Terra 24 juin 2016 à 08h00 | Par Chantal Pape

La valeur ajoutée de l'agriculture, ce sont les hommes et leurs compétences

Céréalier et apiculteur dans l'Eure depuis 2009, Julien Marre, 29 ans, est membre du bureau de JA national et siège au Conseil économique et social européen. Mais c'est en tant que président de Service remplacement France qu'il est intervenu à l'assemblée générale de Finistère remplacement, le 17 juin dernier.

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Julien Marre, président de Service remplacement France
Julien Marre, président de Service remplacement France - © Terra

Vous avez été élu président de Service remplacement France il y a deux ans. Quels sont les objectifs de la nouvelle équipe ?

Julien Marre. Nous voulons mettre sur pied une politique de communication efficace, afin de mieux faire connaître nos services. Il y a encore énormément de travail à faire auprès des agriculteurs qui n'ont pas cette culture du remplacement. Nous allons notamment cibler les jeunes, qui viennent tout juste de s'installer et qui consacrent toute leur énergie à mettre leur projet sur pied, sans forcément penser au remplacement. Il est vrai que les conditions de vie ne sont pas abordées pendant la formation et il y a encore un gros travail pédagogique à faire. Agriculteur est un métier comme un autre. Et nous avons, nous aussi, le droit de prendre du temps pour lever la tête du guidon. Un chef d'entreprise efficace sait aller voir ailleurs, prendre du recul.

Des idées sans doute plus faciles à faire passer quand la conjoncture est bonne...

J.M. Certes, il est plus facile d'investir dans l'humain quand tout va bien ! Mais il ne faut pas oublier qu'il y a des aides pour se faire remplacer. En cas de congé maternité ou paternité, bien sûr, mais aussi pour suivre des formations. Et le crédit d'impôt, accordé jusqu'à 14 jours de congés, est sous-utilisé. L'assurance de groupe, proposée grâce à notre partenariat avec Groupama, permet aussi une meilleure prise en charge du remplacement en cas de maladie, accident ou décès. Il ne faut pas oublier qu'une exploitation peut se retrouver mise à mal si aucune solution n'a été prévue. Et que la valeur ajoutée de l'agriculture, ce sont ses hommes et leurs compétences

Concrètement, comment faire pour développer le remplacement ?

J.M. Nous voulons apporter le meilleur service pour que le remplacement se passe bien. Ça passe aussi par des formations proposées aux agriculteurs, pas forcément habitués à manager un salarié : des serious games sont ainsi l'occasion de faire passer des messages autrement, notamment sur le passage de consignes... Les salariés, eux, peuvent bénéficier d'une plateforme de formation à distance pour bien démarrer le remplacement et monter en compétences. Et nous proposons un CQP, un certificat de qualification professionnelle agent de service de remplacement, accessible par le biais de la VAE, la validation des acquis de l'expérience ou la formation. Il répond aux attentes des salariés, désireux de reconnaissance de leurs compétences, des services de remplacement soucieux de professionnaliser et fidéliser leurs agents, et des utilisateurs de nos services, en attente d'une prestation de qualité.

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