Terra 19 juin 2014 à 08h00 | Par Thierry Coué Président de la FRSEA

La régionalisation, levier pour une économie dynamique ?

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Les activités économiques et agricoles seront-elles bénéficiaires de la future organisation et de la nouvelle répartition des compétences ? Alors que les agriculteurs bretons sont dans une situation de concurrence avec des producteurs non seulement européens, mais aussi du monde entier, l’intérêt de la régionalisation se pose.

Cette réforme doit être une opportunité pour redonner des objectifs, des perspectives à une Bretagne qui a perdu son esprit de conquête. L’économie bretonne dépend en grande partie de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Rappelons que l’agriculture bretonne représente à elle seule 5,2 % de l’emploi régional, à savoir 70 000 emplois temps plein. Et que l’agroalimentaire fournit 39 % de l’emploi industriel en Bretagne, c’est-à-dire 57 000 emplois. N’oublions pas que, sur la très grande majorité des territoires bretons, l’agriculture et l’agroalimentaire sont le socle pour l’implantation de nombreuses autres activités économiques (transport, services, fournitures, artisanat, distribution…). Dès lors, par le biais de ses nouvelles missions, la Région a le devoir de soutenir la préservation du poids économique et social de cette activité. Pour cela, il faut la positionner au mieux pour répondre aux besoins multiples des consommateurs et donc aux différents marchés. La reconquête des marchés nationaux et européens est un enjeu incontournable pour la Bretagne. La conquête de nouveaux marchés internationaux est une opportunité à ne pas négliger. Le rôle de la Région est donc bien d’offrir les bons leviers face à ce défi : aides à la modernisation des exploitations et des entreprises, organisation des filières, recherche et développement, innovation, etc.

Certes, le contexte économique fragilise notre économie. Pourtant, nous sommes persuadés que le déploiement des bons outils permettra de donner le coup de pouce nécessaire aux entrepreneurs agricoles et agroalimentaires, pour relancer des projets, créer de la valeur ajoutée et conquérir ou reconquérir des marchés.

Cet objectif commun ne doit toutefois pas être découragé par la complexité administrative et les distorsions de concurrence subies par les producteurs et les entreprises. Ainsi, la régionalisation doit également permettre la simplification administrative : il doit être mis fin aux doublons, aux compétences partagées, saucissonnées entre des échelons qui ont du mal à travailler ensemble. Ce qui devrait avoir un autre effet positif, à savoir des économies budgétaires. Nous espérons que le "choc de simplification" voulu par le Gouvernement et tant attendu par les acteurs économiques, s’en trouvera boosté.

En un mot, la réforme territoriale ne doit pas être politique, mais
économique !

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