Terra 04 avril 2019 à 08h00 | Par Claire Le Clève

La Gaévol mise sur la qualité d’eau

Faire de l’eau un levier de réussite en élevage de volaille, ne pas passer à côté des opportunités que peuvent offrir les énergies nouvelles, deux thèmes qui ont animé, vendredi dernier à Pontivy, l’assemblée générale du Gaévol, le groupement des éleveurs de volailles, principal fournisseur de LDC en Bretagne.

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La qualité de l'eau demande de l'attention mais elle est un élément central de la biosécurité. La maîtriser c'est à la clé moins de problèmes de santé, moins d'utilisation d'antibiotiques...
La qualité de l'eau demande de l'attention mais elle est un élément central de la biosécurité. La maîtriser c'est à la clé moins de problèmes de santé, moins d'utilisation d'antibiotiques... - © Archives Pascal Le Douarin

"Dans la réduction de l’antibiothérapie, l’eau est un facteur de réussite", campe Stéphane Dahirel, producteur de volailles à Lanouée (56) et président de la section bretonne du groupement Gaevol.

Un groupement qui, depuis la reprise des outils bretons d’Avril par LDC, est devenu le principal fournisseur du groupe en Bretagne. Face à la spécialisation des outils d’abattages, les éleveurs confortent l’évolution attendue vers le poulet lourd (63,2 millions en 2018 contre 44 en 2016). Première viande consommée dans le monde, "deuxième en France, la volaille est la seule qui progresse, + 10,5 % en cinq ans, voilà ce qui donne espoir pour demain", constate avec satisfaction Stéphane Dahirel qui note que cette croissance concerne les marchés de la transformation industrielle et de la restauration hors domicile, créneaux investis par les clients de Gaévol, exposés à la concurrence des importations.

Trio gagnant, eau-air-aliment

Des poulets plus lourds mais aussi plus fragiles et pourtant, "nous avons baissé en cinq ans, de 50 % l’utilisation d’antibiotiques", pointe des efforts entrepris le président de la section bretonne, relevant plusieurs leviers pour répondre "aux attentes de nos clients et des consommateurs. Nous avons investi dans du matériel pour une meilleure qualité d’eau, dans du béton, modifié nos litières, dans du matériel de chauffage, dans la lumière naturelle, dans l’enrichissement des poulaillers, modifié et amélioré nos pratiques pour la bien traitance". Reste le trio gagnant que sont la qualité d’eau, d’air et d’aliment en matière de leviers pour baisser de la prévalence de l’utilisation d’antibiotiques. D’où le focus mis sur l’eau (lire encadré) "parce que c’est peut-être l’élément le plus important de la biosécurité", affirme-t-il.

Auto-consommer l'énergie produite

Quant à l’énergie, les enjeux sont majeurs. Ainsi, la consommation d’énergie en élevage de volaille va en augmentant dans des bâtiments "plus ventilés, plus chauffés en début et en fin de lots, pour une litière plus saine, pour réduire les pododermatites... et la chaleur, c’est ce qui consomme le plus d’énergie, il nous en faut trois fois plus. Or il nous est possible de produire le tiers de ce que nous consommons". Eau et énergie, deux facteurs sur lesquels les éleveurs peuvent agir. "Nous sommes convaincus d’avoir emprunté la bonne voie mais nous voulons être rémunérés justement pour ce travail, et n’acceptons pas les discours qui stigmatisent l’élevage, salissent notre honneur", prévient Stéphane Dahirel devant des éleveurs amenés, en deuxième partie d’après-midi, à découvrir au travers de stands, matériels, fournisseurs et services liés aux deux thèmes abordés.

 

- © Terra

"Soyez eau top"

"Le traitement de l’eau se réfléchit dès la conception du bâtiment et en cas d’évolution, il faut le repenser", insiste Angélique Travel de l’Itavi. "La qualité d’eau distribuée à la pipette, c’est une question centrale or elle passe souvent au second plan", regrette cette spécialiste du dossier sanitaire. Et d’insister sur ce levier d’action du ressort de l’éleveur. "Il y a des moyens pour le sécuriser. D’abord contrôler le pH de l’eau, s’il est trop élevé, les bactéries peuvent proliférer. Et pratiquer un traitement biocide par du chlore ou du peroxyde, dès le démarrage du lot", résume Angélique Travel, sans omettre les bonnes pratiques de gestion de l’eau que sont aussi le nettoyage et la désinfection du matériel… les solutions différent suivant les élevages et les éleveurs mais "l’eau, ça demande de l’attention", encourage-t-elle, "ce sont moins de problèmes de santé, moins de frais de véto, moins de charges… D’où la campagne de prévention en cours "Soyez eau top".

 

 

À la tribune de l’assemblée générale du Gaévol, Stéphane Dahirel président, Jérome Moy, Véronique Thomas et Jean-Philippe Grissault.
À la tribune de l’assemblée générale du Gaévol, Stéphane Dahirel président, Jérome Moy, Véronique Thomas et Jean-Philippe Grissault. - © Terra

Repères

Le groupement Gaevol est réparti dans 16 départements avec 434 éleveurs en France, dont 313 en Bretagne, pour un total de 935 579 m² de bâtiments.

En 2018 la production s'est élevée à 63,24 millions de poulets lourds, 16,86 millions de poulets tout venant, 3,16 millions de dindes, 1,4 de canards et 0,17 de pintades.

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