Terra 03 novembre 2016 à 08h00 | Par Propos recueillis par Hélène Bonneau

Photovoltaïque : la production la mieux rémunérée à l'heure !

Alors que la production d'énergie photovoltaïque baisse en Bretagne mais que les besoins de la région en matière d'énergies renouvelables restent importants, Pascal Chaussec livre son analyse sur l'intérêt pour les agriculteurs d'installer des panneaux, la volonté politique d'encourager les énergies renouvelables et les questions légales qui restent encore en suspens.

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Pascal Chaussec, président de l'Apepha - Association des producteurs d’électricité photovoltaïque professionnels
Pascal Chaussec, président de l'Apepha - Association des producteurs d’électricité photovoltaïque professionnels - © Terra

Quel constat faites-vous de la production d'énergie solaire sur le territoire breton ?

Pascal Chaussec. Nous sommes clairement entre deux eaux. Si aujourd'hui, la rentabilité est faible pour les producteurs, elle n'est pas inexistante et surtout c'est la production la mieux rémunérée à l'heure ! Nous constatons que le photovoltaïque est de moins en moins implanté au nord de la Loire. Nous militons pour raisonner "territoire" en répartissant les différents types d'énergies renouvelables sur une région. C'est dans l'intérêt de l'équilibre du réseau électrique. En effet, si tous les systèmes solaires sont dans le sud, les jours d'ensolleillement seront ingérables et si l'éolien est concentré au nord, les jours de grand vent auront le même effet. Confronté actuellement à cette problématique, les Allemands sont dans l'obligation "d'évacuer" de l'énergie auprès de leurs voisins dès que le soleil apparaît avec intensité pour soulager le réseau.

Les solutions de stockage de l'énergie se développent, avec quelle perspective pour les agriculteurs producteurs d'énergie ?

P.C. Le stockage est l'unique moyen de poursuivre le développement de ces énergies renouvelables. Les coûts de ces solutions sont en baisse constante comme les batteries dont le coût a été divisé par deux en trois ans. Celles-ci sont considérées comme du dpannage puisqu'elles ne peuvent stocker l'énergie à long terme. L'autre solution qui suscite beaucoup d'espoir est la transformation de l'énergie en hydrogène, utilisé comme carburant (des prototypes de tracteurs fonctionnant à l'hydrogène sont d'ailleurs en place en Italie). L'ensemble de ces techniques doivent être mises en place de manière cohérente et en concertation avec les gestionnaires du réseau. Si les agriculteurs sont en capacité de s'effacer du réseau pendant les périodes d'intensité pour être réintégrés aux périodes creuses de production, il devra y avoir une rémunération.

Certains décrets sont très attendus pour clarifier les installations. Que conseillez-vous à un agriculteur qui souhaite développer cette activité ?

P.C. Il est prudent d'attendre que les textes soient bien interprétés et vérifiés, pour le moment il y a trop de flou. Au moment de l'installation, je conseille vivement à l'agriculteur de ne pas s'isoler, et de ne pas faire confiance aveuglément aux commerciaux et être vigilant sur l'installation auprès des centrales solaires. Malgré tout, le virage des énergies renouvelables doit être pris par les agriculteurs avant que le modèle économique soit en place, sinon ce sera trop tard, d'autres auront pris notre place.

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