Terra 14 février 2018 à 08h00 | Par Chantal Pape

Les agriculteurs demandent à la distribution de tenir ses engagements

Les agriculteurs finistériens avaient déjà manifesté leur colère à de nombreuses reprises, furieux de constater que la grande distribution ne tenait pas ses promesses lors des négociations tarifaires avec ses fournisseurs. Le 7 février dernier, ils ont rejoint le mouvement régional "les mercredis des négociations commerciales" et ciblé Intermarché.

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A Châteaulin, une délégation de producteurs a été reçue pendant une heure par Laurent Simon, directeur des Intermarché de Châteaulin et Plomodiern. © Chantal Pape A Landerneau, les tracteur ont bloqué les accès d'Internarché aux alentours de 11h30 © François Kerscaven Après avoir échangé avec les responsables du magasin... © François Kerscaven ... les agriculteurs ont quitté les lieux vers 16h. © François Kerscaven

"Les Etats généraux de l'alimentation ne doivent pas rester lettre morte", insistent les agriculteurs. Alors que tous les acteurs de la filière alimentaire ont signé une charte de bonne conduite le 14 décembre dernier, les promos continuent de fleurir dans les rayons de la grande distribution : épaule de porc à 1,27 €/kg chez Leclerc, lait bio à 0,67 €/l chez Intermarché, pommes de terre à moins d'un euro les 10 kg... "Des prix totalement déconnectés du marché, analyse Jean-Alain Divanach, vice-président de la FDSEA. Non seulement ils assassinent les fournisseurs mais ils induisent aussi une perte de repères chez le consommateur, qui ne sait plus le prix des choses".

Des négos plus dures que jamais

Pendant ce temps, les négociations commerciales, chargées d'établir les prix pour l'année à venir, ont démarré entre les grandes enseignes de la distribution et les fournisseurs. Et les premiers échos font état de demandes toujours plus fortes de baisse de prix, sans aucune prise en compte de la qualité des produits, des contraintes de production ou de hausse des matières premières. "Là encore, elles bafouent les engagements des Etats généraux de l'alimentation", s'insurgent les agriculteurs, qui ont décidé de passer à l'action de manière concertée en Bretagne et Pays de Loire, pour les "mercredis des négociations commerciales".

Un premier mercredi chez Intermarché

Le 7 février dernier, Le Finistère a décidé de cibler Intermarché qui se révèle très agressif envers ses fournisseurs. A Landerneau, le parking a été bloqué une bonne partie de la journée. Et à Châteaulin, une délégation a rencontré le directeur pendant une heure. "Il nous a assuré que la prime d'objectifs des acheteurs venait d'être supprimée, indique Jean-Alain Divanach, à moitié convaincu seulement. Il est trop tôt pour crier victoire ! Je suis comme Saint Thomas, j'attends de voir".

Hasard du calendrier, ou pas, c'est aussi maintenant qu'Intermarché lance un lait qui annonce reverser 0,44 €/l au producteur. "Une très bonne chose, mais qui ne concerne que 136 producteurs, relativise Jean-Alain Divanach, qui en profite pour dénoncer les promotions à moins 50% ou moins 70%. Elles ont été estimées à 5 milliards d'€ en France, ce qui représente moins de 100 € par consommateur mais 10 000 € par exploitation, une somme loin d'être négligeable, notamment pour les récents investisseurs ou les jeunes".

Après ce premier coup de semonce, les actions devraient continuer dans les semaines à venir, "tant que la distribution ne tiendra pas ses engagements".

 

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