Terra 29 avril 2016 à 08h00 | Par Chantal Pape

La traction animale, une aide précieuse en maraîchage

Maraîchers bio à Ploudaniel, Stéphane Blons et Janick Juglaret travaillent avec des chevaux depuis huit ans. La semaine dernière, ils ont ouvert les portes de leur exploitation et fait la preuve de l'intérêt de la traction animale dans leur système de production.

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Si Adlamm a besoin de deux personnes pour travailler, l'une à l'outil l'autre aux rênes, c'est qu'elle est encore jeune. À terme, elle pourra se guider seule, en suivant le rang précédent. © Terra Si la herse étrille prépare le lit de semence sur ces buttes, elle pourra aussi détruire les mauvaises herbes plus tard en saison. © Terra

"La traction animale ? On y est venus un peu par hasard". Maraîchers bio à Ploudaniel (29), Stéphane Blons et Janick Juglaret travaillent avec des chevaux depuis huit ans. Mais c'est à la demande de leur fille, passionnée d'équitation, que le premier est arrivé sur l'exploitation. "Elle voulait un cheval, nous avons acheté une jument de trait". Montée, la jument sera aussi attelée. Et le virus est pris...

Au quotidien

Disposant d'une surface de 17 ha, les agriculteurs cultivent tous les ans 2 ha en plein champ et 2 000 m² sous abris. Ils vendent des légumes et des petits fruits, en frais ou transformés en jus de fruits, confiture, gelée, sirop... sur les marchés et dans les Biocoop. Et, dans le travail quotidien, leurs cinq chevaux sont d'une aide précieuse. "Pour les gros travaux, labourer ou presser le foin, j'utilise un tracteur. Et les chevaux me servent pour biner, herser, andainer, faner...".
Après avoir acheté des chevaux déjà débourrés, Stéphane Blons a décidé de les faire naître sur la ferme et de les dresser lui-même. Un travail qui lui demande du temps et de la patience, mais qui ne lui a pas causé de difficulté majeure. "Il faut les faire travailler souvent mais sur des temps assez courts, pour ne pas les dégoûter".

Un porte-outils astucieux

S'il a pu récupérer de vieux outils, il a aussi investi dans du matériel moderne, acheté en Haute-Savoie. "Il s'agit d'un porte-outils, attelé comme une carriole à cheval, sur lequel on va fixer un buttoir, une herse étrille, un vibroculteur...". Avec un avantage de taille ! "En bout de rang, l'outil se lève et on n'a plus besoin de s'en occuper le temps que le cheval tourne, ce qui n'est pas le cas avec les vieux outils". Un avantage qui a un coût, le porte-outil et ses accessoires valant aux alentours de 4 000 €. "Mais je peux aussi m'en servir sous serre : ma vieille jument, peu craintive, y rentre sans souci".

De nombreux avantages

Pour Stéphane Blons, les avantages de la traction animale sont nombreux. "Financier d'abord, indique l'agriculteur, qui n'a plus sur son exploitation qu'un vieux tracteur. J'ai diminué de moitié ma consommation de gazoil". Agronomique aussi. "Je peux intervenir plus tôt, quand le terrain est encore un peu humide. Et désherber au bon moment, par exemple". Pour leur alimentation quotidienne, les chevaux disposent de prairies, qui vont entrer dans la rotation. Et le fumier produit durant l'hiver profitera aux cultures. "Il me sert aussi pour des semis en couches chaudes".

Démonstrations

Le 20 avril dernier, à la demande du Civam, le maraîcher a organisé des démonstrations, à destination de jeunes en phase d'installation ou d'agriculteurs désireux de passer à la traction animale. "Je suis venue me renseigner, indique cette jeune femme qui voudrait s'installer en production porcine plein air. Le cheval transporterait mes seaux d'aliment tous les jours. Le tracteur fera trop d'ornières en hiver". Et ses dernières inquiétudes - que faire du cheval pendant la distribution - sont vite balayées. "Au début, il suffit de l'attacher à un arbre. Après, il connaîtra son travail et attendra sans bouger", indique Stéphane Blons.

Fiches et vidéo pour se faire une iéÈe

La FRCivam Bretagne planche sur la traction animale depuis 2013. Une première étude a dressé un état des lieux : en agriculture, la traction animale est utilisée en maraîchage, débardage et prestation de services, avec ânes et chevaux. Pour répondre aux besoins d'information de ces agriculteurs, le travail s'est poursuivi par la création d'un répertoire et de vidéos réalisées chez six utilisateurs de la traction animale. Des fiches expériences ont également été rédigées. Alternant aspects techniques et témoignages d'utilisateurs, elles servent de base de réflexion aux agriculteurs qui souhaitent se lancer à leur tour. Et, du 16 au 30 avril, des démonstrations ont été organisées dans le cadre de la Quinzaine de la traction animale en Bretagne, pour permettre aux professionnels et au grand public de se rendre compte concrètement de la façon dont le travail avec l'animal peut s'insérer dans l'activité agricole.

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