Terra 14 mars 2014 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

La filière caprine retrouve des couleurs

Après trois années de crise, la filière caprine entrevoit le bout du tunnel. Attention toutefois à ne pas rejouer la course aux volumes. Le point sur la conjoncture avec Franck Mérel, le président de la section ovine et caprine à la FDSEA 35.

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La hausse des coûts 
des matières premières a touché la plupart des élevages car la filière est en majorité sur des rations sèches.
La hausse des coûts des matières premières a touché la plupart des élevages car la filière est en majorité sur des rations sèches. - © Terra

Jusqu'en 2009, l'augmentation constante de la consommation de fromage de chèvre a boosté la demande en lait au niveau national. Sur le département de l'Ille-et-Vilaine, et plus largement de la Bretagne, cette demande soutenue est en plus tirée vers le haut avec le produit phare Le Petit Billy. "Le problème, explique Franck Mérel, c'est qu'à cette époque les grands opérateurs nationaux ont surfé sur cette dynamique en installant à outrance, sans trop regarder la conjoncture". Résultat ? Des courbes qui se croisent avec d'un côté une consommation qui se stabilise et de l'autre, un état de surproduction qui entraîne une baisse des prix.

 

"Nous avons diminué nos références"

"En concertation avec Triballat, nous avons ici fait le choix à ce moment là, de diminuer nos références de 4,5 %, ce que n'ont pas fait les gros opérateurs nationaux qui ont baissé les prix", estime encore le responsable de la section ovine et caprine à la FDSEA 35. Si en Bretagne, la baisse des volumes a permis de maintenir le nombre d'éleveurs, en revanche ce n'est pas le cas sur tout le territoire, notamment dans le centre de la France où Franck Mérel parle de "véritable hécatombe, aussi bien chez des gens en fin de carrière que chez des jeunes". A tel point que le marché est revenu à l'équilibre, "et que Triballat nous a demandé nos objectifs sur les trois prochaines années". On peut donc imaginer que les références vont augmenter. "Mais attention ! prévient Franck Mérel, j'espère qu'au niveau national, les opérateurs vont tirer les leçons de la crise passée et ne vont pas recommencer une course aux volumes".

 

La vigilance est toujours de mise

Au niveau du tarif du prix du lait, une augmentation a déjà été constatée, mais elle vient davantage pallier une hausse des coûts de production. En effet, la hausse des coûts des matières premières a touché la plupart des élevages car la filière est en majorité sur des rations sèches pour l'alimentation, plus faciles à maîtriser, mais qui ferment la porte au niveau des marges de manœuvre. Pour le responsable syndical, la vigilance est toujours de mise : "on voit apparaître de nouvelles charges, comme la taxe d’équarrissage qui a été multipliée par six". Si la nouvelle filière bio, semble pouvoir être un moteur pour la production, "le souci c'est que l'efficacité économique est basée surtout sur l'autonomie alimentaire et c'est là que ça coince un peu au niveau des surfaces", souligne encore Franck Mérel. Et de conclure : "pour l'avenir, on est un peu mieux en lait conventionnel aujourd'hui, avec un prix qui sera tout de même à revaloriser".

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