Terra 17 janvier 2019 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Le p’tit fermier de Kervihan, ses 80 vaches, ses 12 emplois

"On est contents et fiers de ce que l’on fait". Lydie et Vincent Joyeux se sont installés, voici sept ans, sur une ferme laitière à Locoal-Mendon (56). Lui, ancien membre de l’équipe de France de voile, elle, ex responsable marketing chez Bic sport. Aujourd’hui, tout le lait bio produit par leurs 80 vaches est transformé sur l’exploitation, dans un nouvel atelier. Visite.

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2 tonnes de lait permettent de fabriquer 200 kg de fromage. C’est aussi la production du jour du P’tit fermier de Kervihan, vendredi 11 janvier, lors de la visite d’Olivier Allain, vice-président du conseil régional (à droite sur la photo) sur la ferme de Lydie et Vincent Joyeux à Locoal-Mendon.
2 tonnes de lait permettent de fabriquer 200 kg de fromage. C’est aussi la production du jour du P’tit fermier de Kervihan, vendredi 11 janvier, lors de la visite d’Olivier Allain, vice-président du conseil régional (à droite sur la photo) sur la ferme de Lydie et Vincent Joyeux à Locoal-Mendon. - © Terra

"Le fromage, c’est le stockage de notre lait", glisse Vincent Joyeux pointant les étagères où s’affinent Ouessantine, Ty Brocéliande ou cendré… Ici, plus de laiterie. "Pour transformer les 25 kg de lait de nos vaches en production, il faut l’outil, l’humain et les débouchés", résume Lydie Joyeux. Une aventure menée en sept ans par ces deux jeunes quarantenaires, non issus du milieu agricole, passionnés. Un triptyque dont ils assurent la cohérence, le développement et l’équilibre. "Il faut monter tous les curseurs en même temps, production et débouchés commerciaux sinon…", renchérit la jeune femme, diplômée d’une école de commerce. Et d’ajouter, "c’est une zone touristique importante. On a cet afflux de touristes au moment où la production de lait est importante". Une opportunité offerte par ce territoire proche de la ria d’Etel, entre terre et mer, comme leur parcours.

 

Installation hors cadre, en phase

"Nous avions envie d’une gestion globale de projet, de travailler en famille, en équipe. Il y avait la notion de bien manger, de nature… Une ferme, pourquoi pas". Le couple en déniche une en 2009 à Locoal-Mendon, avec 50 vaches laitières. Et pendant qu’ils se forment en passant leur BPREA avec la chambre d’agriculture, en 2010, leur cédant leur "fait gagner un an en commençant la conversion en bio". Une évidence pour cet ancien sportif de haut niveau : "J’ai vécu les marées noires, j’ai navigué dans le plastique". L’installation est effective en 2011, la stabulation est délocalisée du village. "On était un peu en avance en s’installant en circuit-court. Aujourd’hui, on est bien en phase avec la demande des consommateurs". Le couple vend sa production à la ferme, sur les marchés, dans les cantines, en GMS, référencé auprès des plateformes régionales. "Les choses changent, les EGA(1) ont fait bouger les lignes", constatent-ils des dernières négociations qui restent "de la négociation".


"Tout est valorisé"

Depuis lors, ils produisent et transforment, à douze, les quelque 6 000 litres de lait produits, bon an mal an, par chacune des 80 Prim Holstein, qui se croisent de Jersiaises et pâturent l’essentiel des 72 ha de SAU. 40 ha de fauche sont achetés sur pied au voisin en bio. "Notre projet, c’était de développer le fromage en étant un peu plus compétitif", pointe Vincent Joyeux. Et ce, sans renoncer à l’ultra frais, composé de la fabrication de yaourt, fromage blanc, crème et beurre… Et dont le petit lait régale une cinquantaine de cochons engraissés en plein air. "Tout est valorisé". 400 000 euros ont été investis dans le nouvel atelier avec 70 000 euros d’aides. Un projet qui collait bien avec le PCAEA(2) développé par la Région Bretagne. "Ici, on coche toutes les cases : en développement durable, création de valeur, circuit-court, bien manger, emplois, hors cadre familial", pointe Olivier Allain, vice-président de la Région Bretagne à l’agriculture et à l’agroalimentaire, en arpentant les 660 m² du nouvel atelier de transformation. "Toute l’automatisation a pu être réalisée grâce aux aides de la Région et du Feader", apprécient Lydie et Vincent Joyeux. Les travaux, réalisés l’an passé, ont permis de repousser les murs de l’atelier de transformation et vente de la ferme. Une automatisation bien venue, "pour tous les aspects de sécurisation, de régulation mais aussi de bien-être au travail pour les salariés", estime le couple dont la ferme génère 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires et dont le fromage Ouessantine a reçu mercredi 9 janvier le prix de l’innovation 2019 de Produit en Bretagne. Une tomme aux algues bretonnes.

(1) États généraux de l'alimentation.

(2) Plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles, permettant la modernisation des exploitations, ici extension des locaux de transformation, avec 31 100 euros du Feader et 32 900 euros de la Région.

 

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