Terra 16 janvier 2019 à 14h00 | Par Claire Le Clève

La Région actionnaire de d’aucy

La Région Bretagne a officialisé, le 10 janvier dernier, son entrée au capital du groupe d’aucy holding (GDH). Une prise de participation de 5 millions d’euros. Sa deuxième démarche d’actionnariat après celle réalisée en juillet dernier auprès de Yerbreizh, filière amont de l’ex-Doux.

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Guidé par Fabien Chenel, directeur industriel, visite de l’usine d’ovoproduits PEP par Loïg Chesnais-Girard avant de ratifier avec Serge Le Bartz, président du groupe d’aucy holding, l’entrée de la Région au capital de d’aucy.
Guidé par Fabien Chenel, directeur industriel, visite de l’usine d’ovoproduits PEP par Loïg Chesnais-Girard avant de ratifier avec Serge Le Bartz, président du groupe d’aucy holding, l’entrée de la Région au capital de d’aucy. - © Terra

"Nous réaffirmons là notre confiance dans cette coopérative ancrée dans son territoire et de son économie. La Région doit être un acteur majeur de l’économie. On veut se donner la capacité d’agir quand nécessaire, accompagner la croissance durable et la mutation des exploitations tout en gardant en Bretagne nos centres de décision". Une vaste ambition réaffirmée par le président de Région, Loïg Chesnais-Girard en ratifiant, jeudi dernier, l’entrée au capital de la holding. Une transformation de l’avance sur remboursement consentie il y a deux ans, en prise de participation, ce 10 janvier. Un signe fort pour Serge Le Bartz, président de la coopérative, en pleines fiançailles avec Triskalia. "Cet engagement dépasse largement le simple cadre financier. Cette confiance renouvelée de la Région symbolise l’union des forces vives bretonnes autour du développement de filières agricoles et agro-alimentaires créatrices de valeurs", a-t-il estimé.

 

Période offensive

Après une période difficile "et défensive", avec une lourde restructuration à la clé, l’ex Cecab rebaptisée désormais groupe d’aucy holding affiche une santé retrouvée. "Nous sommes heureux de l’accompagner aussi dans cette période offensive", a souligné Loïg Chesnais-Girard. La période est donc plus faste. "Nous avons réduit de 30 % notre endettement, nous disposons d’un refinancement pour accélérer notre stratégie de développement", souligne le directeur général Alain Perrin. Cette ouverture de capital, faite également aux adhérents et salariés, a permis de récolter au total "20 millions d’euros, ils viennent renforcer nos fonds propres, presque 200 millions d’euros, de quoi améliorer les effets leviers et optimiser le développement de nouveaux projets", détaille le directeur du groupe. De quoi envisager sous les meilleurs auspices le mariage avec Triskalia "et accélérer l’union et la fusion au bénéfice des adhérents et salariés", appuie le DG, dans l’attente de l’avis de la haute autorité qui devrait être rendue dans les prochaines semaines pour une réunion des équipes en juillet et une fusion effective l’an prochain.

 

Accompagner les mutations

De quoi envisager également la concrétisation des ambitions affichées pour l’usine d’ovoproduits PEP et sa marque Cocotine, basée à Ploërmel (56), qui voit sortir sur son site la nouvelle casserie d’œufs pour l’alimenter. Il en coûtera 18 millions d’euros d’investissement à GDH pour rapatrier et moderniser sur 7 700 m² la future casserie qui, livrée en mars, devrait être opérationnelle en fin d’été prochain. Fini le transfert de matière sur les 5 kilomètres séparant les deux sites qui traitent 22 000 tonnes par an. Là aussi, un objectif clair pour le groupe, sortir de la cage en 2025. "Nous seront prêts, à 100 %, pour prendre en compte les attentes de la société", affirme Serge Le Bartz sur les orientations du groupe et "pour répondre à la démarche de progrès dans laquelle nous nous engageons. Nous allons intensifier notre production d’œufs alternatifs, plein air, label et bio". Pour accompagner ces mutations attendues, la coopérative met la main à la poche sur la base de prix garantis offrant une sécurité plus grande pour les producteurs finançant la transformation de leurs élevages. Autre coup de pouce, celui apporté pour la modernisation des bâtiments depuis 2015 via le PCAEA géré par les régions avec les crédits du Feader. Des aides de 50 000 euros, déplafonnées depuis la fin de l’année pour la construction de tout bâtiment avicole neuf. "Pour muter, répondre aux enjeux, et permettre à la production de suivre", estime les représentants de la Région.

 

 

- © Terra

Cocotine en chiffres

Leader des produits élaborés à partir d’œufs frais, voire extra frais, avec 40 % du marché, l’unité de production PEP de Ploërmel est plus connue sous sa marque Cocotine.

22 000 tonnes d’ovoproduits y sont traitées par an à partir de 9 millions d’œufs cassés par semaine pour y produire des jaunes, des blancs, des œufs en neige, des omelettes pour la restauration hors domicile avec 180 salariés et 60 à la casserie. Les œufs proviennent de 120 éleveurs adhérents.

Rappelons que d’aucy, ce sont 9 000 coopérateurs agriculteurs, 4 200 salariés sur 28 sites de production et 102 magasins ou dépôts. Le groupe brasse un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros, dont 17 % à l'export.

 

 

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