Terra 06 septembre 2018 à 08h00 | Par Thierry Coué, président de la FRSEA

Le syndicalisme majoritaire n’a pas pris de vacances et poursuit ses actions !

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Thierry Coué, président de la FRSEA.
Thierry Coué, président de la FRSEA. - © Terra

Programme d’action nitrates, dégâts de sangliers, glyphosate, exonération de taxes pour l’emploi de saisonniers, prix du porc, du lait…

Nous n’avons pas eu besoin de nous remettre dans le bain, notre réseau et nos actions n'ont pas pris de vacances !

La rentrée est marquée par un sujet essentiel pour les agriculteurs : le grand plan d’investissement (GPI). Depuis le temps que l’on réclamait sa mise en œuvre réelle, nous voulions être rassurés. Comme nous le craignions, ce GPI sera essentiellement du recyclage de fonds. Des leviers de financement (garanties d’emprunt) sont annoncés, avec le concours de la BPI. Mais, nous n’avons pas oublié l’échec du dispositif BPI mis en place en 2015.

Pourtant les EGA nous annonçaient des jours meilleurs. Répondre à la demande des consommateurs devait nous permettre de gagner enfin dignement notre vie. Cela devait passer par un nouveau cadre de relations commerciales et une "montée en gamme" financée par le GPI. Pourtant, aujourd’hui, rien n’est encore fait. La loi et les ordonnances permettant le retour de valeur aux agriculteurs ne sont toujours pas adoptées. Les parlementaires et le Gouvernement semblent en effet plus occupés avec les questions sociétales et budgétaires qu’avec le revenu des agriculteurs. De nouvelles contraintes, réglementations et charges apparaissent, mais les prix, eux, ne sont pas là !

Le pacte des EGA n’est pas respecté. Les prix manquent, et les contraintes augmentent !

Nous profiterons du Space pour redire la nécessité de ne pas décevoir les attentes justifiées des agriculteurs et l’urgence de solutions d’avenir pour notre agriculture. Cela passe par un arrêt de l’augmentation des contraintes qui ne peuvent plus être supportées par les agriculteurs, une simplification de la réglementation, une diminution des charges et un GPI doté d’argent frais et de leviers vraiment accessibles aux exploitants. L’avenir se dessinera en effet grâce à la restauration de la compétitivité de notre agriculture, les distorsions de concurrence qu’elle subit ne lui permettant pas de concurrencer les produits étrangers.

Concernant les prix, les autres maillons de la filière ont, bien entendu, un rôle essentiel à jouer. Nous attendons des réponses des industriels privés et coopératives des filières lait et porc. Nous irons les chercher à l’occasion du Space. Pour autant, les pouvoirs publics ne peuvent pas se défiler sur cette question des prix. On ne peut pas promettre une révolution dans les relations commerciales, pour ensuite renvoyer la balle entièrement vers les filières. Le rôle de l’État est bien de garantir le cadre nécessaire à cette évolution. La loi et les ordonnances doivent être prêtes pour les prochaines négociations commerciales.

Nous attendons le ministre de l’agriculture de pied ferme sur toutes ces questions. La mauvaise évaluation de cette rentrée exige des progrès rapides !

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