Terra 31 mai 2018 à 13h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Le Gouessant, serein pour aborder les mutations

Malgré une conjoncture peu porteuse en aliment du bétail et des mutations de marché en cours, la coopérative Le Gouessant est satisfaite de son bilan 2017 avec des capitaux propres proches des 100 millions d'euros. Une solidité appréciée pour mener à bien les projets futurs.

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Patrick Fairier, président de la coopérative Le Gouessant à la veille de son départ et le directeur général, Rémi Cristoforetti.
Patrick Fairier, président de la coopérative Le Gouessant à la veille de son départ et le directeur général, Rémi Cristoforetti. - © Terra

À la veille de son départ du siège de président du conseil d'administration, qu'il occupe depuis 23 ans, Patrick Fairier est serein, "confiant pour l'avenir" au regard de la situation saine que le groupe affiche. En 2017, Le Gouessant réalise un chiffre d'affaires de 510 M€, contre 521 M€ en 2016, soit un résultat net de 11,5 M€. Un écart qui s'explique par le retrait de l'activité de négoce du groupement Syproporcs. Pour autant, le groupe annonce un endettement financier net positif de 5,6 M€ pour la première fois de son histoire et se réjouit d'approcher les 100 M€ de capitaux propres. "En 2017, nous avons redistribué 2,8 M€ à nos adhérents, l'équivalent de 4 600 € pour 100 truies avec l'achat de l'aliment porc complet. C'est 35 % du résultat net de la coopérative qui revient chez les producteurs", tient à souligner Patrick Fairier. La satisfaction pour cette année 2017 tient à la bonne tenue des résultats, "portés par l'œuf et toutes les productions alternatives", dans un secteur traversé par de fortes mutations. "Une belle situation financière pour aborder les projets", remarque le directeur général Rémi Cristoforetti, en poste depuis un an.

 

Accompagner vers la fin de l'oeuf cage

En effet, l'un des principaux points sera l'accompagnement des 23 producteurs d'œufs de poules en cage vers des productions alternatives en lien avec les attentes sociétales qui fixent d'ici 2020-2025 l'arrêt progressif de l'œuf cage. Pour dresser un bilan précis de la siuation chez ses éleveurs, la coopérative a financé des diagnostics financiers, techniques et fonciers et accompagnera les éleveurs souhaitant se réorienter ."Nous avons provisionné pour accompagner les éleveurs d'œufs code 3, dont l'endettement au global représente 10 M€ d'encours à cette date. On les accompagne soit sous forme financière, soit sous forme de caution". Mais Patrick Fairier ne le cache pas, certains jeunes avec de gros emprunts "ne repartiront pas vers ce métier nouveau".


Un programme d'investissements accru

Selon les secteurs, l'activité de la coopérative concentrées sur l'amont, connaît des fluctuations. "À trois camions d'aliments près, notre volume d'aliments se maintient à 820 000 tonnes". L'œuf a bénéficié de la flambée des cours avec l'affaire du Fipronil en Europe. Leader de la fabrication d'aliment biologique, les volumes progressent de 20 % en 2017 grâce à la croissance soutenue de l'activité AB. Le groupe, c'est aussi une marque "Terres de Breizh" qui se décline pour la pomme de terre, l'œuf, le jambon et bientôt la charcuterie, portée par l'image d'un réseau de fermes pilotes, le réseau des Fermes 4 Soleils.

De plus, l'investissement annuel a été doublé en 2017, à 16 M€ par an et se maintiendra les années suivantes pour soutenir les activités. Atelier pomme de terre, traitement thermisé de l'aliment pondeuse et repro, investissement dans l'usine Ufab à Noyal dédiée à l'aliment biologique. Au final, cette avance que la coopérative Le Gouessant a prise dans les productions alternatives est essentielle, fait remarquer Patrick Fairier. "N'étant pas organisé en filière, il nous faut toujours un coup d'avance. La dynamique de décroissance de l'activité aliment du bétail n'est pas une fatalité", souligne-t-il.

 

Chiffres clés

510 M€ chiffre d'affaires
4 000 adhérents
730 salariés
13 filiales
828 000 tonnes d'aliments fabriquées
940 millions d'œufs
25 000 tonnes de pommes de terre
390 000 porcs commercialisés
49 000 tonnes de volaille de chair
208 000 tonnes de céréales et oléoprotéagineux
Numéro 1 de l'aliment bio

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