Terra 26 avril 2019 à 08h00 | Par Florence Bréhier, chambres d'agriculture de Bretagne

La formation professionnelle évolue

Investir dans la formation et les compétences, donner à chacun la liberté de choisir son avenir professionnel, protéger les plus vulnérables contre le manque ou l’obsolescence rapide des compétences… Autant d’enjeux conférés à cette nouvelle loi du 5 septembre 2018 pour "la liberté de choisir son avenir professionnel". Mais quels impacts pour l’accès à la formation des entreprises, des salariés et des demandeurs d’emploi ?

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La réforme vise à favoriser l’accès à la formation professionnelle pour chacun, entreprise, salarié et demandeur d’emploi.
La réforme vise à favoriser l’accès à la formation professionnelle pour chacun, entreprise, salarié et demandeur d’emploi. - © auremar - stock.adobe.com

En 2019, la loi entre progressivement en application avec de nombreux changements. Son ambition est de transformer le paysage de la formation professionnelle et de simplifier les dispositifs au profit des entreprises, des salariés et des demandeurs d’emploi.

Nouvel opérateur de compétences pour la branche agricole

Les Organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) deviennent des Opérateurs de compétences (OPCO). Le 29 mars, l’OPCO de la branche agricole a été agréé. Il devient Ocapiat (Opérateur de compétences pour l’agriculture, la pêche, l’Industrie agroalimentaire et les territoires. Il couvre 41 branches professionnelles. Les enjeux d’Ocapiat sont de développer les compétences de salariés en place mais aussi des futurs salariés, de répondre aux besoins de recrutement autour des métiers en tension.

Favoriser et élargir l’accès à l’apprentissage

La loi prévoit des changements pour l’apprentissage :

- Âge maximal retardé à 29 ans révolus

- Revalorisation des rémunérations

- Aide unique à l’apprentissage.

Jusqu’à fin 2019, les chambres consulaires continueront à enregistrer les contrats d’apprentissage. À partir du 1er janvier 2020, l’Ocapiat deviendra l’unique interlocuteur de l’alternance en enregistrant les contrats et en assurant leurs financements.

La période de professionnalisation est remplacée par un dispositif de reconversion ou promotion par alternance (Pro A). L’objectif est de permettre à des salariés (n’ayant pas le niveau Licence) de changer de métier ou de bénéficier d’une promotion sociale ou professionnelle par des actions de formations. Les parcours éligibles sont des diplômes ou titres à finalités professionnelles inscrits au RNCP(¹) pour un niveau de qualification défini par décret. Ces actions de formations pourront être mises en œuvre pour tout ou partie en dehors ou sur du temps de travail.

Monétisation du compte personnel de formation

Depuis le 1er janvier 2019, les Comptes personnels de formation (CPF) ne sont plus crédités en heures mais monétisés. Ce compte est destiné à financer des formations professionnelles qualifiantes. Les heures acquises entre 2015 et 2018 seront également monétisées. La modalité d’alimentation pour les salariés à mi-temps jusqu’à temps plein est une capitalisation de 500 €/an plafonnée à 5 000 €, ou 800 €/an plafonnée à 8 000 € pour les niveaux infra3(²).

Une application mobile verra le jour fin 2019. Elle permettra à tout détenteur d’un CPF de choisir, s’inscrire et valider sa formation. Seront éligibles toutes les formations conduisant à des certifications enregistrées au RNCP y compris leurs blocs de compétences, ou enregistrées au répertoire spécifique. Le paiement des actions de formations sera assuré par la caisse des dépôts et de consignation.

Plan de développement des compétences

Depuis le 1er janvier 2019, le plan de développement des compétences (pour les entreprises de moins de 50 salariés) remplace le plan de formation. Ce plan regroupe l’ensemble des actions mises en place par l’entreprise pour répondre à ses besoins : renforcement des compétences commerciales, accompagnement à la transformation digitale, changements organisationnels…

À travers le plan de développement des compétences, l’entreprise est tenue d’assurer l’adaptation des salariés à leur poste de travail et de veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi.

Tous les salariés de l’entreprise sont potentiellement concernés, qu’ils soient en contrat à durée indéterminée (CDI), en contrat à durée déterminée (CDD), titulaires d’un contrat de professionnalisation ou d’apprentissage. Le plan de développement des compétences peut comporter des actions de formation, de bilan de compétences, de validation des acquis de l’expérience (VAE) ainsi que des actions d’apprentissage.

Le plan de développement des compétences se compose de deux nouveaux types d’actions. Il y a d'abord les formations "obligatoires", c’est-à-dire les actions de formation conditionnant l’exercice d’une activité ou d’une fonction, en application d’une convention internationale ou de dispositions légales et règlementaires. Ces actions sont nécessairement organisées sur le temps de travail et donnent lieu pendant leur réalisation au maintien du salaire par l’entreprise.

Les "autres" actions de formation, c’est-à-dire celles ne relevant pas de la première catégorie, peuvent avoir lieu soit sur le temps de travail (avec maintien de la rémunération), soit en tout ou partie en dehors du temps de travail. Concernant les actions mises en œuvre hors temps de travail, l’accord du salarié doit être formalisé.

