Terra 16 juin 2018 à 09h00 | Par Claire Le Clève

Le bois, un gîte et un couvert pour le chevreuil

Ils s’y cachent et s’en nourrissent. Le développement de la forêt est une aubaine pour les cervidés dont les sylviculteurs constatent aussi les dégâts dans leurs plantations. Le nouveau schéma d’orientation cynégétique, acté pour 6 ans dans le Morbihan, l’a pris en compte pour faire face à un déséquilibre croissant. 7500 chevreuils y ont été chassés.

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Si la population de cerf reste faible et limitée aux grands massifs forestiers, celle du chevreuil a augmenté, colonisant tous les milieux, indicateur de changement cynégétique pour la fédération des chasseurs du Morbihan.
Si la population de cerf reste faible et limitée aux grands massifs forestiers, celle du chevreuil a augmenté, colonisant tous les milieux, indicateur de changement cynégétique pour la fédération des chasseurs du Morbihan. - © Terra

"Les chevreuils ne se cachent même plus, on les observe en pleine journée en lisière de bois ou dans les champs et ils font des dégâts". Le constat posé par l’un des sylviculteurs lors de l’assemblée générale de Fransylva 56 (lire encadré) n’est pas nouveau, il pénalise aussi les exploitants agricoles. Il est suffisamment préoccupant pour avoir motivé la présentation du schéma départemental de gestion cynégétique lors de l’assemblée générale des sylviculteurs. Ce document, "est un outil fonctionnel et légal de la fédération des chasseurs pour une gestion durable", cadre Stéphane Basck, leur directeur technique. Ce plan de gestion vient d’être ratifié par le préfet du Morbihan, pour six ans. S’il fixe les orientations suivant de nombreuses espèces, c’est au cerf élaphe et au chevreuil que les sylviculteurs reprochent les dégâts les plus importants.

- © C.LeClève

Respect de l’équilibre sylvo-cynégétique

Présente à la marge dans les grands massifs forestiers départementaux que sont ceux de Quénécan, Lanvaux, Lanouée et Coetquidan,"la population de cerf est faible, elle intéresse peu de sociétés de chasse… L’objectif est de limiter l’extension de ces populations", note le technicien. 150 bracelets ont été distribués pour le chasser l’an passé avec, pour objectif, de "rééquilibrer le niveau de pression de cette espèce sur les massifs forestiers pour permettre le renouvellement des peuplements forestiers dans de bonnes conditions", assure Pascal Faurel de la DDTM. Quant au chevreuil, "ce n’est pas une espèce confidentielle, il est partout en densité variable. Il a colonisé tous les milieux et s’y développe", reconnaît Stéphane Basck sur cet indicateur de changement cynégétique dont il reste indispensable "de déclarer les dégâts" occasionnés pour adapter au territoire les prélèvements nécessaires. Une espèce pour laquelle 7 500 bracelets ou autorisations de prélèvement par la chasse, ont été délivrés l’an passé.

40 ans pour faire un arbre

 

"Il a fallu quatre jour pour replanter 8 000 arbres après une coupe rase, il faut 40 ans pour faire un arbre", détaille Eric de Jenlis sur ses parcelles de Saint Gonnery. Fin mai, cet administrateur de Fransylva Morbihan accueillait une visite de ses parcelles, pour prolonger l’assemblée statutaire du matin. L’illustration de ce que promeut l’assemblée départementale des sylviculteurs : permettre aux propriétaires souvent dispersés de mieux s’organiser entre eux pour la vente de bois en bord de route. C’est ce que le GIE du centre Bretagne rend concrètement possible, "impliquer, s’organiser, regrouper en plate-forme plutôt que donner à la coupe", ce qui nécessite de bien connaître le marché et la filière aval (Lire Terra du 18 mai en page 20). Car pour le chêne, "35 % du bas de la grume représentent 85 % de son prix, notre façon de vendre nos bois doit changer", a invité le matin même Luc Bouvarel, directeur de Fransylva lors de son intervention, pour valoriser ce patrimoine forestier. Car force est de constater que, malgré le regain des prix du bois sur pied, dont l’indicateur aurait bondi de 6 % en 2017 pour atteindre 61 euros du M3, selon l’observatoire économique de France bois forêt, "les prix ne payent plus la sylviculture que nous faisons" a t-il déploré, constatant une forêt qui vieillit. "Il faut la renouveler et renouveler… chercher de nouveaux marchés, encourager la mobilisation des petits bois car la construction bois se développe, le marché du bois demande des produits transformés", notait également Alain de Chabannes, président de Fransylva Morbihan.

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