Terra 07 juin 2018 à 08h00 | Par Claire Le Clève

"La MSA, un atout pour les territoires"

Son supplément d’âme, sont ses élus et ses bénévoles. Vendredi, lors de son assemblée générale à Guer (56), la MSA des Portes de Bretagne a dit tout l’intérêt de ce régime à part où la proximité et le fonctionnement en réseau collent bien à la nouvelle gestion des territoires qui s’esquisse.

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Stéphane Cordobes, enseignant chercheur au conservatoire national des arts et métiers.
Stéphane Cordobes, enseignant chercheur au conservatoire national des arts et métiers. - © Terra

Quelques cartes auront suffit à Stéphane Cordobes, enseignant chercheur au conservatoire national des arts et métiers pour parler de la France et de l’avenir de sa gestion territoriale. "On est ancré dans une culture de territoire, on s’en soucie et on a du souci avec, c’est double", cadre-t-il. Or la dynamique de réorganisation est profonde, portée par un cadre législatif, dont la loi Notre, pour fusionner, communes, intercommunalités en EPCI (établissement public de coopération intercommunale) et 22 métropoles, et passer de 22 régions à 13... "Cette loi rend obligatoire des modes de coopération différents entre les collectivités, la Bretagne est bonne élève", remarque le directeur du bureau de la prospective au commissariat général à l’égalité des territoires. Nouvelle carte, celle des déséquilibres démographiques de la France avec l’apparition d’espaces centraux se vidant de leur population au profit de l’accélération du processus d’urbanisation "de moins en moins dans les villes. On assiste un étalement urbain dans les espaces ruraux", d’où l’accélération de la consommation foncière.

L'urgence d'atterrir

Et un enjeu, celui des déplacements : "le développement dépend d’une mobilité qui augmente avec des phénomènes d’engorgement et de croissance des déplacements", insiste-
t-il. Un territoire qu’il faut désormais envisager sous l’angle des flux. Ainsi en Bretagne , "65 % des actifs vivent dans une commune et travaillent ailleurs, ce phénomène est massif et joue un rôle considérable", appuie ce géographe qui invite à mieux penser les liens et les flux entre territoires. Sans oublier la carte de l’évolution de la température entre 2000 et 2050... "Rennes connaîtra le climat de la Rochelle nous disent les chercheurs du GIEC. Nous sommes entrés dans l’anthropocène, cette ère de processus de transformation de la planète par l’activité humaine irréversible. Notre responsabilité est considérable", appuie cet enseignant citant le sociologue Bruno Latour, "il va nous falloir atterrir" et mieux faire territoire. "Les dotations de l’État pour le développement des territoires sont derrière nous. L’avenir de l’aménagement n’est plus de penser verticalement mais horizontalement, avec de la coopération, de la mutualisation, des économies alternatives, de nouveaux modèles". Un changement de paradigme : "la réponse ne viendra que du local, dans notre vie quotidienne, dans notre manière d’agir ici et maintenant".

Aide au répit prolongée

"La MSA est le seul régime de sécurité sociale à disposer d’un réseau d’élus bénévoles", a rappelé Didier Le Pimpec, président de la structure pointant les 1 061 délégués, dont la fonction doit être revalorisée. Ces maillons essentiels du maintien de la proximité de la MSA apportent une dimension humaine supplémentaire". Une dimension sur laquelle a insisté le responsable notamment en ces périodes de crises agricoles qui précipitent les crises morales auxquelles sont exposés les exploitants et leur famille. Pour éviter l’épuisement professionnel, une aide au répit a été mise en place en 2017. Pour souffler un peu, près de 190 exploitants en ont bénéficié pour 200 000 euros. La MSA a décidé de reconduire cette aide en 2018 qui ne l’a pas été par l’État. S’appuyer sur les délégués pour détecter de manière précoce les situations de difficulté et prévenir les suicides, est également un axe fort avec la mise en place d’un réseau sentinelle avec les travailleurs sociaux, les partenaires et la formation de 24 délégués. Le financement de consultations avec des psychologues ont bénéficié à 400 personnes. La ligne téléphonique Agriécoute au 09 69 39 29 19, est également à disposition pour échanger avec un psychologue. Autre axe fort, l’accueil numérique renforcé pour éviter la fracture numérique, "avec des ordinateurs mis à disposition et une personne en côte à côte pour accompagner concrètement".

MSA en chiffres

233 447 personnes sont couvertes par la MSA des Portes de Bretagne :
- 109 305 dans le Morbihan dont 30 533 retraités exploitants, 8 091 chefs d’exploitation, 39 147 retraités salariés et 18 905 salariés actifs.
- 124 142 en Ille-et-Vilaine dont 36 398 retraités exploitants,10 186 chefs d’exploitations, 4 808 retraités salariés et 19 591 salariés actifs.

3 507 exploitants agricoles étaient employeurs de 11 786 salariés en exploitation en 2017.

922 millions de prestations ont été versées dont 69 % de retraites pour le Morbihan et 54 % en
Ille-et-Vilaine,11 millions d’action sanitaire et sociale.

465 millions d’euros de cotisations versées dont 88 millions des exploitants, 254 millions des employeurs et salariés, 122 millions de CSG salariés et exploitants.

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