Terra 30 juin 2017 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

La Chine aux achats, le VPF à la peine...

Les cotations du marché du porc breton surfent sur la vague chinoise. Mais cela ne doit pas faire oublier les problèmes soulevés lors de l'assemblée générale du MPB : la consolidation de l'outil et la solidarité collective autour du VPF (porc français).

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En 2016, le marché du porc breton enregistre un cours moyen de 1,293 €, supérieur de 4,44 % à celui de 2015 avec 1,61 million de porcs vendus.
En 2016, le marché du porc breton enregistre un cours moyen de 1,293 €, supérieur de 4,44 % à celui de 2015 avec 1,61 million de porcs vendus. - © Terra

En 2016, le marché du porc breton enregistre un cours moyen de 1,293 €, supérieur de 4,44 % à celui de 2015 (1,238 €) pour un volume de 1,61 million de porcs vendus au cadran. La demande chinoise en viande porcine, conséquence de la décapitalisation de son cheptel et d'une consommation croissante, a plus que doublé ses importations avec presque 3 millions de tonnes importées. Dès avril 2016, l'extraordinaire demande des pays tiers, dont la Chine, a asséché les stocks européens, et le report en partie des exportations espagnoles (-15 % sur la France) a réduit la pression sur les entreprises françaises. Lors de l'assemblée générale du MPB, une des premières interrogations a été levée : "La Chine est toujours aux achats mais moins qu'en 2016", remarque Pascal Le Duot, directeur du MPB. Une opportunité qui devrait cependant durer dans le temps. D'après des estimations, la Chine en 2020 connaîtrait un déficit de 10 millions de tonnes entre ses objectifs de production et sa consommation. "La Chine va continuer à acheter. Il y a eu un emballement mais nous revenons à des volumes normaux de 6 000 tonnes par mois exportées par la France à partir d'avril 2017", rassure Fanyé Meng, en poste en Chine pour Inaporc. La raison ? La disparition des petits élevages chinois, qui représentent "la moitié de la production". "Or le remplacement par des élevages industriels n'est pas pour tout de suite".

Mais à côté de cette situation très dépendante de la Chine, d'autres menaces pourraient arriver des États-Unis, très compétitifs ; de l'Espagne qui continue à augmenter ses abattages quand en Europe ils baissent ; de la peste africaine ou encore du recul de la consommation de viande.

Consolider le marché du porc

Mais l'embellie de la situation des élevages porcins, ne doit pas faire oublier les adaptations nécessaires. Tandis que le groupe Bernard passe premier acheteur du MPB, devant Kermené, que les représentants du marché du porc breton en 2017 pointent une légère remontée du nombre de porcs vendus par semaine (33 500 porcs soit + 18 %), le décalage de prix de 13 ct du MPB en dessous du prix allemand et espagnol fait désordre.

"Une partie de l'explication est à rapprocher des 5 jours fériés", temporise Pascal Le Duot. La consolidation du marché au cadran, souhaitée par son président François Pot, revient en leitmotiv. L'absence du groupe Bigard pèse, c'est un fait. Pour Philippe Bizien, président du comité régional porcin, qui en appelle aux organisations de producteurs volontaires, il faut "soutenir les éleveurs qui par leur vente au cadran, contribuent à la définition du prix public. Ce sujet est d'autant plus d'actualité que le marché tend à orienter la production vers une plus grande segmentation".

Quant à Michel Bloc'h, président de l'Union des groupements, "s'il manque un opérateur", il pointe aussi l'absence de mobilisation des distributeurs et des salaisonniers autour du VPF et de l'étiquetage de l'origine et l'incapacité de ces derniers à passer des hausses. "Sans mobilisation plus forte, les importations vont augmenter de nouveau", craint-il. L'amont de la filière en appelle aussi à une révision des méthodes commerciales. La Fédération nationale porcine, en mai dernier, dénonçait "les lacunes de la LME qui laisse la part belle aux distributeurs sur la période de négociations". Enfin à noter la démarche de structuration de l'offre engagée par Prestor et Aveltis avec la création d'un GIE de commercialisation qui englobe 50 % des porcs vendus au MPB.

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