Terra 14 décembre 2018 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Le capital humain, cet investissement majeur

En 5 ans, chaque éleveur laitier breton s’occupe de 30 % de vaches en plus. À la charge de travail s’ajoute la charge mentale qui l’accompagne. Comment y faire face dans un marché de l’emploi tendu ? C’est la question du capital humain abordée par le CER France Brocéliande dans ses réunions de secteur.

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Anne-Lucie Menier du CER France Brocéliande.
Anne-Lucie Menier du CER France Brocéliande. - © Terra

Ils ont plus de travail. Certains ne sont pas encore totalement sous tension quand d’autres subissent déjà une nette surcharge d’activité. Et ils sont 75 % d’artisans, de commerçants ou agriculteurs présents à la salle des fêtes de Plouay à être dans ce cas, en ce jeudi soir de début décembre, réunis à l’initiative de CER France Brocéliande, leur centre de gestion comptable, qui a rendu ses chiffres bavards et abordé la question du capital humain sous l’angle de "l’investissement majeur pour l’avenir de votre entreprise".


30 % de vaches en plus par UTH

Munie de téléphones pour répondre en direct au sondage qui lui est proposé, l’assemblée se prend au jeu de l’échange interactif. 50 % des participants travaillent seuls, et sont seuls aussi face à la surcharge de travail. À partir du panel plus large de sa clientèle agricole bretonne, le CER s’est penché sur les chiffres à sa disposition observant que "par UTH, le nombre de vaches a cru de 30 %. La taille des exploitations a augmenté mais le nombre de travailleurs n’a pas suivi", souligne Anne-Lucie Menier, ingénieure d'étude du CER, mettant en parallèle la moindre progression observée en production porcine, plus contrainte, "plus 8 % de truies par UTH". L’accentuation de la charge de travail par travailleur en production laitière ne fait pas de doute, "s’y ajoute une forte charge mentale", résume Anne-Lucie Menier, avec des risques psycho-sociaux à la clé.

 

Poser son organisation du travail

Face à cette contrainte de plus en plus forte, comment agir sur le volume et les conditions de travail ? L’analyse fine de toute les tâches et de l’organisation du travail s’imposent avant d’envisager d’agir. Se recentrer sur un atelier ? Privilégier un système plus économe en main d’œuvre ? Mécaniser ou robotiser les tâches contraintes ? Gérer au plus juste l’organisation pour améliorer les conditions de travail, limiter les déplacements et valoriser son réseau ? Déléguer et faire sous traiter certaines tâches à la Cuma ou l’ETA ? Faire appel à de la main d’œuvre extérieure via l’intérim ou le groupement d’employeurs ? "Cela nécessite de bien définir son cœur de métier", encourage la spécialiste du CER.

 

Bien gérer la main d'oeuvre

Et si 26 % du panel présent souhaite recruter un nouveau collaborateur, c’est la fidélisation du collaborateur actuel qui importe le plus. Et pour cause, face à un marché de l’emploi tendu (lire encadré ci-dessous), le turn-over peut être de mise pour peu que l’ambiance dans l’entreprise ne soit pas épanouissante, priorité des salariés (pour 80 % d’entre eux), ou que la rémunération soit peu motivante (53 %) quand le bon management n’apparaît que dans 40 % des raisons exprimées de rester. Si la rémunération reste le nerf de la guerre, l’intéressement est une solution qui "offre à la fois motivation et récompense sans être figée", résume Anne-Lucie Menier. Elle rappelle que la richesse humaine, la recherche de sens, le besoin de reconnaissance sont aussi des moteurs de fidélisation. "La considération que l’on porte à un collaborateur, savoir dire bonjour, merci, y participent aussi". Si travailler à plusieurs est un enrichissement, quelques règles sont cependant à garder en tête. Faire coïncider les attentes de chacun n’est pas hors de portée, pour peu qu’on y soit attentif.

 

 

Munie de téléphones pour répondre en direct au sondage qui lui est proposé, l’assemblée se prend au jeu de l’échange interactif.
Munie de téléphones pour répondre en direct au sondage qui lui est proposé, l’assemblée se prend au jeu de l’échange interactif. - © Terra

L'emploi, un contexte tendu

La courbe du chômage fléchit pour la deuxième année consécutive, avec un taux de 9,4 % identique à celui de 2012, même si l’on reste loin du 7,4 % atteint en 2008. Avec 7,6 %, la Bretagne est la deuxième région de France la plus proche du plein emploi qu’on situe à 5 % de taux de chômage. C’est déjà le cas sur la région de Vitré (5,1 %), et autour de Rennes et Loudéac (6,4 %). Si le salarié est plus en situation de choisir son emploi, on assiste en parallèle à une montée en puissance de la précarité et de la flexibilité où l’embauche en CDD est majoritaire chez les jeunes face au CDI (45 %) alors qu’il est de 85 % chez les plus âgés.

 

 

Travailler à plusieurs

C’est :

- tenir compte des compétences de chacun

- mettre la bonne personne à la bonne place

- favoriser les complémentarités de travail

- fixer les règles de fonctionnement

- savoir faire vivre ces règles

- être capable de les revoir

- bien se connaître pour bien communiquer

- savoir emmener et faire adhérer

- donner l’envie avec un projet partagé

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