Terra 19 juin 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Légumes : une année compliquée

L'an passé, météo et embargo russe se sont conjugués pour plomber les cours des légumes. L'assemblée générale du Cerafel, le 10 juin dernier à Saint Pol de Léon (29) a aussi fait le point sur les autres dossiers qui préoccupent les légumiers.

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Joseph Rousseau, président du Cerafel, et Yvon Auffret, directeur.
Joseph Rousseau, président du Cerafel, et Yvon Auffret, directeur. - © Terra


Une campagne à oublier

Des invendus en artichaut, des parcelles non récoltées en poireau, chou pomme et pomme de terre primeur, une campagne à oublier en endives... "2014 a été une année compliquée", indique Yvon Auffret, le directeur du Cerafel. Mais elle a quand même réservé quelques bonnes surprises, avec des volumes qui progressent en bio, une campagne de tomates sauvée par une arrière-saison correcte, des résultats corrects en fenouil, courgette ou oignon. Et 2015 s'annonce tout aussi hétérogène, avec des campagnes d'endives ou de pomme de terre primeur qui se déroulent mieux mais un cours de l'échalote catastrophique, qui ne devrait pas dépasser les 10 centimes.


Echalote de semis

"C'est un oignon au regard de la réglementation européenne". Voilà des années déjà que le Cerafel se bat contre l'échalote de semis, inscrite illégalement au catalogue. "Des essais communs sont en cours avec les Pays Bas mais il faudra attendre fin 2015-début 2016 pour en connaître l'issue".


Freshcoop attend son agrément

OP, AOP et maintenant AEOP ! Afin d'améliorer la coordination entre les organisations de producteurs présentes sur le marché européen, les OP bretonnes, déjà regroupées au sein de l'AOP Cerafel, se sont rapprochées de leurs homologues belges pour créer Freshcoop, une association européenne de producteurs. Présidée par Jean-François Jacob, le président de la Sica de Saint-Pol, elle attend sa reconnaissance, et devrait bientôt s'élargir à d'autres pays.


La voile, vecteur de communication

Prince de Bretagne compte désormais 107 légumes. Pour les faire connaître, la marque multiplie les actions de communication, avec la fête des légumes primeurs, le blog "cuisinons-les-légumes", les recettes du chef Jean Imbert, la présence du camion sur de nombreuses manifestations estivales... Sans oublier le sponsoring voile, avec l'acquisition d'un Diam 24 et la participation du trimaran Maxi 80 à la Route du Rhum, à l'automne 2014. "Et les retombées sont immédiates, note le service marketing du Cerafel. Les mises en avant de la marque se chiffrent à plus de 6,3 millions d'euros d'équivalent retombées publicitaires. Et 61 % des gens associent désormais Prince de Bretagne à des légumes frais, contre 45 % en 2010".


Mangez français

"En 2014, 61 % des Français se disaient prêts à payer plus cher un produit français, contre 44 % seulement en 2005". Parmi les changements de comportement du consommateur, le service marketing du Cerafel pointe aussi le tassement de la fréquentation des Drive. "Certains ont même fermé". Et la bonne santé des magasins de proximité, qui écoulent désormais 34 % des fruits et légumes achetés par les ménages. "Le consommateur cherche à gagner du temps, et plébiscite les fruits et légumes déjà prêts à l'emploi, comme la fraîch'découpe".


Embargo russe

"En août 2014, l'embargo russe a suscité beaucoup d'inquiétudes", rappelle Joseph Rousseau, le président du Cerafel. Et les conséquences ne se sont pas fait attendre, soit parce que les exportations bretonnes ont été bloquées soit parce que d'autres pays, ne pouvant plus vendre en Russie, ont inondé le marché européen. Et les cours sont restés au plus bas. "Sur les 125 millions d'euros débloqués par la Commission européenne, la France a pu obtenir 1,6 % et le Cerafel 95 500 euros", indique Joseph Rousseau. "Pour les adhérents de la Sica, ça représente moins de 2 000 euros, rajoute Jean-François Jacob. L'Europe a laissé les producteurs de légumes bien seuls, ce n'est pourtant pas à eux de payer les conséquences de décisions politiques". Et le président de la Sica de dénoncer dans la foulée le comportement de l'Etat français à propos des mesures nationales, octroyées à l'automne. "A ce jour, seuls 25 à 30 % des engagements ont été tenus".

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