Terra 20 septembre 2018 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Le moteur de l'innovation, c'est le besoin de l'éleveur

Comment mettre les innovations au service des conditions de travail ? C'était l'enjeu de la table ronde organisée sur l'Espace pour demain, conçue et animée par les chambres d'agriculture de Bretagne et le Space.

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De gacuhe à droite : Céline Rousseau, chargée d'affaires France et export chez Ovoconcept, Hervé Guillotel, responsable santé et sécurité au travail à la MSA des Portes de Bretagne, Laura L'Azou, salariée en service de remplacement et André Sergent, agriculteur dans le Finistère et responsable de l'Espace pour demain.
De gacuhe à droite : Céline Rousseau, chargée d'affaires France et export chez Ovoconcept, Hervé Guillotel, responsable santé et sécurité au travail à la MSA des Portes de Bretagne, Laura L'Azou, salariée en service de remplacement et André Sergent, agriculteur dans le Finistère et responsable de l'Espace pour demain. - © Terra

L'Espace pour demain est devenu une étape de visite incontournable au Space. Cette année, André Sergent, agriculteur dans le Finistère et responsable de la plateforme revendiquait un choix en prise directe avec les attentes des éleveurs, tant sur le confort de travail que l'attractivité des métiers. L'innovation suffit-elle à rendre nos métiers attractifs ? C'est avec cette question que débutait la table ronde organisée le mercredi 12 septembre. Les différents intervenants s'accordent à dire que si l'innovation ne fait pas tout, elle est un facteur d'attractivité des métiers. "Il n'y a pas un modèle ou une innovation qui va faire l'attractivité, c'est à l'éleveur de se nourrir d'après sa propre expérience", estime André Sergent. Se dégager du temps, avoir des week-ends, du temps pour une vie de famille... voici quelques exemples des aspirations exprimées dans une vidéo par des étudiants, futurs éleveurs.

 

"Se libérer du temps, on peut répondre à ce besoin, avec des outils", répond Céline Rousseau, chargée d'affaires France et export chez Ovoconcept. Pour Hervé Guillotel, responsable santé et sécurité au travail à la MSA des Portes de Bretagne, il faut avant tout avoir une approche très globale dans la façon de concevoir son exploitation, pour se poser les bonnes questions et y répondre avec les outils adéquats.

Quand on pense bien-être de l'éleveur, on y associe rapidement l'idée d'un salarié. "On ne peut pas faire sans le contexte économique, mais ceci dit, il faut arrêter de voir le salarié comme un coût mais plutôt comme un investissement. Souvent, on se dit qu'on ne peut pas embaucher car les résultats ne sont pas bons, mais on rentre alors dans une spirale négative, alors que les situations d'intenses tensions au travail ne peuvent être que temporaires", ajoute André Sergent. Et même quand une exploitation recherche un salarié, elle se retrouve souvent confrontée au problème de l'attractivité du métier. Là encore, Cécile Rousseau pense que l'innovation peut être une solution en créant des outils qui enlèvent de la pénibilité.

 

Des gens bien dans leur peau

Salariée en agriculture, Laura L'Azou a choisi de quitter un CDI pour un service de remplacement. "Pour mes premiers stages, j'ai rencontré des gens qui étaient bien dans leur peau et qui m'ont montré la bonne facette de leur métier. J'ai fait ce choix car avec le service de remplacement je vois plein d'exploitations différentes et je pense que ça peut me donner les clés pour une future installation", témoigne la jeune femme, qui partage sa vision positive. Pour ce mode de fonctionnement, il faut d'ailleurs que les innovations soient simples d'utilisation, accessibles au remplaçant. Comme ceux qui en parlent le mieux, sont encore ceux qui sont concernés, André Sergent suggère de faire la promotion de témoignages comme celui de Laura. Pour elle, c'est à chacun d'analyser son outil pour pouvoir l'améliorer, mais elle retient quelques critères primordiaux. À commencer par une bonne organisation du travail et par du matériel adapté. "Tout dépend de son système. Parfois il vaut mieux avoir une bonne salle de traite qu'un robot mal utilisé. Quand je fais un remplacement à cause d'un problème d'épaule, il n'y a pas de secret, c'est souvent corrélé à une salle de traite mal dimensionnée".

Enfin, du point de vue de la MSA et d'Hervé Guillotel, il faut prendre de la hauteur. "C'est fondamental d'être en adéquation avec ses valeurs. Quand on introduit de nouvelles technologies il faut mesurer les incidences sur le travail et mesurer la compatibilité avec ses valeurs". Et le dernier mot reviendra toujours à l'éleveur, car c'est lui qui est le moteur de l'innovation, en exprimant ses besoins.

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