Terra 09 mars 2017 à 08h00 | Par Françoise Louarn, présidente d'Afdi-Bretagne

La nécessaire révolution agricole africaine

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Françoise Louarn, présidente d'Afdi-Bretagne
Françoise Louarn, présidente d'Afdi-Bretagne - © Terra

Vous savez, ici, les mangues qui tombent par terre, ce sont les zébus qui les ramassent !". Cette réflexion, que me faisait ce paysan malgache, résume bien les difficultés que connaît le continent africain : manque de stockage, de réfrigération, de transformation, d’infrastructures et de structures dans ces pays aux sols agricoles souvent très riches. Ce sont des pertes énormes alors que la démographie explose !

Or, le premier besoin d’une population est de se nourrir ! Certains gouvernements africains promettent de consacrer 5 à 10 % de leur budget à l'agriculture, d'autres banques mondiales promettent des budgets opérationnels, sans qu’il soit toujours possible d’en voir les effets réels en faveur des habitants. Et pourtant... les populations africaines sont entrées à corps perdu dans la mutation technologique des réseaux sociaux qui est en train de bouleverser nos repères et nos certitudes mais où se tissent de nouvelles relations humaines, planétaires cette fois.

Des organisations paysannes de plus en plus importantes sont de plus en plus actives, des groupes de femmes s’affirment, en particulier dans la transformation des produits, une organisation de plus en plus nette des jeunes ruraux se battent pour un avenir meilleur dans leur pays d’origine.

Au delà des clichés, la réalité évolue ! Les paysans du Sud savent bien que pour se défendre face aux grandes firmes, pour défendre leur statut, exiger des infrastructures ou orienter des financements, ils doivent se regrouper, s’organiser en structures locales, régionales et nationales, comme nous avons pu le faire dès les années 50, en France et en Bretagne. Cela suppose beaucoup de courage mais aussi de la formation professionnelle et organisationnelle. C’est à ce niveau qu'Afdi (Agriculteurs français et développement international) apporte son aide.

Dans ce monde où le réflexe est de se replier sur ses difficultés, il est au contraire nécessaire d’élargir sa vision globale en connectant avec les paysans du Sud et de voir ceux-ci, non pas comme un business à exploiter ou un danger à venir, mais pour ce qu’ils sont : des paysans cherchant à vivre de leurs terres en nourrissant leurs concitoyens. Pour bien défendre, là où nous sommes, l’agriculture et ses producteurs, il faut la défendre partout dans le monde.

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