Terra 08 juin 2018 à 08h00 | Par Chantal Pape

La chambre d'agriculture accompagne les agriculteurs en reconversion

Pour aider les agriculteurs qui souhaitent arrêter leur activité, la chambre d'agriculture a mis sur pied un dispositif expérimental d'aide à la reconversion, avec l'appui des services de l'Etat, des conseils départemental et régional et de la MSA. Trois mois après son lancement, les premiers retours sont positifs. Reste maintenant à le pérenniser...

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Avec l'appui de la MSA d'Armorique, de la Direccte, du conseil départemental et de la Région Bretagne, la chambre d'agriculture a mis sur pied une expérimentation pour aider les agriculteurs à se reconvertir
Avec l'appui de la MSA d'Armorique, de la Direccte, du conseil départemental et de la Région Bretagne, la chambre d'agriculture a mis sur pied une expérimentation pour aider les agriculteurs à se reconvertir - © Chantal Pape

"Notre mission première n'est pas d'encourager les agriculteurs à quitter le métier, prévient André Sergent, le président de la chambre d'agriculture du Finistère. Pour autant, quand les difficultés sont là, qu'elles soient financières, sanitaires ou de santé, il est de notre devoir de les accompagner".

Une expérimentation

Mais force est de constater que les solutions ne sont guère nombreuses. "C'est ce qui nous a conduit à solliciter la Préfecture de Région dès 2014", se souvient Alain Hindré, élu à la chambre d'agriculture, en charge du dossier des agriculteurs en difficulté. Et avec l'appui de la MSA d'Armorique, de la Région Bretagne, du conseil départemental et de la Direccte, la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, naît peu à peu l'idée d'une expérimentation. "Nous voulions proposer aux agriculteurs un dispositif similaire au contrat de sécurisation professionnelle, dont peuvent bénéficier certains salariés en cas de licenciement économique".

Le temps de mûrir son projet

"L'idée était simple, détaille Alain Hindré. Proposer aux candidats à la reconversion un accompagnement suffisamment long, 12 mois, pour avoir le temps de mûrir leur projet, cesser leur activité agricole et entamer formation ou recherche d'emploi. Avec une garantie de revenu de 1 000 € par mois, combinant RSA et co-financement de l'Etat". "Sur le marché du travail, les agriculteurs sont un public recherché, rajoute Albert Billon, de la Direccte. A condition, comme les autres demandeurs d'emploi, d'avoir l'esprit suffisamment libre pour se consacrer à ce nouveau projet". Aux travailleurs sociaux de la MSA d'Armorique de s'assurer que leurs différents besoins, ouverture de droits, santé..., trouvent une réponse. Et, financé par la Région Bretagne, un cabinet de consultants leur propose un suivi personnalisé.

Lancée fin 2017, l'idée rencontre aussitôt son public. "Il ne fallait pas laisser le train passer", relate Yvon Quéméré. Producteur de lait à Scaër, il fait partie des 13 personnes, six femmes et sept hommes, retenus pour cette expérimentation. Installé depuis 17 ans, en Gaec avec ses parents jusqu'en 2011, il se retrouve désormais seul sur une structure vieillissante. "Il aurait fallu investir, je n'en avais pas l'envie". Et l'éleveur de s'avouer usé par le métier. "Travailler 7 jours sur 7, sans un jour de vacances quand les autres sont aux 35 heures...".

Un accompagnement individualisé

Mais franchir le pas de la reconversion n'est pas si simple. "Je ne me voyais pas aller seul pointer à Pôle emploi !" Et plus qu'un revenu mensuel pendant un an, c'est l'assurance d'un accompagnement individuel pour l'aider dans ses toutes ses démarches qui l'incite à rentrer dans cette expérimentation.

Puis les choses vont très vite ! En février, il prend la décision d'arrêter son activité et les vaches quittent l'exploitation en avril. Après un bilan de compétences, son projet s'affine peu à peu. Et, après avoir trouvé une entreprise pour un contrat de professionnalisation, il commencera en octobre prochain une formation d'électricien monteur réseau à Quimper. "L'électricité, je connaissais un peu. Et j'avais envie de continuer à travailler dehors".

Unique en France

"Parmi les 13 personnes accompagnées, une seule a souhaité continuer à travailler en agriculture, en tant que salarié, indique Alain Hindré. Comme Yvon, ils sont 10 à se réorienter dans un autre secteur d'activité via une formation. Et la dernière est en bilan de compétences".

Trois mois après le lancement effectif de cette expérimentation, unique sur le territoire français, les premiers résultats sont encourageants. "Nous avons rencontré les sénateurs et les députés bretons afin de leur en faire part", explique l'élu, qui espère maintenant que les politiques s'emparent de l'idée et ouvrent ce nouveau droit aux agriculteurs.

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