Terra 17 mai 2018 à 09h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Le concours inter-régional Grand Ouest Blonde d'Aquitaine bientôt à Terralies

La race Blonde d'Aquitaine sera à l'honneur lors du prochain salon Terralies à Saint-Brieuc les 25, 26 et 27 mai. Le concours inter-régional Grand-Ouest de la Blonde d'Aquitaine s'y déroulera avec l'accueil de 270 animaux de prestige. Après le Space en 2017, l'élevage André de Pleudaniel en Côtes d'Armor a choisi de concourir avec une jeune vache. Explications.

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L'éleveur, Jean-Yves André.
L'éleveur, Jean-Yves André. - © Terra

Après leur première participation au Space en 2017 avec le taureau Léon, les éleveurs Jean-Yves et Florian André poursuivent leur beau parcours avec bientôt le concours Grand Ouest de la Blonde d'Aquitaine. Une première pour le père et le fils ! Mais cette fois, ce ne sera pas Léon, âgé de 3 ans, lequel s'est pourtant bien comporté à l'inter-régional du Space, remportant un second prix de section, que les éleveurs ont retenu. Léon sera suppléant et Manon, une jeune vache de 18 mois, titulaire. L'animal, avec ses membres longilignes, défendra ses qualités parmi 250 animaux venus de quatre régions : Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, et Centre Val-de-Loire.

 

Un troupeau de 41 mères

Chez Jean-Yves André, après son installation en 1984 sur l'élevage de ses parents, producteurs de génisses amouillantes avant l'arrivée des quotas, plusieurs races allaitantes sont passées sur son élevage. Finalement, le choix se porte sur la race Blonde d'Aquitaine qui constitue à 100 % le troupeau. "Au marché de Guerlesquin (29), je voyais bien que les broutards blonds, jolis, bien conformés, étaient recherchés", raconte Jean-Yves André. "Les blonds n'ont pas de gras, ont de la finesse d'os avec un bon rendement carcasse. Un boucher lui veut un maximum de viande", décrit-il.

Il y a trois ans, son fils le rejoint sur l'exploitation. L'élevage comprend un troupeau allaitant de 41 mères, un atelier naisseur-engraisseur de 120 truies et une surface de 47 ha de SAU. Toutes les femelles sont gardées, triées soit pour le renouvellement (trois à quatre par an), soit l'engraissement. Seules les génisses sont inséminées et vêlent à 3 ans, car "il faut que la bête ait réalisé sa croissance", indique Jean-Yves André. Deux à trois taureaux sont utilisés pour l'insémination artificielle parmi lesquels Fuxeen, Hello ou Fanion.

Côté reproducteur, les éleveurs sont propriétaires d'un beau spécimen, Léon, "prévu pour aller à la station de Casteljaloux", finalement acheté aux éleveurs Didier et Yveline Lorinquer à Loguivy-Plougras (22). Poils ras, taille, musculature, finesse, aplomb et bassin, le taureau, un fils de Donostia, développe des qualités de race remarquables. Sans oublier le mufle et les yeux "éclairés" mais aussi la couleur froment uniforme. "La vraie couleur de la blonde", commente Jean-Yves André. Les femelles ayant vêlé sont engraissées, vendues pour la boucherie en direct sur la ferme et auprès de la boucherie de Lanvollon "Terroir et Traditions". Le poids des carcasses s'élève à 518 kg de moyenne, payées un prix compris entre 6 et 6,20 €/kg. L'engraissement variable d'un animal à l'autre dure près de cinq mois. Quant à l'aliment, les éleveurs testent une nouvelle formule de meilleure qualité. "Nous essayons une ration sèche sous forme de mash (4 kg) auquel est ajouté de l'orge (2,5 kg), du maïs humide (3,5 kg), un correcteur azoté (3 kg) avec de la paille à volonté", décrit Florian André.

 

Florian, la passion des concours

"Le responsable de l'élevage blond est Florian, passionné de génétique et il le fait bien", complimente le père qui lui a fait la surprise en 2012, d'inscrire leur taureau de l'époque au concours départemental des Terralies. Le premier concours ! Depuis, l'élevage participe tous les ans au concours costarmoricain, s'est rendu deux fois à Pontivy, une première fois au Space l'année dernière.

Parce que le taureau Léon a déjà été placé sous les projecteurs (deux fois champions jeunes mâles à Terralies et présent au Space), les éleveurs ont préféré Manon, une fille de Giroflée sur Cheriff, pour leur première participation au concours inter-régional Grand-Ouest de la Blonde d'Aquitaine. Sa mère Giroflée a gagné en 2017 le prix de la meilleure reproductrice à Terralies.

 

 

Florian André avec Manon.
Florian André avec Manon. - © Terra

Le 2e concours le plus important pour la race

"C'est le 2e concours le plus important de la race après le National. Avec 100 éleveurs et 250 animaux, je suis agréablement surpris par le nombre d'inscrits, les éleveurs font l'effort de venir", partage Dominique Rolland, président de l'association des éleveurs Blonde d'Aquitaine de Bretagne à la veille du concours. Samedi 26 mai de 10h à 17h au parc des expositions de Saint-Brieuc, le concours inter-régional Grand Ouest de la Blonde d’Aquitaine se déroulera sur un ring spécialement installé dans le hall 5, au plus proche des éleveurs. L’occasion de découvrir ce grand concours jugé par trois juges agréés (hors grand ouest). Il faudra patienter jusqu'au dimanche sur le créneau 11h-13h pour découvrir le palmarès des prix spéciaux présentés sur le ring principal avec la participations des gagnants des sections primés la veille. Enfin, le concours est qualifiant pour le concours national qui aura lieu le 20 septembre dans les Deux-Sèvres à Moncoutant.

 

 

 

La Blonde en bref

"La race s'est beaucoup développée dans le Grand Ouest depuis 30 ans. Il y a aujourd'hui plus de vaches Blondes d'Aquitaine hors du berceau de la race, de l'ordre de 54 % contre 46 % dans son berceau du Sud-Ouest", indique Pascal Milon, technicien France Blonde d’Aquitaine Sélection, pour le secteur grand Ouest. Décrite comme une race typiquement de "boucher", la race est appréciée pour sa finesse d'os et son rendement en carcasse net. "C'est une viande exploitée en bons morceaux par les bouchers artisans, tendre et avec peu de gras", poursuit le technicien. Plus chères à finir, les carcasses sont plus lourdes mais mieux valorisées.

Comme toute nouvelle technologie, le génotypage se développe. "Si le "kit de base" marche bien pour déterminer la filiation, les anomalies génétiques, les gènes d'intérêt..., il faudra encore attendre quelques années avant son développement en élevage, car le niveau de fiabilité est encore faible pour un coût élevé. Cela sert plutôt d'aide à la décision aux éleveurs", décrit-il.

Enfin, la race Blonde d'Aquitaine a entrepris fin 2017 une grande enquête auprès des éleveurs, des bouchers et des consommateurs pour améliorer la notoriété de la race et surtout celle de sa viande. Toutes les pistes sont à l'étude. "Une grande réflexion est engagée. Peut-être faudra-t-il travailler la génétique différemment, fonctionner non pas avec deux labels mais un, créer une marque, revoir la communication...", liste Pascal Milon. Échéance prévue d'ici deux ans.

 

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