Terra 24 mai 2018 à 14h00 | Par Claire Le Clève

L'union Triskalia-d'aucy, "un projet 50/50"

Seule la haute autorité de la concurrence pourrait mettre un terme au processus d'union des groupes coopératifs Triskalia et d'aucy. Il est en marche et son calendrier a été précisé lors des assemblées territoriales de Triskalia. L'ancrage breton, la proximité et l'innovation sont les trois axes pour développer un appétit de grand.

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À la tribune, Jean-François Jambou, Françoise Le Meyec, Jean Dano, présidents des sections territoriales Triskalia et Georges  Galardon, président Triskalia, Dominique Ciccone, directeur général.
À la tribune, Jean-François Jambou, Françoise Le Meyec, Jean Dano, présidents des sections territoriales Triskalia et Georges Galardon, président Triskalia, Dominique Ciccone, directeur général. - © Terra

"Cela nous positionnera comme la première coopérative multi spécialiste de Bretagne", projette déjà Georges Galardon, président de Triskalia. Il a brossé ce que serait demain l'union de ces deux groupes à l'occasion de l'assemblée territoriale de la coopérative, le 16 mai dernier à Pontivy.

Un contexte

Il y a des histoires d'hommes et de trains, "cela fait 30 ans que je connais Serge Le Bartz (président du groupe d'aucy), à défendre la filière légumes, à force de faire le voyage dans le même train pour Paris", racontera le président de Triskalia "avec l'envie de travailler ensemble pour un retour aux adhérents de nos de structures". Dans ce rapprochement présenté comme "un projet à 50/50" dans l'équilibre de ses rapports de force, "en conservant nos salariés et nos sites", insiste le président de Triskalia. L'objectif est bien "d'être présents demain et de peser face à une grande distribution". Georges Galardon détaille les grandes manoeuvres qui s'annoncent : l'alliance de centrales d'achat de Carrefour et Système U pèsera 35 % des parts de marché, à égalité de Leclerc. "Ces deux-là vont peser 70 %", relève Georges Galardon. Pour Dominique Ciccone, directeur général, ce projet d'union Triskalia-d'aucy "n'est pas un projet défensif face à une concurrence normande ou ligérienne". L'ambition est "de construire le leader coopératif de l'agriculture et de l'agroalimentaire breton" et d'aller au-delà de l'addition numérique pour se projeter à l'horizon 2025 vers un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros quand le cumul des deux aujourd'hui en affiche à 3,2.

Un ancrage

"On n'oubliera pas le territoire", assure Georges Galardon qui définit les trois axes sur lesquels la nouvelle structure entend s'appuyer. En premier lieu l'ancrage, breton, et la proximité avec les adhérents, "c'est notre base, elle est solide". Vient ensuite l'innovation, "essentielle et multiple, nous sommes une coop polyvalente, la différenciation se fera par l'innovation", affirme le président de Triskalia, détaillant les marques qui garnissent une corbeille de noces : d'aucy, Paysan breton, Ronsard, Cocotine, Point vert, Gamm vert, Jean Nicolas, Les recettes de madame Loïc... "Un socle solide", pour regarder avec appétit les marchés nationaux et internationaux "se développer et rayonner", troisième axe de la feuille de route de la future union.

Un calendrier

Car nul doute que la restructuration du monde coopératif se poursuit. Et sauf coup de théâtre, le 22 juin ou 6 juillet prochains, lors des assemblées extraordinaires respectives de Triskalia ou de la Cecab, les fiançailles des deux coopératives bretonnes devraient être actées par leurs délégués. Quant au mariage ? "Rien de concret avant la validation de la haute autorité de la concurrence. Et d'ici là, nous restons de réels concurrents sur le terrain", insistera Dominique Ciccone, directeur général qui ne cachera pas non plus le travail de convergence des structures en cours. Rien donc avant le dernier trimestre lorsque sera rendu l'avis de la haute autorité, "il n'y a rien à attendre en matière d'unification des prix. Il n'y aura pas de collecte pour compte au-delà des accords existants", a-t-il prévenu. Et si le nom du nouveau groupe devrait être précisé dès la rentrée prochaine, "la création n'est envisagée qu'en fin d'année, sous réserve des validations", la convergence opérationnelle des deux structures se déroulant sur 2019 et 2020.

Dans la corbeille

Triskalia : 16 000 adhérents, 5 000 salariés, 243 sites, 1,9 milliard d'euros de chiffre d'affaires et 303 millions d'euros de fonds propres.

Groupe d'aucy : 9 000 adhérents, 4 000 salariés, 130 sites, 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires, 321 millions d'euros de fonds propres.

Le projet représente : plus de 20 000 adhérents, plus de 9 000 salariés, 3,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires (données 2016), 63 sites industriels et 310 magasins.

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