Terra 23 octobre 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

Les Cuma expliquées aux scolaires

Derrière le gros tracteur garé sur la cour de la ferme de leurs parents ou de leur maître de stage, les jeunes des écoles d'agriculture ont du mal à voir remboursements d'emprunts et charges de mécanisation. C'est ce qui a incité les Cuma à les inviter, tous les deux ans, pour aborder tout ce qui touche de près ou de loin à la mécanisation et présenter, dans le détail, cette autre façon de détenir du matériel.

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Début octobre, la FDCuma a proposé deux rendez-vous aux jeunes des établissements scolaires, à Lanhouarneau (photo) et Plonévez Porzay, pour leur présenter le poids de la mécanisation dans les charges d'exploitation.
Début octobre, la FDCuma a proposé deux rendez-vous aux jeunes des établissements scolaires, à Lanhouarneau (photo) et Plonévez Porzay, pour leur présenter le poids de la mécanisation dans les charges d'exploitation. - © Chantal Pape

 

Pour sa troisième édition, l'initiative de la FDCuma a rassemblé près de 175 élèves des écoles d'agriculture de Lesneven, Ploudaniel, Kérozar, Bréhoulou, du Nivot et d'Elliant. "L'objectif est d'abord de faire prendre conscience aux jeunes du poids des charges de mécanisation sur une exploitation", explique Alain Laurec, le directeur de la FDCuma, la fédération départementale des Cuma.

 

Deuxième poste de charges

 

"Après les intrants, c'est le deuxième poste de charges, indique Boris Moal, animateur à la FDCuma. Car, à l'amortissement ou aux intérêts des emprunts, il faut ajouter le carburant, les assurances, les réparations, le remisage, les consommables...". Sans surprise, ce sont les tracteurs qui représentent la plus grosse part de ces charges de mécanisation, devant la récolte, le travail du sol, le transport...

"Pour alléger la note, on peut revoir son système d'exploitation, en augmentant la part d'herbe au détriment des fourrages stockés. Ou changer les itinéraires techniques". Ainsi, dans un calcul mené avec la chambre d'agriculture, la FDCuma a chiffré à 78 €/ha l'implantation d'un blé avec labour, 51 € en TCS et 62 € en semis direct.

 

Un groupe d'échange

 

En individuel ou en co-propriété, en Cuma ou par ETA : sur chaque exploitation, le choix de la mécanisation se fait aussi en fonction de la disponibilité de la main d'oeuvre et de l'organisation du travail. "Mais le coût ne sera pas le même", prévient Alain Laurec. Et Boris Moal d'en profiter pour mettre en avant les avantages de la Cuma. "Elle permet de gagner du temps, de disposer de matériel performant mais aussi de faire partie d'un groupe d'échange".

Mais, avant de devenir à leur tour agriculteur et, pourquoi pas adhérent de Cuma, ces jeunes pourront y faire leurs premières armes professionnelles en tant que salarié. "Aujourd'hui, sur les 180 Cuma que compte le Finistère, on dénombre 45 emplois à durée indéterminée", précise Roger Violant, membre du Bureau de la FDCuma. Sans oublier les emplois saisonniers, lors des gros travaux.

 

Economiser

 

Ces rendez-vous sont aussi l'occasion de faire le point sur les pneumatiques, les astuces pour utiliser au mieux la puissance du tracteur, économiser le carburant... "La première des économies, c'est d'avoir des terres regroupées, proches du siège d'exploitation, rappelle Alain Laurec, chiffres à l'appui. Travailler 10 ha à 7 km va faire grimper la consommation de gazole de 1 400 à 1790 litres/an. Et il faudra passer 30 heures de plus sur la route". Un calcul qu'il a également fait pour l'épandage du lisier. "A un kilomètre, il faudra 0,31 litre de gazole par m3 de lisier". Une consommation qui grimpe à 0,5 l s'il faut parcourir 3,8 km et à 1 l pour 8 km !

Un bâtiment neuf pour la Cuma de Saint Hervé

 

Les étudiants du nord du département ont été accueillis, le 7 octobre dernier, par la Cuma de Saint Hervé, à Lanhouarneau, créée il y a une vingtaine d'années. "La réflexion a démarré autour d'un épandeur à sable", se souvient Gilbert Le Menn, le président. Puis la Cuma se développe au gré "du matériel vieillissant sur nos exploitations". Et franchit une nouvelle étape il y a quatre ans, en se lançant dans la construction d'un bâtiment neuf. "Jusque-là, le matériel était réparti chez les adhérents". La municipalité leur propose un terrain sur une zone artisanale, à la sortie du bourg. Une aubaine pour cette Cuma qui rassemble tous les agriculteurs de Lanhouarneau. "Le bâtiment est bien placé, au centre de la commune. Et il facilite les échanges entre agriculteurs : il n'est pas rare d'en voir deux ou trois rester discuter, lorsqu'ils viennent prendre ou ramener les outils". Et le planning se gère grâce à de grands panneaux blancs et des réunions ponctuelles, au fil des saisons.

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