Terra 12 juin 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

Le groupe, une autre façon de progresser

Autonomie alimentaire en production laitière, innovation en machinisme, organisation d'une expo-photos ou d'un concours de labours pour promouvoir son métier... : d'un bout à l'autre du département, une quarantaine de groupes planchent, au sein des comités de développement, sur des thèmes variés. Pourquoi ne pas les rejoindre ?

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De gauche à droite : Anthony Brulé, conseiller légumes à l'antenne de la chambre d'agriculture de Saint Pol de Léon, et Hubert Boulc'h, agriculteur à Taulé.
De gauche à droite : Anthony Brulé, conseiller légumes à l'antenne de la chambre d'agriculture de Saint Pol de Léon, et Hubert Boulc'h, agriculteur à Taulé. - © Chantal Pape

"Le groupe permet de discuter entre nous, sans jugement". Quand on interroge Gaëlle Cossec, productrice de lait, c'est l'argument qui lui vient d'abord à l'esprit. Installée avec son époux à Pouldreuzic, après tiers, elle a rejoint un premier groupe, animé par la chambre d'agriculture, à la suite de la crise du lait de 2009. "La crise nous a fait énormément de mal, le groupe énormément de bien. Il nous a évité de nous isoler, nous a permis de voir plus clairement où aller".

Dans son cas, la réflexion s'est portée sur une plus grande autonomie alimentaire. "En deux ans, les changements sont importants. Nous sommes allés vers plus d'herbe. Et cette année, pour la première fois, nous allons remplacer l'ensilage de maïs par du maïs épi, complété par de l'enrubannage d'herbe". La situation s'est améliorée et Gaëlle a repris confiance. Et, plus que jamais convaincue de l'intérêt de travailler en groupe, elle vient de prendre la tête du groupe AEI-autonomie alimentaire au sein du comité de développement de Quimper. "Le groupe nous permet de découvrir d'autres systèmes de production, d'autres cultures. Et de mettre à profit les expériences des uns et des autres".

 

De l'innovation...

 

Dans la zone légumière, un groupe s'est constitué autour de l'innovation. "Et y'a du boulot !" affirme Hubert Boulc'h, agriculteur à Taulé. Au fil du temps, la gamme de légumes s'est étoffée et est toujours plus gourmande en main d'oeuvre. Un segment qui n'intéresse pas les constructeurs de matériel, les surfaces n'étant pas suffisamment importantes. "Nous allons voir ailleurs ce qui se fait, pour essayer de le transposer ici". Et le groupe ne ménage pas sa peine, de Benicarlo, capitale de l'artichaut, à la Belgique, en passant par la région nantaise, Perpignan ou la Normandie... "A chaque fois, on revient avec des idées".

"Le but, c'est aussi de faire du bruit, rajoute Anthony Brulé, conseiller légume à l'antenne de la chambre d'agriculture de Saint Pol de Léon. On organise des démonstrations, on fait venir des producteurs... ce qui va motiver d'autres constructeurs à venir nous voir"; Et ça marche, en témoigne la démonstration organisée par une start-up toulousaine avec un petit robot, chargé de sarcler les artichauts. "Elle n'a rien à voir avec l'agriculture, mais on va pouvoir transposer son savoir-faire ! Nous avons aussi travaillé avec des industriels de l'automobile, des spécialistes de la robotique". Dernier défi en date : mettre au point une dé-drageonneuse automatique, pour remplacer une tâche pénible et gourmande en main d'oeuvre,

 

Ludovic Rohou, agriculteur à Kergloff.
Ludovic Rohou, agriculteur à Kergloff. - © Chantal Pape

... au concours de labours

 

Mais le groupe, ça peut être aussi pour s'amuser, comme en témoigne celui de Carhaix. "Tous les ans, nous organisons un concours de labours et une épreuve de tracto-force", raconte Ludovic Rohou, récemment installé à Kergloff. Comme lui, ils sont une bonne dizaine de jeunes à se retrouver tout au long de l'année pour préparer une grande fête, qui totalise, bon an mal an, 1 000 à 1 200 entrées. "C'est l'occasion de faire découvrir notre métier au grand public. Et montrer que les agriculteurs savent faire autre chose que polluer".

Communiquer sur leur métier, c'est aussi le but que se sont fixées les agricultrices de la région de Brest. Au départ, elles se sont regroupées autour d'un même envie : l'apprentissage de la photo numérique. Et en visionnant leurs travaux, leur est venue l'idée d'une exposition, couronnée de succès, puis d'une seconde, qui vient tout juste d'être inaugurée (voir Terra n°431) en attendant un troisième projet, déjà sur les rails...

 

40 groupes

 

Au sein des 7 comités de développement que compte le Finistère, 40 groupes planchent d'un bout à l'autre de l'année sur des thèmes aussi divers que l'agriculture bio, les TCS, les techniques culturales simplifiées, la réduction des antibiotiques... Convaincue que "le développement de nouvelles techniques et de nouvelles pratiques seront plus rapides et plus efficaces en groupe", la fédération des comités de développement a décidé de les placer au coeur de ses priorités. Et a profité de son assemblée générale, le 6 juin dernier, pour réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour inciter le plus grand nombre d'agriculteurs à les rejoindre. Avis aux volontaires !

 

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