Terra 21 novembre 2018 à 14h00 | Par Emmanuelle Le Corre

La fine fleur des éleveurs du GIE Proralim récompensée

Le groupement GIE Proralim a remis les trophées des meilleurs élevages livrant une viande de bœuf Limousin sous le signe de qualité Label Rouge. Quatre prix décernés à des éleveurs costarmoricains par un conseil d'administration composé moitié d'éleveurs, moitié de bouchers.

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Les lauréats du Challenge 2017, tous Costarmoricains : 1er prix Sylvain Boschat, St-Gelven ; 2e prix : EARL de Villejean, St Martin des Prés; 3e prix : EARL du Guerclé, St Gildas et prix spécial (résultats en progression 2012-2017) : Thomas Mahéo, St Barnabé.
Les lauréats du Challenge 2017, tous Costarmoricains : 1er prix Sylvain Boschat, St-Gelven ; 2e prix : EARL de Villejean, St Martin des Prés; 3e prix : EARL du Guerclé, St Gildas et prix spécial (résultats en progression 2012-2017) : Thomas Mahéo, St Barnabé. - © Terra

Dans le pré, entourées des mères et de leurs petits, le groupe d'éleveurs et de bouchers bavarde en toute tranquillité. Cette intrusion du groupe ne gêne en rien le troupeau des limousines. Preuve en est, chez Sylvain Boschat, éleveur de 55 mères limousines et la suite, les animaux pris en main dès la naissance sont particulièrement calmes. Ce dernier vient de recevoir le 1er prix du challenge éleveurs Proralim 2017, un prix qui distingue les éleveurs détenteurs des meilleurs résultats de conformation d'animaux livrés sur les trois dernières années. Ici l'éleveur installé depuis douze ans sur la commune de Saint-Gelven en Côtes d'Armor conserve tous les mâles qu'il vend en reproducteurs et vend entre 8 et 10 femelles par an âgées de 4 à 6 ans en filière Bœuf Limousin Label Rouge. "Je viens de réaliser 70 IA en trois semaines", indique l'éleveur qui utilise l'insémination artificielle sur l'ensemble de son troupeau, à partir d'une quinzaine de taureaux différents. "Je choisis des taureaux mixtes avec des qualités maternelles et bouchères. Mes femelles vendues sont à 80 % classées U", souligne-t-il. Pour rappel le GIE Poralim a obtenu en 1990 le Label Rouge "viande bovine de race limousine" commercialisé sous la marque Blason Prestige en boucherie artisanale.

 

Des exigences supérieures

L'histoire du GIE a débuté en 1987 grâce à Pierre Le Dru, boucher à Vannes, en quête d'animaux de haute qualité. Le GIE Proralim, premier producteur national avec près de 20 % du tonnage, est le résultat d'une association entre deux corps de métiers, celui des éleveurs et des bouchers*. Aujourd'hui 252 éleveurs apporteurs sont habilités, répartis sur la Bretagne et la Loire-Atlantique (43 % des éleveurs en Côtes d'Armor). En face, l'équivalent de 88 points de vente, dont 73 boucheries artisanales. "Discuter autour d'une table entre éleveurs et bouchers, nous sommes le seul groupement national à avoir ce fonctionnement", rappelle son président Gérald Nio, boucher à Plescop (56). Quant au cahier des charges, il se dote d'exigences supplémentaires par rapport au cahier des charges Bœuf Limousin Label Rouge : des matières premières sans OGM de la naissance à l'abattage depuis dix ans, un poids de carcasse minimum de 350 kg, un âge de 84 mois (voire 96 mois), une conformation minimum R+ et un état d'engraissement de 2, 3 ou 3+. Les deux sites d'abattage se localisent à Montauban de Bretagne (Gallais Viandes ou Kervadec) et Quimper (BVD).

 

Garder la confiance des consommateurs

"Tous les maillons sont audités en permanence. C'est une filière saine en place depuis trente ans. Nous essayons d'apporter la rémunération juste, la qualité se paie", poursuit Gérald Nio. La grille de prix définie par le conseil d'administration établit à 0,50 € brut/kg de carcasse Label la plus-value reversée aux éleveurs. "C'est un minimum. Nous étions à 75-80 ct en 2017 et début 2018", rapporte Claire Audic, coordinatrice du groupement.

Or après une phase de progression, l'activité se stabilise. "Nous restons stables car les gens mangent moins de viande mais mieux", décrit Gérald Nio. Quant aux attaques des anti-viande et aux remises en cause dans l'opinion publique, éleveurs et bouchers doivent redoubler d'effort. "On doit garder la confiance des consommateurs en montrant que les éleveurs ont le respect des animaux ; que ce que l'on sait faire, on le fait bien", conclut le président du GIE.

 

 

 

* Conseil d'administration composé d'un collège de 12 éleveurs et d'un collège de 9 artisans bouchers, 3 abatteurs.

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