Terra 08 novembre 2018 à 11h00 | Par Claire Le Clève

Les atouts du mélange suisse en lait bio

Deux ans après s’être installés en France, à Quistinic, Thomas et Doris Oertle, Suisses alémaniques, membres du groupe lait bio de Nov’agri, ont ouvert les portes de leur exploitation à leurs collègues le 25 octobre dernier. Chacun a pu y découvrir les secrets de leur mélange suisse pour un système bio productif.

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Le groupe lait bio de Nov’agri chez Thomas et Doris Oertle qui avec l'herbe ont un coût alimentaire de 53 euros des 1 000 litres
Le groupe lait bio de Nov’agri chez Thomas et Doris Oertle qui avec l'herbe ont un coût alimentaire de 53 euros des 1 000 litres - © Claire le clève

 

Les cloches qu’ils ont rapportées de leurs alpages d’enfance tintinnabulent joliment au cou de leurs vaches dans les vallons de Kervehennec, à Quistinic. Une petite Suisse bretonne. "Nous avons acheté avec la ferme une bonne génétique. Le potentiel était là mais avec une herbe comme cela, on fait gagner la génétique, on lui permet de s’exprimer". Avec des commentaires dans un français quasi parfait, Thomas Oertle a invité les 23 éleveurs présents (dont un futur installé et deux stagiaires) à vérifier dans cette vaste prairie, fauchée déjà à 5 reprises, les secrets du mélange Suisse qu’il concocte en achetant séparément ses semences : luzerne, trèfles blanc et violet, dactyle, ray-grass anglais, fétuque, fléole… 64 hectares de prairies temporaires et 16 de permanentes constituent la base de l’alimentation du troupeau de 100 Prim’holstein et la suite, sur 105 ha. 13 ha de maïs (population) ensilage la complètent avec 7 ha de méteil (de sa composition) ainsi que 2 de betterave. Ce couple a troqué les dépenses d’achats de soja et de correcteur azoté consentis par les précédents propriétaires des lieux, devenus leurs salariés, en l’achat d’une autochargeuse pour affourager en vert, une"opération blanche". Et même s’il faut l’apporter à l’auge,"avec l’herbe, on a un coût alimentaire de 53 euros des 1 000 litres. Avec l’ensilage, ça monte à 72 euros / 1 000 l " répond-t-il avec précision, éléments chiffrés à la main. Et ce sont 730 000 l de lait qu’ils livrent désormais en bio, depuis mai, à Lactalis avec un niveau d’étable soutenu.

Bientôt des robots

Au commencement de l’histoire, les parents de Thomas exploitent en location une ferme dont il reprendra un bail non renouvelé par la suite. Après avoir cherché en Suisse puis en zone frontalière, dès 2015, le couple helvète oriente ses recherches vers le Canada ou la Bretagne, "car le climat y est idéal pour produire du lait", un lieu où leur passion va pouvoir s’exprimer. Avant l’arrivée de Thomas et Doris, leurs prédécesseurs ont entamé la conversion de l’exploitation en bio. "On a gagné six mois", apprécie le couple qui a présenté son projet futur au groupe lait bio de Nov’agri "que nous avons intégré tout de suite sur les conseil d’Alain, pour échanger, avancer, ça aide à l’intégration", apprécient-ils convertis. Avec 80 ha d’un seul tenant autour de bâtiments adaptés et une salle de traite, 2X10 TPA, récente et parfaitement fonctionnelle, leur vie professionnelle aurait pu continuer à s’écouler ainsi, en parfaite cohérence. Mais leurs prédécesseurs, actuels salariés, l’un à plein temps et l’autre à mi temps, prendront prochainement leur retraite. "A deux, ce n’est pas possible. Nous devons repenser l’organisation du travail. Continuer avec des salariés, c’est 60 000 euros par an. Nous avons opté pour les robots de traite, c’est un investissement de 500 000 euros en intégrant le passage en logettes", ont-ils présenté pour une réalisation en 2019. Autant d’éléments de réflexion pour les membres du groupe lait bio de Nov’agri qui ont aussi planché sur les thèmes qu’ils souhaiteraient aborder l’an prochain : médecines alternatives, l’élevage des veaux, biodynamie, irrigation de l’herbe, voyage d’étude… A suivre.

 

accroche : avec une herbe comme cela, on fait gagner la génétique

 

 

Claire Le Clève

un doublement des temps dévolus à l’agriculture biologique
un doublement des temps dévolus à l’agriculture biologique - © Claire le Clève

Bio, l’accompagnement monte en puissance

 

"On fait de plus en plus de bio", constate Julie Audren, conseillère de la chambre d’agriculture qui anime ce groupe lait de Nov’agri, l’un des trois du Morbihan. Pour accompagner ce développement de l’agriculture biologique, aux trois techniciens qui s’y consacrent déjà à plein temps, s’adjoint un groupe de 12 conseillers spécialisés mis en place par la chambre régionale d’agriculture, à la demande des élus, avec un doublement des temps dévolus à l’agriculture biologique. Une "semaine de la bio" est programmée en avril prochain sur le thème du pâturage avec une série de portes ouvertes départementales. Une montée en puissance.

 

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