Terra 22 avril 2016 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Lait de chèvre, le regain

Eurial, branche lait du groupe coopératif Agrial, collecte 140 millions de litres de lait de chèvre en France. Adossée à sa marque Soignon, sur un marché porteur en volume et valeur, la coop prévoit une croissance de 25 % en cinq ans et peaufine un plan de relance pour installer ou développer.

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 (© Claire le Clève) Le groupe coopératif Eurial propose en lait de chèvre un plan de relance avec aides et prix garantis en installation ou développement. © Terra Céline, ses enfants et la 20 505, réserve de la grande championne du Farming-tour de Château-Gontier. © Terra Nicolas Cadoret. © Terra

Le lait de chèvre aurait-il le vent en poupe ? Considéré comme plus digeste, adopté notamment par les intolérants au lactose, sa consommation se développe."Or la filière est discrète, voire trop", regrette Noël Mahuas, producteur de lait de chèvre à Grand-Champ (56), pas mécontent de voir le retour de concours caprins au côté de concours bovins lors de manifestations agricoles régionales (lire encadré). "Un coup de pouce qui peut être bénéfique à la notoriété de cette filière", espère cet administrateur de la Colarena Presqu'île, coopérative basée à Campbon (44). Car la filière revient de loin. Créée à la fin des années 60, elle compte jusqu'à 75 producteurs au début des années 90. Unicopa décide de s'en retirer ensuite. "En 1998, nous n'étions plus que 9 éleveurs en Morbihan, heureusement qu'on a pu raccrocher notre petit wagon au train Eurial par le biais de Colarena Presqu'île, sinon on arrêtait".

Plan de relance de la production

Un sauvetage qui s'est traduit par un redéploiement sur le Morbihan (1). Une filière dont la vie n'est cependant pas un long fleuve tranquille. Après une forte crise au début des années 2010 avec une chute des prix du lait payés au producteurs, les clignotants sont de nouveaux au vert depuis trois ans. Adossée à sa marque Soignon "qui booste avec son lait de chèvre 100 % français et ses innovations", Eurial souhaite développer ses parts de marché, "notamment en ultra-frais, yaourts, spécialités, fromage frais", souligne l'administrateur. Il finalise un plan de relance pour accompagner "l'installation ou de le développement des ateliers avec une aide de 20 euros des 1000 l la première année, 10 la deuxième et 5 la troisième avec une garantie de prix minimum", annonce-t-il, tout comme la mise en place d'un nouvelle grille de paiement (2).

 

(1) Colarena Presqu'île est basée à Campbon en Loire-Atlantique principal département avec le Morbihan sur lesquels elle collecte, ainsi que sur les autres départements bretons, auprès d'une cinquantaine éleveurs coopérateurs ses 11 millions de litres de lait de chèvre sur les 140 de la coopérative mère Eurial.

(2) Pour plus de renseignement, contacter Philippe Mathieu, Colarena Presqu'Ile.

"Le plaisir de travailler avec la chèvre"

Avec leurs 450 chèvres de race Alpine, Céline Le Jan et Nicolas Cadoret installés à Plaudren (56) ne boudent pas leur plaisir de travailler avec cet animal, "familier et attachant, facile à manipuler".

"Je n'avais pas d'accroche avec les vaches laitières", alors Nicolas a laissé la reprise de l'exploitation familiale à son frère. Il s'est installé en 2010, au cœur de la crise, avec 330 têtes. Crise dont il subit encore le passif malgré l'embellie des prix depuis un an et demi. Puis Cécile Le Jan l'a rejoint, salariée sur l’exploitation qui livre à Colarena sa production de 330 000 l. "Nous sommes à 450 chèvres désormais dont 400 sont en production, avec 230 chevrettes de renouvellement et 50 boucs". Sur 64 ha, le couple recherche l'autonomie alimentaire pour ce cheptel dont la ration est apportée en bâtiment à partir d'ensilage de maïs, de la luzerne... Et l'alimentation, "c'est plus technique qu'en vache laitière", préviennent ces éleveurs. "On part sur le maximum d’affouragement en vert à partir de fauche d'herbe pour abaisser notre coût alimentaire" et contenir le prix d'équilibre pour un prix payé de 676 € des 1 000 l. "Une chèvre produit en moyenne 800 l par an et fait 5 à 6 lactations" note Cécile qui, passionnée de concours caprins, s'intéresse à la génétique avec une soixantaine d'IA par an, en complément des montes naturelles.

"La belle chèvre, c'est une chèvre équilibrée, avec une bonne mamelle, de bonnes attaches, qui dure dans le temps", résume l'éleveuse qui vient d'engranger un premier prix de section pour une chèvre en 3e lactation et un titre de réserve de grande championne lors du dernier rassemblement de Château-Gontier en Mayenne. Cette passion la conduit à organiser, sous l'égide de la Foire de Lanvaux, un premier concours caprin dans le Morbihan ouvert à ceux qui le souhaitent, le 15 mai prochain
(www.foiredelanvaux.com).

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