Terra 27 novembre 2017 à 08h00 | Par Nicole Le Peih, présidente du groupe égalité/parité agriculture au féminin-Bretagne pour le Morbihan

Les agricultrices ne sont pas la variable d’ajustement !

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Le 17 décembre 1999, par sa résolution 54-134, l’Assemblée générale des Nations unies proclamait le 25 novembre "journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes". Une journée pour dénoncer les violences et les discriminations que subissent encore trop de femmes. Parce qu’aujourd’hui encore plus de la moitié de la population est vulnérable en raison de son sexe et que trop d’inégalités persistent.

Agricultrice et cheffe d’une exploitation agricole qui emploie cinq salariées femmes, je suis particulièrement sensibilisée à la place parfois difficile qu’occupent les femmes dans le secteur agricole et à leur statut souvent précaire. Elles sont souvent en première ligne. Les femmes agricultrices peuvent être victimes d’une forme de violence particulièrement insidieuse et destructrice car beaucoup sont encore perçues comme une variable d’ajustement.

On assiste à une véritable régression de la valeur travail des femmes agricultrices puisque ce sont bien souvent elles qui doivent aller travailler à l’extérieur lorsque l’exploitation familiale est en difficulté. Et elles subissent parfois les doubles journées de travail et les carrières hachées. Ce manque de considération, amplifié par une dérive de la violence verbale, trop de femmes agricultrices le vivent dans le silence, dans l’isolement sur leur exploitation. Cette violence, visible ou invisible, qui touche profondément l’estime de soi doit être dénoncée et ardemment combattue.

Et à ces difficultés professionnelles s’ajoutent des freins liés à la ruralité, puisque les femmes subissent particulièrement la désertification de certains territoires. Elles sont les premières victimes des difficultés d’accès aux services publics, notamment pour l’accès aux soins et aux structures pour l’enfance. Il y a aussi le drame des violences conjugales et familiales subit par beaucoup trop de femmes isolées dans les zones rurales, et parfois encore plus dépendante de leur conjoint lorsqu’elles travaillent au sein de l’exploitation familiale. Il y a donc une vraie rupture d’égalité entre territoires urbains et ruraux pour les femmes. Il ne s’agit pas d’opposer les femmes en fonction de leur lieu de vie, mais il est important de prendre conscience de ce qui, parfois, peut s’apparenter à une "double-peine" pour les femmes agricultrices. Restons vigilant.es.

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