Terra 02 juillet 2014 à 08h00 | Par J.Dubé avec Agra

La forte baisse des revenus 2013 est confirmée

L’importante baisse de revenu agricole est confirmée par la publication, le 1er juillet, des comptes provisoires de l’agriculture. Le revenu par actif en termes réels (compte tenu de l’inflation) est en baisse de 19,8 % après trois années de hausse (+ 1,2 % en 2012, + 4,6 % en 2011, et + 41,2 % en 2010). Selon les données de l’Insee, "il retrouve le niveau de 2008, proche de celui de la moyenne du début des années 2000". Pour l’Union européenne à 28, l’Insee indique également une baisse de revenu mais d’ampleur bien plus limitée : - 1,3 %.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

La valeur de la production se réduit

Les prix ont, en 2013, diminué pour un grand nombre de productions, et les volumes se sont réduits. La valeur de la production de l’agriculture s’est réduite de 4,2% en 2013 par rapport à l’année précédente : baisse des productions végétales de 8,4% et hausse des productions animales de 2,1% (malgré une réduction en volume de 0,7%). Au total, la valeur ajoutée par les agriculteurs s’est réduite de 6,2% en volume. Combinée à une baisse des prix, cela implique un effondrement de 25% de cette valeur ajoutée.

Prix en baisse pour les grandes cultures

La production a reculé de -1,1 % en moyenne, malgré une hausse pour le blé tendre mais surtout les prix baissent fortement. "Les cours des céréales, oléagineux et protéagineux chutent, après l’envolée de 2012, en raison de la hausse des disponibilités mondiales. Les productions de colza et de protéagineux chutent sous l’effet d’une baisse conjointe des surfaces et des rendements", selon l'Insee.

Volumes réduits pour l’élevage

Les volumes sont en baisse, sauf pour les œufs. Les abattages de gros bovins se réduisent du fait de moindres disponibilités en élevages. Les productions d’ovins, de veaux, de volailles sont en réduction. La collecte laitière est en baisse malgré une reprise de fin d’année encouragée par la hausse des prix. La production d’œufs elle est en forte hausse après la réduction de 2011 due à la mise aux normes. Conséquence : les prix des œufs s’effondrent. Les prix des productions animales s’accroissent en moyenne de 2,8 %. Le prix du lait s’est redressé, celui des gros bovins aussi, tandis que la hausse est "plus soutenue" pour les poulets et les dindes. La progression des prix pour les porcs et les veaux est plus modeste.

Davantage d’achats intermédiaires

Les consommations intermédiaires progressent en valeur de 3,1 %, principalement en raison de leurs prix. La hausse de la valeur des achats d’aliments du bétail est de 4 %, "les dépenses pour l’achat d’engrais se redressent fortement". Les produits de protection des cultures s’accroissent encore, notamment les fongicides (climat humide du printemps). Le recul des prix du pétrole a permis, cependant, d’alléger la facture énergétique.

Les subventions en légère réduction

Les subventions à l’exploitation (8,1 milliards d’euros, la majeure part des soutiens agricoles aujourd’hui) baissent de 3,8 % ("le paiement unique diminue en 2013, mais les aides agro-environnementales se stabilisent, après une baisse marquée en 2012") Les subventions aux produits (1,1 milliard d’euros) baissent de 1,1 %. Cela n’empêche pas les dépenses d’investissement de continuer à progresser, de l’ordre de 1,8%, tandis que les charges d’intérêt sont restées quasiment stables.

Les chiffres par secteur de production

Le revenu du secteur céréales, oléoprotéagineux aurait été en 2013 de 22 100  € (-60,7%)

Revenu des producteurs de lait : 23 100 € (-4%).

Autres grandes cultures, 49 800 € (-35,7%)

Légumes 26 700 € (-12,6%)

Horticulture 15 700 € (-29,7%)

Fruits 37 800 € (+19,8%)

Bovins viande 19 200 € (-10,5%)

Ovins-caprins 17 100 € (-7,5%)

Porcins 37 600 € (-17,9%)

Volailles 14 300 € (-56,1%)

Polyculture 23 900 € (-34,5%).



Les réactions


- "La perte de compétitivité de notre secteur agricole et agroalimentaire se poursuit. Pendant ce temps, le gouvernement continue d’empiler les inventions administratives et réglementaires, au lieu de libérer les énergies". Henri Brichart - Vice président de la FNSEA.


- Pour Guy Vasseur, président de l’APCA (Chambres d'agriculture),  "au niveau de charge actuel, si on descend sous les 160 euros la tonne (180 euros actuellement sur le marché à terme), on passe sous le seuil de rentabilité en céréales",
prévient-il.


- "Les comptes de l'agriculture rappellent opportunément la réalité économique à laquelle sont confrontés les céréaliers", déclarent Philippe Pinta et Christophe Terrain. Ils demandent de ne "pas rajouter de contraintes réglementaires infondées, notamment environnementales, mais au contraire (de) desserrer l’étau".


- La Coordination rurale demande "d’engager immédiatement un combat pour une autre politique agricole commune auprès des instances européennes".


- Pour la Confédération paysanne, les comptes de l’agriculture "pointent l’inefficacité de l’industrialisation de l’agriculture.  Il serait possible de faire le choix d’une politique ambitieuse, protégeant l’agriculture européenne et française".

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui