Terra 24 janvier 2018 à 01h00 | Par Emmanuelle Le Corre

La profession attend le passage à l'acte

Les réunions d'hiver de la chambre d'agriculture ont informé les agriculteurs des dernières actualités. Elles ont projeté les prochaines échéances, celles des Etats généraux de l'alimentation dont dépendent des enjeux primordiaux.

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Le plan de filière porc, proposé par Inaporc, prévoit de segmenter la production (bien-être, environnement, qualité viande...) et de renforcer les filières sous signe officiel de qualité (bio, label rouge, IGP).
Le plan de filière porc, proposé par Inaporc, prévoit de segmenter la production (bien-être, environnement, qualité viande...) et de renforcer les filières sous signe officiel de qualité (bio, label rouge, IGP). - © terra

Plus de jeunes à s'installer, plus de revenu pour les agriculteurs, plus de compétitivité, plus d'investissements... Comment retenir la valeur dans les exploitations pour permettre à l'agriculture de se renforcer ? Les réunions d'hiver de la chambre d'agriculture - temps fort d'informations - ont éclairé les participants sur les futures échéances des Etats généraux de l'alimentation. Clôturés le 21 décembre 2017 par le premier ministre, "la balle est aujourd'hui dans le camp du gouvernement", avec un projet de loi qui devrait être présenté en conseil des ministres à la fin du mois. "L'Etat pourrait prendre des ordonnances pour mettre en place ses mesures autour du second semestre", résume Joëlle Salaün, responsable du service économique de la chambre d'agriculture. Construction du prix à partir du coût de production, meilleure organisation des agriculteurs, nouvelles pratiques commerciales plus encadrées, nouveau plan bio... l'Etat s'est engagé à agir mais que sortira-t-il du chapeau ?

Entre crainte et espoir
"Seul le résultat comptera". "On attend que le match finisse". Du côté des professionnels et des agriculteurs, on est dans l'expectative de décisions qui marqueront un tournant. Si la prise de conscience du gouvernement égale un niveau jamais atteint, le monde agricole attend désespérément des actes. "A Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement a pris une décision. On verra si l'outil à disposition des agriculteurs sera à la hauteur. Cela fait 30 ou 40 ans que l'on nous confisque la valeur ajoutée. La grande distribution est très puissante en France", souligne Jean-Jacques René, élu de la chambre d'agriculture.
La crainte serait que les pratiques de la grande distribution et des industriels perdurent, que la grande distribution tire une fois encore son épingle du jeu. Pour certains, la segmentation est une façon de ne pas laisser la grande distribution dicter ses quatre volontés. "Au lieu de parler de "montée en gamme", parlons de plusieurs marchés, de rémunération, pour ne pas que la grande distribution nous dicte ses prix, ses volontés et ses volumes", remarque Danielle Even, présidente de la chambre d'agriculture. La chambre d'agriculture s'est engagée avec des partenaires dans la valorisation des bonnes pratiques avec le "lait de pâturage". Pour d'autres, la segmentation divise les éleveurs, voire serait dangereuse, "car elle coûtera plus chère aux industriels du lait, par exemple. Mais l'éleveur pourra-t-il récupérer la valeur ?", remarque Hervé Moël, ancien président de la section laitière FDSEA.
Mais les lois prévues par l'Etat ne feront pas tout. Les interprofessions devront mettre de l'huile dans les rouages pour parvenir à orchestrer la mise en oeuvre des plans de filière annoncés. Pour certains observateurs, la mission s'annonce complexe, chacun étant habitués à tirer le meilleur pour sa partie. "Il faut que les interprofessions fonctionnent", insiste Danielle Even. La réponse courant 2018...

En actu
Verdissement et conditionnalité de la Pac
Attention, à noter la fin de l'aide aux mélanges légumineuses-graminées
Plan Climat en 2018 et les EPCI
Les intercommunalités de 20 000 à 50 000 habitants sont tenues de réaliser un plan Climat pour fin 2018 dans le cadre de la loi de transition énergétique. "Participez aux réunions, l'agriculture a des propositions à faire car elle peut stocker du carbone", encourage Jean-Jacques René. Un travail régional est en cours avec pour idée de créer une association qui facture des services environnementaux, avec un retour aux agriculteurs. "Nous travaillons sur la thématique pour ne plus être dans l'action punitive", remarque Danielle Even.

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