Terra 25 juin 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Les coopératives Even et l'Armoricaine laitière ont fusionné

Leurs assemblées générales respectives l'ont validé : depuis une semaine, les coopératives l'Armoricaine laitière, de Lanfains (22), et Even, de Ploudaniel (29), n'en font plus qu'une. Une union scellée après avoir travaillé plus de 50 ans ensemble !

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Derrière une meule de Fromagio, l'une des spécialités de l'Armorique laitière, (de gauche à droite) Jean-Paul Linet et Arthur Jaglin, directeur et président de la coopérative de Lanfains, Christian Couilleau et Guy Le Bars, directeur général et président d'Even.
Derrière une meule de Fromagio, l'une des spécialités de l'Armorique laitière, (de gauche à droite) Jean-Paul Linet et Arthur Jaglin, directeur et président de la coopérative de Lanfains, Christian Couilleau et Guy Le Bars, directeur général et président d'Even. - © terra

"On se connaît bien ! Nos coopératives ont commencé à travailler ensemble en 1964, rappelle Arthur Jaglin, président de l'Armoricaine laitière il y a une semaine encore. À l'époque, Even a accepté de nous faire une avance de trésorerie et de cautionner un prêt". Une histoire de confiance mutuelle qui se poursuit en 1969 par la création de l'UCA, l'Union des coopératives associées à Even, qui regroupe l'Armoricaine laitière, à Lanfains (22), la Côte d'Emeraude, à Plancoët (22), et Lorco à Pont Scorff (56).

Une nouvelle étape est franchie en 2009, avec la création de Laïta. Site associé, la laiterie de Lanfains commercialise par son intermédiaire une bonne partie de sa production. "Il ne restait plus qu'une étape à franchir". C'est chose faite depuis la semaine dernière, quand les assemblées générales des deux coopératives ont entériné la fusion.

Une tournée dédiée
pour le Fromagio

Avec 88 élevages, 148 adhérents et 80 salariés, l'Armoricaine laitière collecte 44 millions de litres de lait par an, qu'elle transforme en yaourts à boire, 10 000 t, lait ribot, 1,5 à 2 millions de litres, lait fermenté, 1 million de litres, crème fraîche, 2 000 à 2 500 t, et fromage, 700 t. Un fromage qu'avec une laiterie de Lozère, elle est la seule à fabriquer en France. "Avant les quotas laitiers, nous cherchions un fromage qui utilise beaucoup de lait. Et qui soit difficile à fabriquer, pour ne pas être copié", explique Jean-Paul Linet, le directeur de l'Armoricaine laitière.

Ce sera le Fromagio, un type Grana, ou parmesan, qui demande 11 à 12 litres de lait pour un kilo de fromage, nécessite 12 à 18 mois d'affinage. Et exige une tournée spécifique de ramassage, avec des éleveurs dédiés et un lait de très haute qualité, avec moins de 200 spores butyriques. "C'est une autre façon de travailler, témoigne Arthur Jaglin. Il faut être très rigoureux, notamment au niveau de l'hygiène de traite ou de la confection des tas d'ensilage".

De nouvelles perspectives
à l'export

De son côté, Even compte 773 points de collecte, 1 400 adhérents et 5 400 salariés, dont près de la moitié sur les métiers du lait, de la nutrition animale ou de l'agro-fourniture. "La fusion va nous offrir de nouvelles perspectives, affirme Arthur Jaglin, persuadé qu'à deux on est plus forts que tout seul". Si yaourts à boire et lait ribot étaient déjà commercialisés par Laïta, le Fromagio va désormais les rejoindre. "Il est complémentaire de nos gammes, estime Christian Couilleau, directeur général d'Even et de Laïta. Et devrait trouver de nouveaux débouchés à l'export".

Les mêmes valeurs

"Si la fusion a été possible, c'est parce que nous partageons les mêmes valeurs, humanisme, sincérité et responsabilité, et la même mission, la valorisation au meilleur prix du lait de nos adhérents", insiste Arthur Jaglin, qui intègre le conseil d'administration d'Even. Une fusion qui ne changera pas grand-chose au quotidien des éleveurs. "Ils auront, comme les autres adhérents Even, la possibilité de produire un volume d'opportunité, fixé cette année à 7 % de leur référence", indique Christian Griner, directeur général adjoint de Laïta. "Et nous nous sommes engagés à zéro licenciement pour les salariés, rajoute Christian Couilleau. Plutôt qu'une mobilité géographique, il leur sera demandé une mobilité mentale".

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