Terra 27 mars 2019 à 14h00 | Par Jean Dubé avec actuagri

La filière laitière à l’écoute des attentes sociétales

Attentes sociétales, et si la filière laitière y avait déjà répondu ? Le 22 mars, dans son discours pour clôturer le congrès de la Fédération nationale des producteurs de lait à Arras, Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, a répondu "oui", "sans langue de bois" tout en soulignant que cela ne devait pas empêcher les éleveurs d’être dans une démarche de progrès.

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Didier Guillaume a clos les travaux du congrès.
Didier Guillaume a clos les travaux du congrès. - © actuagri

Véronique Pardo, anthropologue et responsable de l’Observatoire des habitudes alimentaires, a brossé un portrait des attentes sociétales en France. Une société qui s’interroge sur le monde de l’élevage qu’elle connaît mal. L’image de la filière laitière semble plutôt bonne. Lors du congrès et sans doute pour la première fois, des représentants de la filière et des associations comme le WWF, ou Welfarm, sont venus échanger avec les éleveurs. Une démarche nouvelle et qui permet de mesurer le décalage entre les positions des uns et des autres, même sur des sujets a priori "simples" comme le pâturage.

Thierry Roquefeuil a rappelé que la filière qui souhaite "concilier environnement et économie", était largement impliquée dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, déjà avec des objectifs ambitieux dans son plan de filière mais aussi au travers des 8 000 exploitations diagnostiquées "fermes laitières bas carbone".

Les prix toujours au cœur des combats de la FNPL

Dans son discours de cloture du congrès, Thierry Roquefeuil n'a eu de cesse de marteler le combat de la filière "pour une juste rémunération des agriculteurs". Un objectif affiché clairement dans les États généraux de l'alimentation (EGA) et la loi alimentation qui en découle, au travers de l’inversion de la construction des prix, du relèvement du seuil de revente à perte et de la prise en compte des coûts de production dans les contrats (grâce à des indicateurs définis par les interprofessions), notamment. Il s’est d’ailleurs félicité, en tant que président du Cniel (interprofession) et de la FNPL, du travail mené par l’interprofession pour établir ces prix de revient à 396 €/1 000 litres. "Ce n'est pas un chiffre syndical. C’est la vraie vie. Celle de nos fermes", insiste Thierry Roquefeuil. Toutefois "les producteurs de lait n’ont pas encore vu grand-chose des EGA". "Pourtant, j’ai beaucoup entendu dire au Salon de l’agriculture que la filière laitière donnait l’exemple. Ne soyons ni naïfs, ni dans l’euphorie béate. Dans tous les accords et partenariats médiatisés sur le lait par les industriels et les distributeurs, il n’y a aucune obligation, si ce n’est morale, d’améliorer le revenu des producteurs", précise-t-il.

Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, semblait plus optimiste sur ce point puisqu’il considère que la filière a réussi à obtenir des prix relativement conséquents dans les dernières négociations commerciales. Une déclaration immédiatement sifflée par les congressistes. Il n’a donc pas manqué de rajouter : "Les prix ont commencé à monter mais ça doit aller plus loin", a-t-il déclaré, cette fois sous les applaudissements de la salle ! Une juste rémunération qui doit permettre aux éleveurs de vivre de leur métier et d’assurer le renouvellement des générations. Pour rassurer les jeunes générations, le ministre a aussi appelé à augmenter les retraites agricoles. "C’est un peu léger de penser que l’on pourra assurer la pérennité de notre modèle agricole laitier avec 75 % du Smic net, voire 85 %, après avoir totalisé une vie entière de travail".

 

- © Terra

Des délégués de l'Ouest à Arras

Une vingtaine de délégués de l’Ouest étaient à Arras la semaine passée pour la 75e assemblée générale de la Fédération nationale des producteurs de lait.

Il ont mis l’accent sur le plan de filière et la segmentation. En effet, depuis maintenant plus d’un an, la FNPL et les sections régionales travaillent sur le plan de filière. Ce plan est articulé autour d’un socle qui s'articule autour de "France, terre de lait" et d’une montée en gamme. L’Ouest s’inscrit totalement dans cette stratégie, pour sortir du "lait apte à toutes transformations" qui ne va pas chercher de valeur. Pour les éleveurs de l'Ouest, le socle, c’est la CBPE (charte de bonne pratique d'élevage) qui intègre le bien-être animal. Tout ce qui n’est pas le socle doit être considéré comme de la segmentation et doit donc ramener de la valeur aux éleveurs. Pour l’Ouest, dans cet esprit, le dossier pâturage doit être piloté par les éleveurs, certifié, et ramener de la valeur.

Les éleveurs de l'Ouest ont aussi dénoncé la règle de l’apport total au niveau des Organisations de producteurs, qu'ils considèrent comme un frein à la liberté d’entreprendre. Encore une fois, la réglementation française est plus restrictive que la réglementation européenne. Cette demande a été reprise dans le discours de Thierry Roquefeuil à l’adresse du ministre de l’Agriculture.

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