Terra 30 octobre 2014 à 08h00 | Par Jean Dubé

La restauration hors foyer s'approvisionne hors de France

Parler du "produire en France" c’est bien, l’acheter c’est mieux ! La restauration hors foyer représente désormais 12 repas par mois et par Français. Elle pèse aussi 6,2 milliards de repas. C'est donc un enjeu considérable pour les producteurs français. La FNSEA et les JA ont fait le choix de prendre à témoin les élus et les responsables qui gèrent au quotidien la restauration hors domicile ou hors foyer, lors d'une journée d'action le 5 novembre.

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La RHF réalise un chiffre d'affaires annuel de 50 milliards d'euros.
La RHF réalise un chiffre d'affaires annuel de 50 milliards d'euros. - © Terra

La restauration hors foyer dite commerciale réalise un chiffre d'affaires annuel de plus de 50 milliards d'euros. Personne ne peut ignorer ce chiffre et le fait que les choix des acheteurs auront nécessairement des répercussions sur l'agriculture française. Les règles des marchés publics sont contraignantes, mais ne justifient pas tous les dérapages, ni le fait que les trois quarts des commandes publiques pour les cantines soient aujourd'hui constituées de produits importés. Il existe des solutions dans le cadre juridique actuel pour faciliter un approvisionnement en produits français, pour peu qu’on veuille s’en donner la peine... Qui sait qu’au moment où les producteurs français peinent à trouver des débouchés, on continue d’importer massivement sans tenir compte de la qualité des produits, ni des conditions de productions très différentes, en particulier sur le bien-être animal ou l’environnement ?

Pendant deux mois, la FNSEA et Jeunes agriculteurs vont faire des contrôles "pédagogiques" sur la réalité de la situation dans les cantines dépendant du domaine public. Les grands opérateurs privés de restauration collective seront sensibilisés également, pour une prise de conscience générale sur le sujet. En mettant en avant l'ambition d’un patriotisme alimentaire concerté, juste et gagnant-gagnant à l’instar de ce qui se fait aux États-Unis ou ailleurs, les FDSEA de Bretagne emboîtent le pas des autres départements et joignent la revendication à la persuasion.

Les revendications bretonnes

Les 4 départements bretons ont validé 8 points communs de revendication. Ils demandent que :

- deux plats sur trois soient d’origine française dans la restauration hors foyer, et que les acteurs de la restauration respectent l’étiquetage et la promotion de l’origine France.

- l’Union européenne assure la réparation économique des conséquences de l’embargo, et sur d’autres fonds que ceux de la PAC.

- la disposition législative prévoyant l’écotaxe et le péage de transit soit définitivement supprimée, ainsi que toute hausse de taxes : énergie, phytosanitaires, eau.

- le compte pénibilité à l’agriculture soit abandonné.


Au delà des revendications liées à l'actualité, l'ensemble des départements français reprend les demandes d'allègement des normes et des charges qui pèsent sur le travail (maintien de l’exonération de charges sociales sur les saisonniers, baisse du coût du travail...). et la demande de versement anticipé des aides PAC au 16 octobre pour tous les bénéficiaires.
Face au risque de blocage des dossiers installation à partir du 1er janvier 2015, ils demandent le maintien des engagements budgétaires du dispositif d’accompagnement à l’installation. Enfin la simplification administrative, la baisse de la pression de tous les contrôles sont au centre des demandes, avec notamment la demande d'une année blanche, en 2015, sur les contrôles verdissement/PAC, et l'arrêt des contraintes dans les bassins versants dits "en contentieux".

Les actions prévues

Les actions devraient encore être affinées d'ici au 5 novembre. La FDSEA des Côtes d'Armor prévoyait d’allumer le feu dans les campagnes dès le soir du 30 octobre, sur une dizaine de lieux du département. Le 5 novembre, des cortèges se mobiliseront de différents points du département. En Finistère, une conférence de presse rassemblera la FDSEA/JA et l’asso- ciation des maires du Finistère sur la restauration collective. Même action dans le Morbihan où sera aussi organisée une mobilisation conviviale autour du "manger français". Enfin, en Ille-et-Vilaine, signature par des parents d’élèves à la sortie des écoles primaires de la pétition "Exigeons deux repas sur trois d’origine française dans nos cantines" et distribution de tracts et d’autocollants destinés aux enfants.

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