Terra 06 février 2017 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Le retour de l'embellie en porc et l'attente... en lait

Les assemblées locales de Cerfrance Côtes d'Armor se déroulent actuellement dans le département jusqu'au 10 février. La revue de conjoncture montre une production porcine qui profite d'une embellie après plusieurs années de marasme alors que la production laitière attend, en vains, la remontée du prix du lait. Aperçu des principales productions.

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Jean-Michel Lebret, président de Cerfrance Côtes d'Armor.
Jean-Michel Lebret, président de Cerfrance Côtes d'Armor. - © terra

"Produire est une chose. Il faut être en veille permanente", rappellait Jean-Michel Lebret, président de Cerfrance Côtes d'Armor à l'occasion de l'assemblée locale à Saint-Aaron vendredi 27 janvier en fin de matinée. Profitant de ce temps d'informations dédié aux adhérents afin de brosser les actualités fiscales, sociales et du réseau Cerfrance Côtes d'Armor, le président a insisté sur le travail d'anticipation et de réflexion autour de la performance des exploitations agricoles. Car même si en production porcine, le prix du porc en ce début d'année renoue avec une embellie ; en production laitière, elle se fait toujours attendre. "On ne peut plus tout attendre du prix. Avec des leviers au quotidien, nous pouvons faire en sorte de créer des conditions favorables qui permettent quand le prix est là, de profiter un maximum", assure le président à l'issue d'une intervention sur le thème de "la performance dans un contexte fluctuant".

Laurent Marc, directeur général adjoint Cerfrance Côtes d'Armor.
Laurent Marc, directeur général adjoint Cerfrance Côtes d'Armor. - © terra

La situation par production
Production porcine. En production porcine, la situation renoue avec l'équilibre, "on refait les trésoreries", annonce Laurent Marc de Cerfrance Côtes d'Armor. En 2016 grâce à la demande asiatique, le solde moyen de trésorerie de l'atelier porc passe au vert après 3 années consécutives déficitaires. Or,les dernières "bonnes années" remontent à 2005 et 2006. En 2016, la baisse du prix de l'aliment (- 15 €/tonne en 2016 comme en 2015) se conjugue avec de bonnes performances techniques et la baisse des charges de structure (- 3 ct/kg). L'indice de consommation moyen est de 2,79 ; la productivité de 26,3 porcs par truie pour un poids moyen de vente record à 91,8 kg. "Cela a un impact sur le coût de production, au point bas aujourd'hui", indique le directeur général adjoint. Prudent dans ses propos sur les perspectives 2017, elles semblent néanmoins prometteuses, avec une demande de la Chine qui devrait se poursuivre ; avec une baisse attendue de la production européenne et avec l'entrée en vigueur de l'étiquettage "origine France". "Vu comment l'année démarre, peut-être aura-t-on une grande année en porc", ose espérer le spécialiste. Avant d'ajouter : "si bonne année il y a, il faut investir ou réinvestir. L'investissement productif est un gage de rentabilité".

Production laitière.
En 2016, la baisse du prix du lait atteint près de 30 €/1000 litres. Les élevages encaissent les crises, mais hélas "la filière n'est pas armée pour subir des crises si rapprochées. Il n'y a pas assez de temps pour refaire la trésorerie". Le manque de rentabilité depuis deux ans réduit les revenus, creusent les trésoreries et augmente l'endettement. En 2016, le prix payé tourne autour de 288 - 290 €/1000 litres bien en dessous du point d'équilibre. Aujourd'hui, on assiste à un rééquilibrage de l'offre et de la demande avec un fléchissement de la collecte mondiale. "On commence à parler de pénurie de beurre, le marché ne fait que se tendre avec une reprise plus modérée de la poudre de lait", décrit Laurent Marc. Pour autant, la reprise n'est pas encore au rendez-vous. La couleur est annoncée, "on s'attend à de mauvais résultats au 1er semestre". Le marché intérieur des produits de grande consommation (PGC) ne décolle pas. "Les négociations des prix en cours avec la distribution sont dures. L'augmentation se fera plutôt sur les produits industriels. Mais pas avant le 2ème semestre 2017 probablement", annonce Cerfrance au regard des indicateurs.
Volailles de chair.
On le sait, le secteur de la volaille connaît une instabilité engendrée par la situation sanitaire. Dans un contexte de grippe aviaire, les exportations de poulets sont en recul avec une baisse de 14,8 % vers les pays tiers et une hausse de 1,8 % vers l'union européenne. Les importations de poulets poursuivent leur hausse, en lien avec le secteur de la restauration hors foyer (43 %). S'ajoute un repli des achats ménagers de - 1,7 %. Néanmoins, il est décrit "une petite amélioration du revenu des producteurs en 2016, de plus en plus orientés vers le poulet lourd (marché intérieur). On peut observer une modernisation des élevage et une augmentation de la surface".

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