Terra 31 janvier 2019 à 11h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Le territoire de la Lieue de Grève teste la "boucle vertueuse".

Bon élève, les bassins versants de la Lieue de Grève voient leurs quantités de nitrates et d'algues vertes échouées diminuer année après année. Une visite de Loïg Chesnais-Girard, président de Région, chez l'agriculteur Yvan Duval à Plounérin le 18 janvier dernier, a mis en lumière les efforts accomplis par les agriculteurs. Parmi les actions en place est testée la "boucle vertueuse".

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Yvan Duval, éleveur de vaches allaitantes et patron d'une ETA, a présenté sa ferme et ses actions au président Loïg Chesnais-Girard.
Yvan Duval, éleveur de vaches allaitantes et patron d'une ETA, a présenté sa ferme et ses actions au président Loïg Chesnais-Girard. - © terra

Vendredi 18 janvier, le président de la Région Bretagne s'est déplacé sur une exploitation dans l'une des communes du territoire de la Lieue de Grève, à Plounérin chez Yvan Duval, éleveur de vaches allaitantes et patron d'une ETA. Le taux de nitrates y est l'un des plus bas taux en Bretagne, à 23 mg/litre, très en dessous de la norme réglementaire de 50 mg/litre.
Sur 12 000 ha de surface que représentent les bassins versants des 5 cours d'eau se jetant dans la baie de la Lieue de Grève, 6 500 ha concernant des exploitations bovines laitières avec plus de la moitié de cette surface en prairies.
Après la crise de 2009 et la mort du cheval à St Michel en Grève, des démarches volontaires au travers des plans algues vertes 1 et 2 s'installent dans le temps. Dix ans plus tard, les quantités d'algues récoltées sont passées sous la barre des 17 000 tonnes, les entrées azotées réduites de 7 % (aliment et fertilisants). "On ne parle plus de pic de ramassage mais de creux de ramassage", indique Jean-Claude Lamandé, vice-président de Lannion-Trégor Communauté. Sur ce territoire, déjà vertueux, il est fixé un objectif de 20 mg/litre de nitrates fin 2021 dans chacun des 5 cours d'eau qui se jettent dans la baie .

Une "boucle vertueuse" en test
Après un premier plan "Algues vertes" en 2011-2016, s'en suit un second, de 2017 à 2021 dont le budget global s'élève à 2 356 000 € pour les 5 années du plan algues vertes de la Lieue de Grève). Du conseil individuel est financé, des actions collectives sont menées. A cela s'ajoute le financement de la "boucle vertueuse" à l'essai et déjà testée sur le bassin versant du Douron. Une sorte de bonus, de gratification. Lors d'un diagnostic individuel est calculé un nombre de points correspondant aux actions engagées par l'agriculteur : note de couverture hivernale des sols, part d'herbe dans la SAU, part de l'azote total et minéral, MAEC, couvert précoce, signature de la charte, aménagement bocager, échange foncier, système bio, participation aux réunions... Selon le nombre de points acquis, il accède gratuitement à des prestations (ETA/Cuma) de binage (betterave/maïs), épandage de fumier sur pâture, sursemis de prairie, entretien mécanique sous clôture, fertilisation assistée par drone, andaineur à compost, temps de remplacement. Un point cumulé équivaut à 75 €. L'action est en cours, 40 % des agriculteurs ont été rencontrés.
"En 2018, la boucle vertueuse a été lancée. Ainsi, nous effectuons des travaux d’élagage sous clôture et d’épandage de précision chez nos clients engagés dans ce bassin versant de la Lieue de Grève et aussi dans celui du Douron. La demande des clients est encore timide. Ils ne savent pas forcément à quelles prestations ils peuvent prétendre. Nous espérons que cette mesure sera toujours en place en 2019 et que des informations circuleront", a exprimé Yvan Duval à la délégation emmenée par Loïg Chesnais-Girard. L'éleveur de vaches allaitantes est aussi patron d'une ETA. Il détient un cheptel de 45 mères de race Blonde d'Aquitaine, 95 ha de SAU. En "agriculture raisonnée" depuis plusieurs années, il signe en 2015, une MAEC SPE 18 puis une "zone humide". L'ETA emploie 4 salariés à plein temps.

- © chambre 22

Un exemple de pratique

Camille Le Guillou, animatrice sur le bassin versant de la Lieue de Grève.
"Du RGI sous couvert de maïs a été semé fin juin chez Arnault Le Goffic dans un maïs qui faisait un peu moins d'un mètre. Le maïs a été récolté courant octobre. Cette technique est utile pour gagner du temps sur la levée du couvert entre deux maïs. Une fois que le RGI et le trèfle se sont bien développés, on peut mettre les vaches dans le champ, c'est l'idéal si la parcelle est facilement accessible aux vaches ou génisses. En 2019, pour la 3ème année, les agriculteurs peuvent faire appel aux ETA et Cuma dans le cadre des chantiers collectifs de semis de couverts précoces. Les ETA ou CUMA accréditées viennent semer le couvert dans le maïs couplé à un binage".

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