Terra 03 avril 2019 à 12h00 | Par Jean Dubé

Le fait générateur de l'économie c'est : la confiance

Le directeur général du groupe Crédit agricole, Philippe Brassac, intervenait la semaine passée à l'assemblée générale de la caisse d'Ille-et-Vilaine. Interrogé sur sa vision de la situation économique globale il a livré une analyse plutôt positive de la situation, malgré un contexte d'instabilité qui tend à devenir la règle. Et malgré ce contexte, il est persuadé que le Crédit agricole va faire beaucoup mieux que résister.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Philippe Brassac intervenait la semaine passée à l'assemblée générale du Crédit agricole Ille-et-Vilaine.
Philippe Brassac intervenait la semaine passée à l'assemblée générale du Crédit agricole Ille-et-Vilaine. - © Terra

"Le Crédit agricole est la première banque de France, mais aussi le premier banquier assureur en France", indique Philippe Brassac en préambule de son intervention. "Le Crédit agricole fait partie des dix premières banques au monde mais la course à la taille n'est pas notre objectif...". Philippe Brassac était interrogé sur la stratégie de la banque et surtout sur le contexte difficile et perturbé que connaît le vieux continent.

S'habituer à l'incertitude

L'un des mots clé de l'économie aujourd'hui est l'incertitude. "Il faut s'y habituer, parce qu'il faudra faire à l'avenir avec un contexte plus instable". Prenant l'exemple du vieux continent européen : "On a un monde qui dé-construit ses règles, ce n'est pas une catastrophe, même si c'est plus compliqué et plus instable". Pour Philippe Brassac, "on s'habitue à ces questions" et malgré tout "l'Europe reste le bassin économique le plus riche du monde. La zone euro est une zone stable à haut niveau de richesse", explique-t-il.

Mais pour le patron de la banque verte, la question n'est pas vraiment celle de la progression de l'économie globale. Pour Philippe Brassac, "la bonne santé d'une entreprise se lit dans les résultats commerciaux". Il ne faut pas attendre que la progression du PIB induise la progression de la banque. Pour lui les choses sont presque plus simples : "Notre principale marge de progression c'est notre marge de progression sur les marchés, pas la progression des marchés !". "Le Crédit agricole n'a jamais autant attiré de nouveaux clients, dans un contexte de très forte concurrence notamment avec les opérateurs numériques. L'attractivité de la banque ne se dément pas".

Notre groupe doit construire sur ses fondamentaux : "Il n'existe pas d'un côté des nouvelles banques digitales modernes et de l'autre des banque traditionnelles vieillottes. Il y a seulement d'un côté des banques digitales et de l'autre des banques complètes !". Or il estime que plus il y a du digital plus il faut de la responsabilité : "La moitié de la population exige un engagement territorial. Ce qui était jusque là préoccupation devient une exigence".

Confiance et capacité entrepreneuriale

Pour Philippe Brassac l'économie repose fondamentalement sur deux facteurs essentiels : la capacité entrepreneuriale et la confiance. "Je suis très optimiste dans l'avenir parce que beaucoup de facteurs vont remettre du vent dans les voiles". Il évoque notamment la structure de la banque mutualiste : "Notre modèle n'est pas un modèle décentralisé, c'est un modèle fédéral. Il permet de faire émerger des choses un peu partout. Il est innovant sur un plan local. Le fait générateur de l'économie c'est la confiance. La seule vraie réalité vient du terrain. Notre organisation c'est l'affirmation de la puissance collective ou du collectif, une organisation au service d'une stratégie : la démocratisation des services bancaires".

 

 

Philippe Brassac, Marie-Françoise Bocquet et Olivier Auffray, son successeur à la présidence de la caisse d'Ille-et-Vilaine.
Philippe Brassac, Marie-Françoise Bocquet et Olivier Auffray, son successeur à la présidence de la caisse d'Ille-et-Vilaine. - © Terra

Les quatre caisses de Crédit agricole en Bretagne pilotées par quatre agriculteurs

L'assemblée générale de la caisse d'Ille et Vilaine était le moment choisi pour marquer le départ de Marie-Françoise Bocquet présidente de la caisse d'Ille-et-Vilaine, et ancienne présidente de la Fédération bretonne du Crédit agricole. Une présidente qui a marqué de son empreinte les sept années passées à la tête de la banque avec notamment deux axes forts : la progression de la parité, et l'écoute aux personnes en difficultés. Marie-Françoise a ainsi expliqué qu'il n'y avait pas incompatibilité entre le fait de porter des valeurs de mutualisme et de solidarité et la banque : "Pour parler de solidarité il est essentiel qu'il y ait de la richesse produite, pour que ceux qui en ont besoin puissent accéder aux soins, à la solidarité".

Marie-Françoise Boquet a été remplacée à la présidence de la caisse 35 par Olivier Auffray, 51 ans, agriculteur et producteur de lait. Ainsi les quatre caisses de Crédit agricole de Bretagne sont aujourd'hui pilotées par quatre agriculteurs, une évolution qu'il fallait souligner, dans un contexte où la "banque verte" devient chaque jour un peu plus internationale et ambitieuse.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui