Terra 04 octobre 2018 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

La terre est notre métier poursuit son développement, à l'image de la bio

Le salon La terre est notre métier, organisé par le réseau Fnab (Fédération nationale des agriculteurs biologiques), s'est tenu les 25 et 26 septembre à Retiers (35). L'agriculture bio poursuit son développement, comme en attestent les 8 000 visiteurs sur deux jours d'un salon qui se veut de plus en plus professionnel, et qui draine de nouveaux acteurs.

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Le pôle démonstration occupait 6 hectares. On y découvrait des outils "basiques" de désherbage mécanique comme les dernières nouveautés robotisées.
Le pôle démonstration occupait 6 hectares. On y découvrait des outils "basiques" de désherbage mécanique comme les dernières nouveautés robotisées. - © Terra

Poussée par un fort développement, l'agriculture bio change d'échelle. Forcément, ses acteurs doivent faire face à de nouveaux défis. "Notre objectif est de coller à la réalité de l'agriculture bio, de son développement, et aux attentes de la société", déclarait Patrick Guillerme, président de la Frab et éleveur laitier à Theix, lors de la visite du salon avec les officiels. D'ailleurs, Olivier Allain, vice-président du conseil régional, a souligné que "l'agriculture bio a besoin d'un salon comme celui-ci, qui présente de nombreuses techniques et démonstrations. Notre région a tout à gagner dans le développement de la bio, y compris en termes d'équilibre des territoires".

Le pôle technique et démonstration est passé de 4,5 hectares à 6 hectares. "Le but est de montrer aussi bien des outils basiques de désherbage mécanique en action, que les dernières nouveautés en termes de robotique", explique Gaëtan Johan, responsable du pôle. Par exemple, les visiteurs ont pu découvrir le robot de désherbage mécanique Oz. Ces démonstrations ont été accompagnées de nombreuses vitrines variétales. "On travaille notamment sur des couverts végétaux, des mélanges prairiaux et la mise en place d’un espace de betteraves plantées en mini-mottes", détaille Gaëtan Johan.

 

Des nouveautés...

Deux nouveautés sont venues s’ajouter au programme cette année. D’abord un pôle "sol" qui permettait de découvrir le fonctionnement, la richesse et la diversité des sols. Des mini-conférences, des ateliers, une fosse pédologique et des expositions complétaient le dispositif pour décortiquer le fonctionnement du sol et donner des pistes de travail pour le préserver.

Enfin, des rendez-vous d’affaires ont enrichi le programme. Organisé en partenariat avec le Synabio, ces rendez-vous courts visaient à mettre en relation des agriculteurs (individuels ou en groupements) et entreprises (transformateurs et distributeurs) sur le salon.

Abattage à la ferme, relocaliser durablement ses approvisionnements, réussir sa transmission, PAC... Plus d'une trentaine de conférences étaient organisées sur des sujets techniques mais aussi de structuration des filières ou davantage politique.

 

... et de nouveaux acteurs

Avec ce changement d'échelle, la bio voit arriver de nouveaux acteurs. À l'image de Blédina, qui participait à une conférence sur l'approvisionnement local. Un acteur industriel majeur qui fait de l'alimentation infantile depuis 120 ans... et du bio depuis 9 mois. "On s'est vite aperçu que pour les volumes nécessaires en industrie, on avait un problème et c'est pour ça que l'on a besoin de créer des partenariats", explique ainsi Pierre-Antoine Morel, responsable des achats bio chez Blédina. "Oui, on a besoin de créer du dialogue entre les différents échelons de la filière, pour avoir du développement mais garder aussi une cohérence et une diversité de production et de territoires", confirme Stéphanie Pageot, ancienne présidente de la Fnab.

Chez d'autres acteurs, comme Picard, le projet bio et local est arrivé par la clé d'entrée environnementale. "On s'est aperçu que l'amont pesait assez lourd dans l'empreinte carbone et on a donc souhaité réduire les transports, et retrouver le lien avec le producteur", ajoute Arnaud Brulaire. Pour un acteur historique comme Biocoop, le changement d'échelle s'est traduit d'abord par la création d'une coopérative et les réflexions actuelles portent sur les limites de la spécialisation régionale.

Comme tout marché qui se développe, la bio fait aujourd'hui de nombreux envieux, à commencer par la grande distribution. La question des prix devient alors inévitable et comme le souligne Guillaume Riou, polyculteur-éleveur à Marigny (79) et président de la Fnab : "En termes d'augmentation des surfaces, le défi est immense mais la question est aussi de savoir comment pouvoir éviter la déflation avec un développement de la production important ? "

 

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