Terra 10 avril 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Le syndicat de l'Elorn veut promouvoir le désherbage mécanique

Pour inciter les agriculteurs à tester le désherbage mécanique sur maïs, le syndicat de bassin de l'Elorn leur propose une prise en charge du passage d'une houe ou d'une bineuse, et l'appui d'un conseiller cultures.

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Derrière la houe, de gauche à droite, Manu Donval, ETA de l'Elorn, Claire Amil, syndicat de bassin de l'Elorn, et Jérôme Le Pape, GAB, groupement des agriculteurs bio du Finistère.
Derrière la houe, de gauche à droite, Manu Donval, ETA de l'Elorn, Claire Amil, syndicat de bassin de l'Elorn, et Jérôme Le Pape, GAB, groupement des agriculteurs bio du Finistère. - © Chantal Pape

"Depuis plusieurs années, nous essayons de promouvoir le désherbage mécanique, afin de réduire l'utilisation des phytosanitaires sur le bassin versant", indique Claire Amil, chargée de mission agriculture et bocage au syndicat de bassin de l'Elorn. Mais l'absence d'outils à disposition des agriculteurs est rapidement identifié comme un frein.

Le syndicat se rapproche alors des différentes entreprises de travaux agricoles et Cuma du secteur pour les inciter à s'équiper. "Non pas en subventionnant l'achat de matériel, ce que réalise déjà le Conseil régional via le PCAEA. Mais en accordant une aide aux agriculteurs qui veulent tester cette nouvelle façon de procéder sur une ou deux de leurs parcelles, pour en mesurer l'efficacité". Convaincues, les ETA ont acheté bineuse ou houe l'an passé, procédé aux premiers essais dans la foulée. Et sont désormais prêtes à passer à la vitesse supérieure.

 

Semer plus profond

 

Cette année, le syndicat de bassin a décidé de prendre en charge 100% de l'intervention mécanique, houe, bineuse..., aussi souvent que nécessaire, à condition que les agriculteurs s'inscrivent avant le semis de maïs. "La raison en est simple, indique Claire Amil. Pour que le désherbage mécanique fonctionne, sans induire de baisse de rendement, il faut semer le maïs plus profond, à 4 voire 5 cm". Et anticiper est donc nécessaire. "Pour un maximum d'efficacité, il faut aussi, dans la mesure du possible, un semis homogène, une terre bien nivelée, dépourvue de mottes ou de residus de cultures". Sans oublier un sol bien réchauffé et une variété à bonne vigueur de départ, pour que le maïs se développe rapidement.

Pour aider les agriculteurs à bien choisir la parcelle dans laquelle ils procèderont à un essai de désherbage mécanique, le syndicat de bassin leur propose aussi l'appui de Morgan Maignan, technicien polyculture-élevage au Gab, le groupement des agriculteurs bio. "Avant le semis, il fera le point sur la technique et les points de vigilance avec les agriculteurs, détaille Jérôme Le Pape, référent eau et territoire au Gab. Puis il passera régulièrement dans les parcelles pour décider, en lien avec les agriculteurs, des meilleures dates d'intervention du désherbage mécanique".

 

En pré-levée

 

Equipée d'une houe de 6 mètres depuis la saison dernière, l'ETA de l'Elorn, à Dirinon, commence à avoir du recul sur cette nouvelle technique. "Il faut effectuer un premier passage en pré-levée, 4 à 6-10 jours après le semis", conseille Manu Donval. Et un second passage peut être programmé au stade deux-trois feuilles, en fonction de la levée des adventices. "Il faut s'adapter à chaque situation, indique Jérôme Le Pape. Certaines adventices ne vont pas pénaliser le rendement final et il n'est pas toujours utile d'intervenir". Une stratégie qui implique une plus grande observation des cultures. "Et nous oblige à être réactif", rajoute Manu Donval. Mais avec une vitesse d'avancement de 15 à 18 km/h et un débit de 5-6 ha/heure, les chantiers avancent vite !

"Parfois, on ne peut pas intervenir", rajoute le dirigeant de l'ETA. La faute à la météo. "Pour que le désherbage mécanique marche, il faut une fenêtre de deux jours de beau temps après le passage de l'outil pour que les adventices sèchent". Ou à la présence d'un trop grand nombre de cailloux. "On n'est pas contre le passage d'un traitement phyto, indique Claire Amil. On veut juste que les agriculteurs aient désormais le réflexe de se dire que le désherbage mécanique est un outil de plus à leur disposition dans la conduite du maïs". Et ceux qui ne se seraient pas décidé au moment du semis peuvent aussi bénéficier d'une prise en charge d'un désherbage mécanique, "mais à 50% seulement".

 

 

 

Pratique

 

Le désherbage mécanique vous intéresse ? Inscrivez-vous auprès de Claire Amil au 02 98 25 93 51 ou participez à la réunion technique qu'organise le syndicat de bassin de l'Elorn le 20 avril, à 10h30, à l'Ecopôle, à Daoulas.

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