Terra 17 novembre 2016 à 08h00 | Par Jean Dubé

La filière lapin est à bout de souffle

Frédéric Blot tire la sonette d'alarme. Ils ne sont déjà plus que 120 producteurs de lapin en Bretagne. Sans décisions urgentes, c'est la survie de la filière qui est en jeu. Les prévisions de production affichent déjà entre -10 et -15 % pour 2017 en Bretagne.

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Frédéric Blot, président section lapin FRSEA Bretagne
Frédéric Blot, président section lapin FRSEA Bretagne - © Benjamin Chenevière, Le journal de Vitré

On parle de crise en lapin, que se passe-t-il ?

Frédéric Blot. Les équilibres financiers ont été mis à mal depuis les fortes variations de matières premières depuis 2006. La forte augmentation des matières premières a créé des problèmes de trésorerie et, depuis cette période, les éleveurs n'ont jamais réussi à retrouver un point d'équilibre entre coût de production et prix de vente. Aujourd'hui ce déséquilibre s'accentue. Les matières premières spécifiques aux aliments lapin, la luzerne notamment, ne baissent pas. Les élevages ont vraiment des gros problèmes de trésorerie, on assiste à des cessations de paiement. La filière est vraiment à bout de souffle. Or la grande distribution n'en tient absolument pas compte et  demande même une baisse du prix de reprise. 
Deux autres éléments pèsent dans ce contexte, la consommation de viande est morose et la filière a perdu depuis deux ans la valorisation des peaux. Le marché via la Chine s'est complètement écroulé là-bas en 2014. Or il nous permettait d'avoir un complément sur le prix qui n'existe plus aujourd'hui.

 

Quelles solutions préconisez-vous ?

F. B. Nous interpellons les pouvoir publics pour qu'ils interviennent auprès des GMS et demandent une hausse des prix. C'est une demande immédiate et urgente. Beaucoup d'éleveurs arrivent en retraite. D'autres réfléchissent à une reconversion de leur atelier. Ceux qui ont investi depuis moins de dix ans sont au bord de la faillite. L'arrêt de cette filière aurait un impact économique et social important. Cette production représente un enjeu de diversification, sa pérennité est un gage de maintien d'une tradition et d'un savoir-faire de qualité. Il est urgent de revaloriser nos produits et trouver des moyens supplémentaires pour la promotion de la viande de lapin par l'interprofession. Les négociations commerciales s'ouvrent, il est important d'agir immédiatement. Nous demandons 20 centimes par kg en vif pour le producteur. Un éleveur de 700 lapines reproductrices vend 40 000 lapins de 2,5 kg par an. 20 centimes de plus du kilo, c'est tout simplement aujourd'hui son revenu.

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