Les changements sont nombreux et impactent les entreprises, les salariés, les financements et les organismes de formation. Pour l’instant, tous les décrets appliquant la loi du 5 septembre ne sont pas encore parus. Il faudra encore attendre quelques mois avant d’avoir une parfaite lisibilité de cette réforme.

 

(1) RNCP Répertoire National des Certifications Professionnelles

(2) Infra3 : niveau inférieur ou égal au niveau 3 (niveau BEP/CAP) anciennement niveau 5 avant parution du Décret n°2019-14 du 8 janvier 2019 relatif au cadre national des certifications professionnelles

 

 

ChambíAgri Formation síadapte et innove

Nouveaux installés ou salariés, l’agriculture bretonne a besoin de bras et de cerveaux, les professionnels tirent depuis déjà quelques temps la sonnette d’alarme. Les élus de la chambre d’agriculture de Bretagne ont donc la responsabilité de répondre aux besoins de main-d’œuvre pour que demain, il puisse toujours y avoir de la production dans nos élevages bretons. S’adapter une nécessité constante… Dès aujourd’hui, et en tenant compte de la nouvelle réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage, les chambres d’agriculture s’adaptent pour pouvoir offrir aux stagiaires des conditions optimales d’apprentissage et aux employeurs des formations à la hauteur de leurs attentes professionnelles, pour leurs salariés et eux-mêmes.

Des formations adaptées aux besoins pro

Un nouveau CS avicole va être lancé en octobre 2019 pour prendre en compte les besoins des entreprises avicoles qui embauchent de plus en plus de salariés. Tous les CS existants vont être proposés en apprentissage à partir de l’automne 2019 (le CS lait sur Kérel et Quintenic le CS porc sur Quintenic et le CS TMA sur Agr’Equip/Saint Aubin du Cormiers et Saint-Ségal). Ces CS sont conçus pour être très professionnalisant avec une part importante de travaux pratiques en élevage, sur la conduite de cultures et l’entretien du matériel.

Et toujours à la pointe

La formation @gri-pilote, la première du genre en Bretagne, fait d'ailleurs cette semaine le bilan de sa 1ère promotion, démarrée en novembre dernier. Pas moins de sept stagiaires, futurs agriculteurs et agricultrices, auront bénéficié de l’expertise de formateurs-éleveurs, de conseillers spécialisés Chambre d’agriculture, de responsables professionnels, experts issus du monde de l’entreprise pour devenir des responsables d’ateliers de production porcine ou laitière qui maitrisent les outils numériques afin de gérer et prendre leurs décisions, de vrais professionnels qui savent organiser le travail d’une équipe de salariés.

Des formations à la carte

Les formations en lien avec la réforme de la formation professionnelle vont être désormais accessibles en blocs de compétences (économique, technique…) pour permettre à des personnes de se former uniquement sur les compétences dont elles ont besoin au lieu de suivre une formation dans sa totalité. Ces formations par bloc peuvent être financées notamment par le CPF (compte personnel de formation). L’avantage de plus de flexibilité n’échappera à personne que l’on soit salarié ou employeur…  / Pascale Brunel - chambres d’agriculture de Bretagne


Le 27 avril, portes ouvertes formation à Quintenic, Saint-Ségal, Agr'Équip et Kérel

Il est encore temps de concrétiser son projet de formation en agriculture…

Les quatre sites Chamb’Agri formation (Quintenic, Saint-Ségal, Agr’Équip et Kérel) ouvrent leurs portes le samedi 27 avril pour faire découvrir, les métiers accessibles en agriculture, les conditions d’insertion professionnelle et les filières de formations proposées.

Découvrez des formations diplômantes/certifiantes du BP à la licence pro ! Sous réserve d’un financement par le conseil régional de Bretagne.

- BPA TPA (brevet professionnel agricole travaux de la production animale)

- Orientation élevage (lait, porc, aviculture), maraichage biologique, grandes cultures : BP REA (brevet professionnel responsable d’entreprise agricole),

- CS (certificat de spécialisation conduite de l’élevage porcin ou laitier)

- Travaux publics : Titre pro CPHCP (Conducteur de pelle hydraulique de chargeuse pelleteuse), CACES

- Agroéquipement : BPA TCEEA (Travaux de conduite et d’entretien des engins agricoles), BTM MA (brevet technique des métiers mécanicien agricole), CS TMA (certificat de spécialisation tracteurs et machines agricoles)

- Licence professionnelle Gestion des organisations agricoles et agroalimentaires parcours agri-manager (GOAA Agri-manager)

- @gripilote d’entreprise ou d’atelier : certification en cours

 


Plus d’infos sur : www.chambagri-formation.com

- Site de Quintenic (22) de 9h30 à 17 h au 02 96 50 43 43

- Site de Saint-Ségal (29) de 9h à 12 h au 02 98 73 05 88

- Site d’Agr’Équip (35) de 9h30 à 17 h au 02 99 62 62 62

- Site de Kérel (56) de 9h30 à 17 h au 02 97 51 59 79

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