Terra 24 avril 2014 à 08h00 | Par Hélène Bonneau

Lait bio : un marché à prendre ?

Un colloque centré sur les perspectives d'avenir du lait biologique en Bretagne était organisé le 17 avril à Ploufragan (22) par la Frab, la Fédération régionale des agriculteurs bio. Entres chiffres clés, témoignages d’éleveurs et perspectives de marché, la journée devait permettre aux "producteurs de la région qui se posent des questions sur la production biologique d’obtenir une première réponse", explique Guillaume Michel, animateur élevage ruminant au Gab 22.

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Avec une évolution de 7 % entre 2011 et 2012, la Bretagne est la deuxième région française en nombre de vaches laitières bio (23 200 vaches). La région prend également la seconde position en volume malgré un ralentissement du nombre de conversions depuis 2012. Une situation qui inquiète quelques peu les acteurs de la filière biologique au vu de la demande croissante des consommateurs de produits estampillés AB. "Nous allons manquer de lait biologique dans les années à venir", prédit Ivan Sachet de la Frab. A noter par exemple l’évolution des ventes de lait biologique en GMS avec une progression de 3 % des volumes entre 2009 et 2011. Un chiffre qui va de pair avec l’augmentation de la valeur de plus de 5 % sur la même période.

Des marchés dynamiques

Si le lait UHT biologique devient une valeur sûre, la fabrication de l’ensemble des produits bio est dynamique avec une progression globale au cours des 11 premiers mois de 2013 par rapport à 2012. Aujourd’hui, la part du lait bio conditionné a atteint 8,4 % du marché fin 2013 avec plus de 170 millions de litres vendus, soit une évolution de + 4,9 % par rapport à 2012. Par ailleurs, l’ultra-frais progresse de 3,3 % (32 320 tonnes), tout comme le beurre qui prend 6,3 % (4 162 tonnes) ou le fromage avec + 8,7 %. La plus grande progression revient à la crème avec 16,9 % soit 2 083 tonnes.

 

Des conversions schématiques

Si chaque exploitation est unique, lors de la conversion, un schéma se dégage. Suite à une étude menée sur quinze fermes converties en 2009 et suivies par le réseau Gab/Frab, quatre éléments récurrents sont a noter. "Sur la grande majorité des exploitations, la part de l’herbe se développe dans la SFP, l’éleveur a moins recours aux produits allopathiques, la production laitière et les taux sont en baisse et les résultats économiques sont sous tensions en début de conversion", analyse Guillaume Michel. Cependant, après trois ans de suivi, au global, l’animateur note "une amélioration des résultats économiques sur l’ensemble des fermes avec un net avantage pour les exploitations maximisant le pâturage. Elles sont plus autonomes, efficaces et viables".

L'autonomie : vecteur de réussite

Au cours des nombreux thèmes abordés lors de cette journée d’information, l’autonomie des exploitations est souvent revenue dans le débat. Pour David Roy, d’Agrobio Ille-et-Vilaine, "une exploitation qui dure dans le temps est autonome, ce qui ne veut pas dire autarcique". Cette autonomie se joue à plusieurs niveaux, elle doit être fourragère et alimentaire, mais aussi organique et le renouvellement des animaux doit être assuré. Une chose est sûre pour David Roy, "l’optimum se trouve entre le nombre de litres de lait /vache/ha de SAU, le chargement/ha de SFP et la surface de pâturage accessible par vache". Par ailleurs, il assure que "le litre de lait par vache doit suivre la même logique d’autonomie". Il avance des chiffres entre "4000 et 6500 litres de lait / vache / an". Reste encore à déterminer la race et la ration alimentaire avec ou sans maïs qui correspond pour y parvenir. Des propos corroborés par Bénédicte Clermont, productrice à Noyal-Châtillon-sur-Seiche (35) qui revient sur son expérience : "la production de fourrages, notamment d’herbe, et des matières premières utilisées en concentré doivent d’abord être produites sur la ferme". Et d’ajouter : "l’approvisionnement en fourrages certifiés bio peut être assez aléatoire s’il n’est pas contractualisé". Elle tempère cependant en précisant que "l’autonomie n’est pas synonyme d’aucun achat. Une luzerne déshydratée ou un soja peuvent corriger avantageusement une ration hivernale".

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