Terra 28 septembre 2017 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

La filière laitière de l'Ouest voit loin

Construire un projet dans un contexte en rupture, le projet Life carbon dairy, la ferme laitière bas carbone, investissements et stratégies des leaders laitiers... L'Institut de l'élevage, le Cniel et la chambre d'agriculture de Bretagne ont organisé conjointement une matinée laitière pendant le Space sur le thème "une filière laitière tournée vers l'avenir".

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À la fois enjeu environnemental et économique pour les exploitations laitières, la gestion du carbone est un des grands défis actuels de la filière.
À la fois enjeu environnemental et économique pour les exploitations laitières, la gestion du carbone est un des grands défis actuels de la filière. - © Emeline Bignon

Dimension des exploitations et baisse des ressources en main d'œuvre, capitaux investis face aux résultats obtenus... l'agriculture vit de grandes ruptures. "Le contexte est aussi bouleversé avec des marchés volatils et en mutation, de nouvelles attentes sociétales, et une réglementation complexifiée", souligne en préambule Jean-Hervé Caugant, élu de la chambre d’agriculture de Bretagne. Dans ces conditions, comment construire son projet et faire les bons choix ? Céline Marsollier, de la chambre d'agriculture du Maine-et-Loire a présenté le travail mené dans son département sur les six groupes lait. "Investir, c'est aussi investir collectivement, investir dans les compétences, les échanges, et ce sont parfois de petits investissements qui permettent de dégager beaucoup de marges", explique la conseillère.

Dans un autre registre, le principal objectif du projet Life carbon dairy est de sensibiliser l'ensemble des acteurs et de promouvoir une démarche permettant à la production laitière de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % à échéance de dix ans. Ce projet ambitieux et structurant pour la filière est conduit par quatorze partenaires et réparti sur six régions pilotes. Il ambitionne la construction d’outils d’évaluation de l’impact environnemental et d’aide à la décision, une évaluation de masse de l’impact carbone de 3 900 exploitations. "Au cours des trente dernières années, les pertes et dommages annuels liés à des événements climatiques sont passés de 50 milliards à près de 200 milliards. La température monte, les coûts aussi !" rappelle Catherine Brocas, de l'Institut de l'élevage. Et d'ajouter : "Les résultats font apparaître que les fermes bas carbone ont une meilleure performance économique".

Étendre la démarche sur le territoire

Avec la ferme laitière bas carbone, la volonté est d'étendre la démarche sur l'ensemble du territoire, en impliquant l'ensemble de la filière laitière française. Où en est-on aujourd'hui ? "5 834 élevages ont été diagnostiqués et plus de 450 conseillers formés", souligne Thierry Geslain, du Cniel. Il s'agit d'aller plus loin pour soutenir et faire reconnaître les efforts faits par les éleveurs, alors que de nouveaux enjeux apparaissent en matière de différenciation et de création de valeur. "Quand on fait le diagnostic, on identifie aussi des leviers à court terme qui permettent d'augmenter sa performance économique", encourage Marie-Thérèse Bonneau, du Cniel.

Du côté des transformateurs et des industriels, les crises et les nouvelles attentes ont-elles modifié les investissements ? Pour Benoît Rouyer, du Cniel, "on voit moins de nouveaux projets dans le domaine des ingrédients secs et davantage dans le domaine des fromages". En France, les principaux investissements dans les ingrédients secs sont concentrés dans l’Ouest, alors que les investissements dans la production de fromage sont plutôt bien répartis entre l’Est et l’Ouest.

"Investir, c'est penser à l'avenir, il y a donc une part de rationalité mais aussi d'irrationalité", confie pour sa part Christian Couilleau, directeur d'Even, un groupe multi activités qui considère aujourd'hui qu'il n'est plus possible d'avoir plus de deux activités aux revenus volatils au sein d'un même groupe.

 

Potentiel d'atténuation des gaz à effets de serre


Gestion du troupeau, élevage des génisses et santé du troupeau : entre 10 et 15 %

Alimentation du troupeau, qualité des fourrages, concentrés, autonomie protéique - pâturage : entre 2 et 4 %

Conduite des cultures, rendement-fertilisation : entre 3 et 4 %

Consommation d’énergie, carburant-électricité : entre 1 et 2 %.

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