s'engage aussi sur l'atténuation du changement climatique. "Nous avons un rôle à jouer et des solutions à proposer ! On a gagné la bataille des nitrates. On doit aussi gagner celle du climat".

 

 

 

Retrouvez tous les chiffres de l'économie finistérienne et l'analyse des trois chambres consulaires sur www.finisteco.bzh

 

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