Terra 02 juillet 2014 à 08h00 | Par Claire Le Clève

La Normande à l'aise au robot

Sa docilité en fait un des atouts majeurs pour l'adaptation de la Normande au robot de traite. Et le travail de l'éleveur s'en trouve allégé. C'est tout le message véhiculé à l'occasion de l'assemblée générale du Syndicat de la race, jeudi dernier à Arzal.

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Les Normandes de Dominique Morin et Blandine se sont adaptées au Robot
Les Normandes de Dominique Morin et Blandine se sont adaptées au Robot - © Claire Le Clève

 

 

"Un mois après l'installation du robot, on se disait qu'est-ce qu'on a fait. Un an après on se dit, on aurait du le faire plus tôt". Chez Blandine et Dominique Morin, à Arzal, il n'y a pas l'once d'un regret d'avoir fait passer les 59 Normandes sous la houlette de la traite au robot, rouge dans cette étable. "J'ai réappris à connaître mes vaches, on les suit mieux", reconnaît monsieur, lassé, tout comme madame d'avoir, jusqu'à l'an passé, eu à sacrifier 2h30 le matin et presque autant le soir à la traite ... Du temps, et des gestes dans une salle de traite obsolète.

 

Docile, peu d'échecs

Depuis le 7 juillet 2013, les choses ont changé avec l'installation du robot d'occasion. Bien sûr, il y a eu quelques nuits blanches, "si peu, juste la première semaine, les vaches ont vite pris le pli". Côté qualité ? "Un peu plus de cellules mais nous en avions avant, depuis, cela s'est régulé". Mais il y a le temps gagné. "C'est du temps pour la surveillance. Blandine a plus de temps pour les petits veaux . A 9h30, tout tourne", apprécient-ils tout comme de pouvoir surveiller les choses depuis le terminal informatique installé aussi à la maison. Et autre belle surprise, la production est au rendez-vous avec 2,3 traites quotidiennes pour les vaches "qui valorisent mieux la ration" , et jusqu'à 2,7 chez les génisses "qui expriment mieux leur potentiel laitier". Des 390 000 litres de référence produits à la campagne précédente, "on est passé à 430 000 l. On peut faire du lait en Normande. On pourrait faire les 500 000. Mais ce n'est pas l'objectif. Nous c'est moins de boulot qu'on voulait et l'objectif est atteint", recadre ce couple de quinqua qui n'a, pour autant, pas renoncé au pâturage de leur troupeau, parcellaire groupé oblige.

 

Pâturage conservé

"Avant je fermais le silo de maïs de mi avril à la fin juin. Aujourd'hui, il reste ouvert toute l'année. Les vaches accèdent à 30 ha de prairies, font jusqu'à 800 m pour y parvenir, avec de bon aplombs", commente Dominique Morin devant les membres du Syndicat Normande 56 venus en nombre découvrir cette facette de la race. Et les vaches continuent à pâturer. 6 ha sont aussi consacrés aux paddocks de nuit. En hiver, "ce sont 2,6 traites par jour, au printemps 2,2. Si le robot reste l'après midi sans tourner. Ce n'est pas un problème", appuie t-il en soulignant, "le pâturage avec le robot c'est possible mais il faut avoir le parcellaire pour".

 

Et moins de travail

"Le robot ça marche sur cette race docile, de grand gabarit, on ne communique pas assez la dessus", justifie Yvonnick Dando, président du syndicat, qui s'est appliqué à organiser cette journée dans deux élevages différents, dont l'après midi à l'EARL du Vertin à Marzan. Des raisons suffisantes pour motiver le choix du thème central de cette assemblée. Mieux encore, "le nombre d'échecs, est deux fois moindre en Normande que pour d’autres races dont les rayons se croisent plus", et ce n'est pas sans incidence sur le travail de l'éleveur. "Ce sont deux fois moins d'animaux à aller chercher pour les traire", dit-il en enfonçant le clou. "En terme de marge brute, c'est la normande qui est Numéro 1, alors du moment qu'on gagne bien notre vie et qu'on a moins de travail.". Du tout gagnant.

 

 

Une normande à l'aide au robot
Une normande à l'aide au robot - © Claire Le Clève

En chiffres

 

Sur la ferme de Trévue à Arzal, les 59 laitières et leur suite produisaient 390 000 l de lait avant l'arrivée du robot en juillet 2013 pour lequel le couple a investi 120 000 euros au total. Depuis lors 430 000 l ont été produits sur 89 ha de SAU avec une ration journalière par vache de 2 kg d’enrubannage, 1 kg de correcteur, 7 kg d'ensilage et 12 kg de maïs, (soit 105 g de concentrés/100 kg de lait). Cellules 240. Moyenne d'étable 7300 kg/8 000. Vaches traites en moyenne 2,3 fois/jour pour un taux de refus de 1,2. TB : 44, TP 34,4. Prix payé 383 euros/1 000 l.

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