Terra 22 juin 2017 à 08h00 | Par Audrey Dibet

La Cooperl construit une filière de poids

La Cooperl reprend le pôle charcuterie-salaison de FTL : neuf usines, 1 700 salariés et quatre grandes marques que sont Madrange, Paul Prédault, La Lampaulaise de salaisons et Montagne noire. La coopérative en attend une meilleure valorisation de la production des adhérents.

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Emmanuel Commault, directeur général et Patrice Drillet, président de la Cooperl.
Emmanuel Commault, directeur général et Patrice Drillet, président de la Cooperl. - © Terra

L'annonce en a été faite le 15 juin. Le tribunal de commerce de Paris a ordonné la cession dans les termes de l'offre déposée en début d'année par la Cooperl. Le groupe Financière Turenne Lafayette (FTL) avait frôlé la disparition suite à la découverte du trucage de ses comptes en novembre 2016. La Cooperl reprend ainsi une activité importante de FTL et la moitié des salariés du groupe, soit 1 700 salariés qui travaillent à temps plein dans le pôle charcuterie-salaison.

Avec la reprise de Brocéliande il y a quelques années, la Cooperl avait déjà investi la salaison (80 000 tonnes en 2016). Par cette nouvelle acquisition, la coopérative lamballaise va encore élargir sa clientèle, avec un pôle charcuterie qui pèse 480 millions d'euros et 90 000 tonnes en salaison.

Positionner les nouvelles usines sur des produits de qualité

La Cooperl reprend au total neuf usines pour lesquelles elle prévoit un plan d'investissement important dans les années à venir. "Certaines sont en excellent état, d'autres moins, dû à un déficit d'investissement", remarque Emmanuel Commault, directeur général du groupe Cooperl. Cela va représenter un effort de longue portée pour la coopérative et pour les adhérents, surtout si on veut les positionner sur une production de qualité durable. Évidemment il y a un risque mais nous sommes confiants. Les premiers investissements seront réalisés dès 2017". L'acquisition de ces actifs peut représenter un intérêt pour mieux valoriser la production des adhérents de la Cooperl. "On améliore notre segmentation et peut-être aussi notre image", poursuit Patrice Drillet, président de la Cooperl.

66 millions d'euros investis en 2016

En 2016, la coopérative a investi 66 millions d'euros. "Le niveau le plus élevé jamais réalisé, observe Emmanuel Commault, car beaucoup de projets commencent à devenir concrets". À commencer par une importante unité de méthanisation qui verra le jour début 2018 (15 M€ d'investissement en 2016). Elle valorisera les déjections des élevages équipés de racleur en V, permettant à tout nouveau projet intégrant cette technique d'être totalement neutre sur le plan environnemental.

Est également en préparation pour fin 2018, un service de préparation de commande automatique. Un grand projet "pour être en capacité de livrer dans tous les volumes, dans tous les endroits de France" et de "répondre à des besoins locaux d'écoles, d'hôpitaux, de bouchers".

Porc sans antibiotiques, le standard de demain ?

Une des grandes ambitions de la Cooperl est aussi de développer le porc sans antibiotiques. Principalement commercialisé sous marque Brocéliande, il connaît une progression régulière. "L'objectif est de convertir la plus grande partie de notre production vers ce système démédicé et responsable du bien-être animal car nous sommes persuadés qu'il deviendra le standard de demain", annonce Emmanuel Commault. Proposée aux adhérents il y a deux ans, cette production s'élève déjà à 1,7 million de porcs, soit 3 porcs sur 10 produits par la Cooperl. "Nous travaillons sérieusement sur le bien-être animal, en totale transparence avec certaines associations well-faristes et environnementales". Dans ce contexte, le mâle entier, travaillé depuis cinq ans à la Cooperl, est également une évidence pour la coopérative, puisqu'il répond aux attentes des consommateurs, tout en faisant gagner en performances techniques.

"L'agilité des éleveurs et des techniciens Cooperl nous permettent d'être réactifs pour répondre à ce que veut le consommateur", estime Patrice Drillet, qui souligne en retour les bénéfices que retirent les adhérents de cette segmentation et de la politique qualité menée par la Cooperl. La coopérative fait mesurer par un cabinet indépendant la compétitivité moyenne des éleveurs Cooperl par rapport aux éleveurs non-adhérents : en 2016, elle était de +280 € de marge nette par truie.

 

L'assemblée générale de la Cooperl a lieu le 23 juin à 15h30 à Lamballe.

 

Le n∞ 1 du porc en France

2 milliards d'euros de chiffre d'affaires

13 millions d'euros de résultat

16 millions d'euros investis

5,8 millions de porcs produits dont 1,7 million sur le segment du porc sans antibiotiques

2 700 adhérents

1,54 million de tonnes d'aliment pour l'élevage

5 300 salariés et 1 700 nouveaux*

14 usines et 9 nouvelles*

 

Chiffres 2016 de la Cooperl et du pôle charcuterie-salaison de FTL(*) qui vient d'être acquis par la Cooperl.

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